Candeleria et Semuc Champey, petite sortie de route

Ça vous dirait d’essayer la spéléologie sur chambre à air ? Cette proposition quelque peu incongrue, nous la devons à Fred, un guide français installé au Guatemala que le hasard de la pandémie a mis sur notre route. Comme nous, il s’est fait surprendre par le confinement au Pérou l’année dernière et a été contraint d’y rester plusieurs mois. Notre rencontre a été dans un premier temps virtuelle, via le groupe Whatsapp des français coincés au Pérou qui s’était créé pour l’occasion. Nos échanges se sont poursuivis bien après nos départs respectifs du Pérou et ont même permis de nous croiser physiquement une première fois au Mexique, à la veille de notre entrée au Guatemala. De cette rencontre a germé l’idée de recroiser nos chemins, sans savoir ni où ni quand. D’autant que lorsque nous débutons nos pérégrinations sur les routes guatémaltèques, lui accompagne un petit groupe de trois touristes français à travers le pays, pas forcément dans la même direction. Une opportunité de se retrouver finit tout de même par se dessiner, nous nous donnons rendez-vous aux grottes de Candelaria. Nous faisons étape dans le même logement que lui afin de partir ensemble explorer les grottes. Un petit lodge bien cosy nous y attend, presque le luxe par rapport à nos logements habituels, avec la « french touch » du propriétaire.

Tout autour, un superbe jardin s’étend jusqu’au seuil de la jungle, attirant quelques beaux toucans à carenne.

Une petite grotte perchée juste derrière notre lodge permet une première initiation à la spéléologie.

Cependant, la véritable expérience commence le lendemain matin. Nous nous joignons à Fred et son petit groupe pour parcourir les grottes de Candelaria en tubing.

Le tubing est un principe tout simple : on s’assoit sur une chambre à air et on se laisse porter par le courant quand il est suffisamment fort, ou on rame avec les bras quand il est trop faible. On se rend cependant vite compte d’une certaine iniquité aérodynamique entre « tubers » ; lorsque certains avancent sans efforts, d’autres doivent ramer deux fois plus !

Assis dans nos bouées taille XXL, nous nous engouffrons dans la première grotte à la lumière de nos seules lampes frontales. La sensation de flotter dans l’obscurité de la cavité est vraiment unique.

Une partie sèche de la grotte permet d’accoster et de contempler les stalactites et stalagmites sculptées aux gouttes à gouttes depuis des milliers d’années par l’humidité. Considérées comme sacrées, les grottes étaient aussi le lieu de cérémonies mayas dont on retrouve encore quelques tessons de poterie.

Le rio Candelaria nous fait ensuite traverser un impressionnant réseau de grottes. La rivière nous porte de l’obscurité à la lumière avant de nous replonger dans le noir. Les hautes voûtes de pierre s’enchaînent au fil de l’eau, sombres, mystérieuses et fascinantes.

Les courants ne sont pas très forts et permettent une navigation sans grands risques, si ce n’est se raboter le postérieur sur une pierre un peu haute. Un dernier passage sous un plafond un peu bas juste avant l’arrivée fait cependant chavirer la bouée qu’Arnaud et Thomas se partagent. Thomas est hissé tant bien que mal tandis qu’Arnaud finit à la nage, faute de parvenir à remonter dans la bouée. Un final un peu mouvementé qui ne gâche en rien la superbe expérience de ce premier spéléo-tubing. Un grand merci à Fred de nous avoir embarqués avec lui !

A l’issue de cette courte étape, nous reprenons chacun notre route. La nôtre nous conduit l’après-midi même vers Semuc Champay, un site naturel dont l’accès est plutôt recommandé en 4×4. Nous avons cependant bon espoir de pouvoir passer avec un SUV et avons réservé un hôtel pour passer la nuit juste à côté du site. Nous pourrons ainsi nous y rendre à pied tôt le lendemain matin pour en profiter. L’essentiel de la route est bitumé jusqu’au moment où il faut tourner en direction de Lanquin, dernier village avant la montée vers Semuc Champey. En découvrant une large piste de terre se dérouler devant nous, nous sommes presque soulagés. Les quelques ornières, la pluie et la nuit qui commencent à tomber ne sont pas de taille à nous arrêter. A notre arrivée au village de Lanquin, il ne nous reste plus qu’une dizaine de kilomètres pour atteindre Semuc Champey. La nuit est tombée, la pluie s’est intensifiée, et la crainte de rester embourbé nous fait hésiter à continuer. Mais nous sommes si près du but et la route n’était jusque là pas si terrible. Nous lançons donc le SUV à l’assaut du dernier tronçon. Dès la sortie du village, une succession de côtes parsemées d’énormes trous mettent à mal le moteur et la boîte de vitesse. Après avoir péniblement grimpé moins de deux kilomètres, il nous faut renoncer, la voiture patine et ne parvient pas à atteindre le sommet d’une nouvelle côte. Nous n’avons plus d’autre choix que de revenir à Lanquin pour y passer la nuit. De retour au village, nous partons à la recherche d’un hôtel… jusqu’à la première côte. La voiture s’engage mais n’a pas assez de puissance ni d’adhérence pour grimper la pente. Et prendre de la vitesse s’avère impossible à cause des ornières. Ça sent la grosse galère ! Heureusement, un habitant nous indique un hôtel devant lequel nous sommes passés sans le voir avant d’attaquer notre côte fatale. S’ensuit alors une magistrale marche arrière à contre-sens de la circulation qui vaut à Arnaud quelques doux échanges avec les conducteurs locaux. Tant pis, nous avons évité le pire et avons un endroit où dormir…

Pour visiter Semuc Champey le lendemain matin, nous jouons la carte de la prudence en négociant un transport en pick-up avec deux autres couples de français rencontrés dans notre hôtel. A voir l’état de la route en plein jour, nous comprenons que sans 4×4, nous n’aurions eu aucune chance de parcourir ces fameux 10 derniers kilomètres.

Semuc Champey est une succession de grands bassins naturels, comme les siete altares de Livingston, mais en beaucoup plus grand et spectaculaire. La couleur de l’eau fait également le bonheur des photographes Instagram, au point de se demander si elle n’est pas comme souvent retravaillée par les filtres du smartphone ou un logiciel de retouche. La palette de vert et de bleu se révèle cependant bien naturelle, même dans la brume matinale.

La baignade dans l’eau transparente quoiqu’un peu fraîche est très agréable. On passe d’un bassin à l’autre en escaladant les roches sculptées en escalier par la rivière. En milieu de matinée, de jolis rayons de soleil viennent rajouter une touche à ce magnifique paysage, transformant l’eau déjà très claire en une piscine turquoise.

De retour à Lanquin, nous déambulons dans les quelques rues du village. Pendant que nous bavons devant les grillades, Thomas fait du lèche-vitrines.

Le hasard nous fait passer devant le tout petit stand de fruits de Mélissa, une habitante dont le sourire et la gentillesse vont nous scotcher pendant près d’une heure. Juste comme ça, pour discuter, se raconter nos vies, sans rien demander. Le plaisir simple de rencontrer des gens, pour nous comme pour elle.

C’est non sans une petite appréhension que nous quittons Lanquin. Car il nous faut désormais retenter de gravir la côte à la sortie de l’hôtel, celle-là même qui nous a valu un beau moment de fraternité avec les automobilistes du coin… Mais c’est la seule qui permet de traverser le village et de reprendre notre route. Le sol est plus sec, la voiture passe cette fois sans problèmes. Nous reprenons la direction d’Antigua et faisons une toute dernière étape au Ranchito del Quetzal pour tenter d’y observer le quetzal resplendissant. Oiseau sacré des mayas et emblème national du Guatemala, il est reconnaissable à sa longue plume caudale qui peut atteindre jusqu’à 1 mètre. Le Ranchito est donné comme un bon point d’observation, même si les chances de l’observer ne sont pas garanties, le volatile étant très prompt à dissimuler son plumage émeraude dans le vert de la canopée. Notre recherche restera d’ailleurs infructueuse ce jour-là, seuls son cousin trogon et quelques autres jolis spécimens colorés montreront le bout de leur bec dans le parc du Ranchito.

Au final, nous devrons nous contenter d’une vue imprenable sur le postérieur d’une femelle quetzal sur le parking le matin de notre départ. Nous avons comme l’impression que Dame Nature la facétieuse nous a fait un joli pied de nez ! A charge de revanche, ce sera pour une autre fois peut-être.

Le retour à Antigua boucle notre périple sur les routes du Guatemala. Après avoir bien arpenté le pays et rendu la voiture, il serait temps de songer à poursuivre le voyage vers d’autres contrées. A moins que…

Prochaine étape : Bis repetita !

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Hotel Candelaria Lodge
Ce lodge est vraiment superbe. Autant ses chambres que son parc où il fait bon se promener au milieu des plantes et des toucans qui viennent régulièrement. Ils organisent pour vous la sortie en tubing dans les grottes, départ à pied depuis le lodge (quelques minutes à travers la jungle) puis retour en camionnette.
reservacandelaria@hotmail.com
+50253529276
http://www.candelarialodge.com
http://www.cuevasdecandelaria.com

Ranchitos del Quetzal, au sud de Coban
Si vous y dormez, vous avez accès gratuitement à leur chemin vers les cascades et ils vous montreront les arbres où viennent régulièrement les quetzals
+502 3044 0606

Site de Semuc Champey
Sachez que la route est en très mauvaise état pour vous rendre de Lanquin à Semuc. Notre SUV (il avait plu toute la journée) n’a pas réussi à se frayer un chemin. Nous avons fait demi-tour et préféré prendre une camioneta le lendemain.
Pensez à prendre un cadenas avec vous, des casiers sont à votre disposition près des bassins.

Fred, notre ami et guide au Guatemala ainsi que dans d’autres pays d’Amérique centrale.
Fred est français, mais habite depuis des années au Guatemala. Si vous aimez les circuits sur mesure, un peu hors des sentiers battus, voire même un tourisme nature un peu scientifique… n’hésitez pas à le contacter !
Whatsapp : +502 5378 3289

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