#27 Arequipa, la ville blanche

Quitter la quiétude du lac Titicaca pour Arequipa n’est pas de tout repos. Il nous faut prendre deux collectivos pour quitter Llachon et rejoindre la ville de Juliaca, et de là prendre un bus pour Arequipa.

Arrivés à Juliaca, le collectivo nous jette littéralement aux portes de la ville. Il ne peut aller plus loin car un mouvement de grève en bloque l’entrée, ce qui est assez classique au Pérou. Nous sommes donc contraints de traverser la ville à pied, alourdis de tout notre barda, pour aller jusqu’à la gare routière. Nous slalomons entre les tas de pierres et les pneus calcinés avant d’arriver sur une avenue particulièrement laide qui nous semble être interminable à traverser. Nous finissons par rallier la gare routière et, heureusement, les grévistes ne bloquent pas les sorties de la ville car nous n’avions vraiment pas envie de rester bloqués ici…

A Arequipa, nous logeons chez Maria Cécilia. Préalablement contactée par Whatsapp, elle a accepté de nous accueillir alors qu’elle est théoriquement fermée pour travaux. Son logement est attenant à l’association dont elle est en charge « World fusion Peru ». Cette dernière aide entre autres les enfants avec difficulté de langage ou les adultes souhaitant des cours d’espagnol. Avec le début d’interdiction des rassemblements liée au COVID, nous ne verrons malheureusement pas son activité. Elle a également une petite fille de 9 ans, Samyi, qui est ravie de voir Sarah et Thomas. Ils jouent rapidement ensemble, passant une nouvelle fois outre la barrière de la langue. Ils apprennent même quelques mots de vocabulaire en jouant à Dobble.

Perchée à 2 300m au milieu des volcans (que l’on voyait à peine derrière la masse nuageuse), Arequipa est surnommée la ville blanche, à vrai dire comme beaucoup d’autres villes d’Amérique du Sud fondées par les espagnols dans un style architectural similaire. La majorité de ses constructions sont faites dans le sillar, une pierre volcanique… blanche. Il reste que le centre historique d’Arequipa, particulièrement grand, fait partie des plus beaux avec sa place d’armes, ses églises, ses monastères, et ses anciennes demeures coloniales. Depuis sa construction, la ville a subi plusieurs catastrophes naturelles (tremblements de terre et éruptions volcaniques), mais malgré cela, beaucoup de bâtiments sont toujours là, résistants au temps ou restaurés.

Nouvelle étape dans notre tour des momies, le musée du santuario andino d’Arequipa abrite deux momies incas baptisées Juanita et Salita (photos interdites !). Découvertes grâce à une éruption volcanique qui a fait fondre la couche de glace sous laquelle elles étaient ensevelies, elles sont un nouvel exemple d’enfants sacrifiés selon les rites incas. Juanita étant prêtée à un musée américain, c’est Salita qui est exposée. Les explications du guide, qui plus est en français, ont permis un éclairage complémentaire au musée de Salta. Contrairement à leurs homologues argentins, un coup a provoqué la mort des deux jeunes filles.

Pour échapper à l’animation du centre-ville, rien de tel que de se réfugier dans les monastères et les couvents de la ville. Celui de Sainte Catherine de Sienne, le plus grand du monde, constitue une petite ville dans la ville avec ses rues, ses places et ses petites maisons. Totalement isolé de l’extérieur jusqu’en 1970, le couvent a la particularité de ne pas avoir organisé de vie en communauté. Les religieuses vivaient en effet dans des maisons individuelles dans lesquelles elles étaient réunies par familles. Certaines disposaient de maisons assez grandes avec des cours intérieures, reflet des moyens financiers de la famille, mais les conditions de vie restaient très austères pour tout le monde.

Dans beaucoup de villes d’Amérique du Sud, les statues de la Vierge sont particulièrement adulées. Arequipa n’y déroge pas et son musée franciscain dévoile l’impressionnante garde-robe consacrée à la Vierge. Toujours coquette, on lui change de robe une à deux fois par mois ! 

La très belle cathédrale d’Arequipa abrite une curiosité : une statue de Jésus noir, dans la lignée des Vierges noires que l’on trouve parfois.

Petite vengeance sur l’alpaga sociopathe de Copacabana, nous goûtons un de ses congénères dans un excellent restaurant pas du tout végan mais tellement délicieux. Pour le plaisir des enfants, nous dégustons également de très bonnes crêpes après plusieurs mois de privation.. Bien réconfortant car depuis notre arrivée, nous avons droit à un déluge tous les jours à partir du milieu d’après midi. Les rues sont inondées au point qu’il faut parfois rentrer en taxi…

Étape traditionnelle, nous ne manquons pas de faire un détour par le marché local pour faire quelques courses de produits frais et déguster un bon jus de fruit.

Au pays du cacao, comment résister à participer à un atelier sur la fabrication du chocolat. Adrian, un maître chocolatier nous a dévoilé les secrets du chocolat et fait tomber quelques idées reçues. 

LE SAVIEZ VOUS?
Le chocolat réunit uniquement 4 ingrédients : du cacao séché, du beurre de cacao, du lait en poudre et du sucre. Ce qui fait le goût et l’odeur du chocolat n’est pas le cacao, mais le beurre de cacao. C’est lui l’ingrédient le plus important, et également le plus cher. Dans les « faux » chocolats, le beurre de cacao est donc remplacé par une autre matière grasse…
Contrairement à ce que l’on pense, le chocolat noir n’est pas forcement moins sucré. En effet dans le chocolat au lait, il y a un ingrédient supplémentaire : la poudre de lait. A quantités de cacao et de beurre de cacao égales, le chocolat au lait sera moins sucré que le noir !
Enfin, et bien qu’il n’ait pas de cacao, le chocolat blanc est bien du chocolat dès lors qu’il contient du beurre de cacao. C’est le beurre de cacao qui fait le chocolat et non le cacao…

L’atelier se termine par la confection de nos propres petits chocolats à partir d’un chocolat fait par Adrian, au choix noir ou au lait, tous deux délicieux. Son chocolat blanc (du vrai, pas du Galak…) est également succulent. Pour agrémenter nos chocolats, nous piochons dans divers ingrédients : sel, noix du Brésil, piments, fruits secs…

Nos petits paquets de chocolats serviront de réconfort en cas de baisse de moral. Car nous voyons bien le coronavirus se rapprocher et nous nous doutons bien qu’il va finir par impacter notre voyage.

Les journaux locaux font leurs unes sur les tous premiers cas d’infections à Arequipa et les files d’attente aux caisses des supermarchés annoncent les premiers comportements de panique. Comme partout dans le monde, le rayon des pâtes a été dévalisé… L’idée d’un confinement généralisé fait son chemin mais nous espérons qu’il ne sera pas décrété trop vite. Aussi, nous décidons de quitter Arequipa pour rejoindre Cabanaconde. Si confinement il y a, nous préférons être confinés dans un village isolé de montagne que dans une grande ville.

Prochaine étape : Un jour sans fin…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Chambre familiale, avec accès à sdb et cuisine.
A 10 min environ à pied de la place d’armes, et 5 min d’un grand supermarché.
Chez Maria Cecilia, casa world fusion peru +51 958 332 374
Accessible également sur Airbnb et Booking.

Pour retirer de l’argent sans frais (par la banque locale), aller aux distributeurs de la banque BCP, à un bloc de la place d’armes. (nous arrivions à prendre 2 x 700 soles par carte).

Visite du « couvent Santa Catalina » (ou Monasterio de Santa Catalina de Siena)
https://www.santacatalina.org.pe/en/

Visite du « santuario andino » ; demander la visite guidée en français.
https://www.ucsm.edu.pe/museo-santuarios-andinos/

Cours et dégustation de chocolat au « Chaqchao chocolate factory » +51 54 234572.
2 cours par jour, possibilité de réserver à l’avance.
https://www.chaqchao-chocolates.com

Visite du marché de la ville « Mercado San Camilo« , très riche en couleur.

Pour déguster de bonnes crêpes, « La petite française« , rue Santa Catalina.

Pour savourer de la bonne viande, dont de la viande d’alpaga, « Zig Zag« , en face de l’église San Francisco.