#56 El Paredon : sea, surf and sun …

Tout commence par un raté.
La réservation des billets d’avion pour la suite du voyage est patiemment effectuée. Les noms des passagers et la destination sont bien vérifiés. Les bagages sont ajoutés. Le paiement est passé. La réservation est confirmée. Et là, paf, l’erreur d’inattention saute aux yeux : la date de départ n’est pas la bonne, elle est une semaine plus tard que ce que nous avions prévu ! Ça continue ensuite par un autre loupé. Craignant toujours un peu des décisions gouvernementales de dernière minute, on ne sait jamais, nous demandons immédiatement l’annulation des billets et le remboursement afin de rester dans le calendrier initial. Les conditions de vente précisent bien que nous pouvons le faire sans frais sous 24h, alors pourquoi s’en priver ? Mais voilà, le système ne fonctionne pas, l’annulation est demandée mais pas confirmée. La compagnie aérienne nous indique que les billets restent valables malgré le message d’erreur reçu pour le moins ambiguë.

Bon, dont acte, nous restons donc une semaine de plus au Guatemala. Ceci dit, ça ne ressemblerait pas à un acte manqué tout ça ? Il reste à décider comment occuper cette semaine supplémentaire imprévue. Une troisième fois au Fuego nous est bien sûr venue à l’esprit. Mais cette fois, nous privilégions une région du Guatemala que nous ne connaissons pas encore : la côte Pacifique. Direction la mer, les plages et le vrai soleil, direction le petit village d’El Paredon. Nous y dégotons un joli petit bungalow tenu par Simoné et sa compagne, un sympathique couple italien.

Les hamacs, les balançoires et la piscine sont rapidement pris d’assaut par les enfants qui vont y passer des heures et des heures durant les prochains jours.

La proximité de la mer nous permet enfin d’échapper au traditionnel poulet-riz-frijoles qui nous suit depuis le Mexique. Une belle assiette de poisson au restaurant ou un délicieux barbecue au bungalow redonnent un peu de variété à notre régime alimentaire.

La plage est à quelques centaines de mètres à pied du bungalow. En milieu de journée, le sable noir brûle la plante des pieds. Impossible de s’y attarder. On comprend mieux pourquoi on ne croise personne sur la plage. La chaleur est tellement écrasante tout au long de la journée que nous en profitons surtout en fin d’après-midi. Ce qui permet aussi d’attendre le coucher du soleil et assister presque tous les soirs à sa plongée flamboyante dans les eaux du Pacifique. C’est aussi l’heure de sortie des surfeurs qui glissent avec aisance sur les vagues. Cela parait tellement facile à les voir faire…

Avec ses quelques maisons modestes éparpillées ici et là et ses petits hôtels, le village d’El Paredon est pour l’instant épargné par le béton et le tourisme de masse. Un petit restaurant pour les locaux et les rares touristes comme nous, quelques tiendas pour le minimum vital, un distributeur de bière 24h/24 (une première !). Les gens se la coulent douce ici et ils ont bien raison. Le village attire surtout les surfers, qui logent tous dans les surf camps postés directement sur la plage à quelques mètres de l’océan. Un certain nombre d’entre eux ont refusés de nous héberger car « adult only ». C’est difficile à croire en cette période post-covid où les business ont du mal à survire. Ils font les difficiles alors qu’il n’y a quasi personne !
Dans tous les cas, l’endroit nous semble parfait pour se lancer sur les planches et nous décidons de prendre un cours particulier afin d’être initiés à notre tour aux plaisirs de la glisse. Il n’est jamais trop tard pour commencer. Et avoir la chance d’un cours particulier ne se refuse pas ! Après avoir répété sur le sable l’enchaînement de mouvements pour se redresser sur la planche, nous passons à la pratique dans le grand bain. Bon, au début il faut avouer que l’on prend plus le bouillon que la vague, surtout Arnaud… Gérer à la fois la vitesse pour se redresser, le mouvement de la vague et l’équilibre est loin d’être instinctif. Par contre, quand la glissade est réussie, les sensations sont là et on en redemande. Et puis on est tellement fier quand on parvient enfin à se lever sur la planche. Comme un bébé qui vient de faire ses premiers pas !

Le lendemain voit deux nouvelles graines de surfers se lancer à l’assaut des vagues. Après le briefing d’entraînement, Sarah et Thomas montent à leur tour sur les planches. Les premières chutes ne les ont pas découragés et ils sont parvenus à prendre quelques belles vagues. Chacun dans son style, Thomas plutôt accroupi, et Sarah tout en équilibre.

Une chouette première expérience qui va désormais nous faire ajouter des spots de surf sur la route du voyage…

Ces ultimes jours passés à El Paredon nous ont démontré que les erreurs ont parfois du bon. Alors, comme l’a dit notre Jean-Jacques national (non, pas Rousseau, Goldman. Rousseau était suisse…) : « A tous [nos] ratés, [nos] loupés, [nos] vrais soleils (…). A nos actes manqués » ! Et plus généralement, à nos paris et à nos envies qui nous ont amenés jusqu’au Guatemala, ce pays belle surprise que nous n’avions absolument pas envisagé et qui nous a pourtant souri et accueillis comme si nous étions déjà de la famille et nous a donné le grand frisson des volcans. Un gros coup de cœur qui nous conforte tellement dans notre choix d’avoir poursuivi l’aventure et de continuer à surfer sur l’imprévu et l’imprévisible. L’heure de partir finit néanmoins toujours par sonner, notre vol à l’aéroport de Ciudad Guatemala nous attend. A moins que…

Ça sonne comme un gag à répétition, mais à la veille de partir d’El Paredon nous découvrons que nos réservations de billets ont disparu ! Il s’avère que la compagnie aérienne a finalement traité notre demande d’annulation initiale et que le processus de remboursement est en cours. Et maintenant, trop tard pour faire machine arrière, le processus est lancé, nous nous retrouvons maintenant sans billets. Nous en rachetons tout de même en dernière minute car cette fois, c’est sûr, nous quittons vraiment le Guatemala ! Non sans pincement au cœur…

Prochaine étape : Pura vida…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Cabane pour 4 personnes, à Paredon : Sunrise Hostal
Jolie cabane, simple, mais propre. Une jolie piscine que les enfants ont adoré (et les parents également). Accès également à un barbecue.
On le trouve sous Airbnb, ou sinon Whatsapp de Simoné : +502 4046 2379

Navette entre El Paredon et Antigua/Guatemala city
:
Neway Tours +502 4856 1674

Pour un cours de surf :

Surf camp Paredon, +502 4593 2490
Pas cher et très professionnel (un moniteur par personne !). En les contactant un peu en avance, vous calerez l’horaire en fonction de la marée.