#55 Antigua, Fuego, Pacaya : quand on aime, on ne compte pas !

De retour à la maison ! C’est un peu la sensation que nous éprouvons lorsque nous revenons à Antigua rendre la voiture de location. Ses ruelles pavées, ses églises et ses chicken-bus nous semblent désormais familiers, ce qui nous fait réaliser que nous avons encore bien envie de nous poser dans notre ville préférée au Guatemala. La ville a tout autant de charme que la dernière fois, si ce n’est plus car le soleil rayonne et nous laisse cette fois-ci le loisir d’observer tranquillement tous les volcans qui nous entourent.

D’autant que nous nous accordons un petit plaisir en choisissant un beau logement avec jardin et terrasse donnant sur l’Agua, l’Acatenango et les éruptions du Fuego. Ce n’est pas comme à la maison, c’est mieux qu’à la maison !

Nous avons en plus le plaisir de retrouver Malika et son compagnon Bastien le temps d’un dîner. Ce qui nous remémore notre autre maison, celle de Claire et Juan à Cusco, où nous avons connu Malika. Elle nous avait accompagnés dans notre épopée du Machu Picchu sur le trek du Salkantay. Recroiser les mêmes voyageurs dans d’autres pays a une saveur toute particulière. Issues de rencontres éphémères, les retrouvailles s’apparentent à celles d’anciens combattants. Entre partage de souvenirs et de bons plans.

A vrai dire, en revenant à Antigua, nous avons une petite idée derrière la tête. L’idée un peu folle de remonter sur l’Acatenango et revoir le Fuego. Notre première ascension nous a à la fois enthousiasmés et frustrés. Le spectacle était magique mais les conditions météorologiques loin d’être idéales. Dès la redescente, l’envie d’y retourner avait commencé à poindre. Nous attendions cependant la fin de notre périple en voiture pour voir jusqu’où elle continuerait de nous titiller. De retour à Antigua, elle est plus que jamais là. Même les enfants sont partants ! Nous ne pouvons toutefois pas imaginer retourner vers le Fuego sans passer par Calderas. Nous reprenons donc contact avec Elvin qui se fait un plaisir de nous rajouter à un groupe et vient nous chercher directement à l’hôtel. A Calderas aussi, nous nous sentons un peu comme à la maison : les enfants du village saluent Sarah et Thomas par leur prénom à leur arrivée, nous tombons dans les bras d’Ovidio et Rosa, bref nous sommes de retour en famille… Elvin ne peut nous accompagner sur le trek, mais son frère et son épouse jeunes mariés partent avec nous. Et surtout, nous retrouvons nos complices du Pacaya : Paul, Claire et leurs enfants Faustine et Gabriel, avec qui nous allons donc partager une deuxième ascension de volcan !

Avant de nous lancer sur le chemin, Rosa prononce une petite prière de bénédiction pour le trek. Elle ne l’avait pas fait pour notre première fois, c’est peut-être ce qui nous a manqué pour avoir la bonne météo… Nous partons en tout cas sous un soleil radieux avec une vue dégagée de l’Acatenango, c’est de bon augure.

Le dénivelé n’a pas changé, toujours aussi raide. Pourtant, l’ascension nous paraît moins difficile que la première fois. Probablement le fait de déjà connaître le chemin et de savoir ce qui nous attend…

Justement, en sachant déjà ce qui nous attend au campement, le risque est que le spectacle du Fuego s’avère moins impressionnant, moins excitant, tout simplement moins bien. Après tout, la surprise de la découverte ne se vit qu’une fois. Mais pour nous, voir le Fuego de jour est en soi une découverte ! Le monstre est en forme et éructe quelques beaux panaches de fumée à notre arrivée.

Au campement, nous sommes à nouveau aux premières loges, la vue est parfaite. Il n’y a plus qu’à profiter du spectacle.

Nous restons en contemplation jusqu’au coucher du soleil, au-dessus de la mer de nuages qui encercle le volcan. Jamais nous ne pourrons être blasés devant le Fuego.

Lorsque la lumière décline peu à peu, la fumée s’embrase d’orange et de rouge, jusqu’à devenir feu à la nuit tombée.

Les explosions nocturnes sont toujours aussi incroyables et hypnotisantes, et s’endormir avec un voisin pareil est toujours difficile. Mais est ce bruit qui nous empêche de dormir, ou plutôt cette addiction qui nous pousse à sortir systématiquement la tête de la tente dès que l’on entend le monstre gronder ?

Il faut pourtant bien essayer de dormir un minimum car la dernière partie de l’ascension de l’Acatenango débute à 4 heures le lendemain matin. Cette fois, nous épargnons les enfants et les laissons dormir dans la tente. Pas question de leur faire revivre la montée dans le froid, même si la météo est beaucoup plus favorable. Nous assistons enfin au magnifique lever de soleil au sommet de l’Acatenango, mais dans un climat toujours aussi glacial. Rarement dans notre vie nous aurons eu aussi froid. Le spectacle est superbe mais il est très difficile de s’attarder.

Cette deuxième ascension de l’Acatenango aura donc été tout aussi magique que la première. Notre plus gros regret aurait vraiment été de ne pas revenir, et c’est non sans regrets que nous quittons de nouveau Calderas alors même qu’Ovidio et Rosa nous proposent de rester et qu’Elvin est prêt à nous offrir une troisième ascension ! Nos affaires sont cependant restées à notre logement d’Antigua et… une autre idée un peu folle nous est venue du haut de l’Acatenango. La nuit nous a en effet révélé, au loin, une longue trainée incandescente. Au lever du soleil, nous distinguons parfaitement de quelles pentes elle dévale. Celles du Pacaya. C’est un signal, non plutôt un appel ! Et si, après le Fuego, nous retournions également sur le Pacaya. Quitte à tout faire deux fois, autant aller jusqu’au bout…

Nous reprenons alors contact avec Rolando, avec qui nous a accompagnés sur le Pacaya la première fois. Il nous explique que le volcan a effectivement repris son activité et surtout que la coulée de lave a depuis totalement changé de versant. Il peut nous emmener sur le chemin menant directement au pied de la coulée. Impossible de résister… nous repartons donc au Pacaya, et comme la première fois, avec Paul, Claire et les enfants. Avec eux, jamais deux sans trois ! Par contre, le départ s’effectue dans l’après-midi afin de profiter ensuite de la tombée de la nuit. Et puis nous sommes certes un peu fou, mais cela devient compliqué de motiver les enfants à se lever à 4h du matin.

Sur le versant d’où nous partons, le paysage nous plonge immédiatement dans une ambiance apocalyptique. Nous avançons sur une terre désolée, recouverte d’une couche de pierres noires de cendres, à l’horizon bouché par la brume. Nous avons dû sans le savoir trouver l’entrée du Mordor de Tolkien.

Les champs de lave sont suffisamment anciens et refroidis pour que la végétation reprenne petit à petit ses droits. Quelques fleurs ont courageusement émergé des cendres pour redonner un peu de couleur aux pentes du volcan.

Mais quelques centaines de mètres plus loin, une vague de chaleur envahit l’air, un crépitement intense bourdonne à nos oreilles, des sillons d’un orange incandescent s’écoulent lentement, nous sommes arrivés au pied de la coulée de lave. Et elle est beaucoup plus impressionnante que la première fois !

La vie des quelques fleurs est en sursis. Dans quelques minutes, elles vont flamber comme un fétu de paille.

Le magma sous la couche de roches de lave refroidie est très visqueux et avance extrêmement lentement le long de la pente. Il y a donc largement le temps de le voir arriver. Quelques petits morceaux de roche incandescente se détachent néanmoins régulièrement de l’amas de cendres, il faut donc toujours rester vigilant. Entre deux photos posées, nous jetons toujours un œil derrière…

La désormais traditionnelle séance de brochettes de chamallows au grill volcanique plaît toujours autant aux enfants. De notre coté, nous aurions bien fait cuire quelques brochettes de bœuf et des épis de maïs pour le dîner !

L’arrivée de l’obscurité fait progressivement apparaître l’intensité de la langue de feu. Le magma devient plus flamboyant sous la couche de cendres.

Lorsque la brume se lève un peu, le chemin de lave se dessine jusqu’au cratère, quelques centaines de mètres plus haut. C’est cette rivière de feu que nous distinguions de l’Acatenango et qui nous irrésistiblement attirés.

L’effet hypnotique des volcans, une fois de plus, nous saisit totalement. Le spectacle laisse sans voix même les deux plus bavards du groupe.

Ces expériences volcaniques resteront indubitablement parmi les plus fortes du voyage. Nous avons ressenti une émotion sans pareil, que ce soit devant la puissance explosive du Fuego ou la beauté incandescente du Pacaya. Un mélange de crainte et de fascination que Thomas a parfaitement résumé par cet oxymore spontané lorsqu’il s’est approché à quelques mètres de la lave du Pacaya : « C’est horriblement impressionnant  » ! Et pourtant, c’était la deuxième fois…

Bon, nous avons fait le plein de belles rencontres et d’expériences inédites au Guatemala. Nous avons même pris le temps de revenir dans nos endroits préférés. Il est temps désormais de quitter le pays et de poursuivre notre route. A moins que…

Prochaine étape : Surfin’ Guatemala…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Appartement pour 4 personnes : « Villas de la ermita »
Un appartement très propre, une cuisine, de l’eau chaude (dans la salle de bain et la cuisine!) , une grande télé pour le bonheur des enfants, une terrasse avec vue sur les volcans. Le tout à 15-20 min à pied du centre d’Antigua (ou 5 min de tu-ctuc). On ne peut que recommander cette adresse.
Se trouve sous Booking ou Airbnb, sinon Nathalie + 502 5200 1492

Nous avons repris les mêmes guides que la première fois que ce soit pour l’Acatenango que pour le Pacaya, car nous avions confiance en eux. Autant pour la sécurité que pour la qualité :
Trek de l’Acatenango sur 2 jours avec v-hiking tours
Il existe de nombreuses agences qui proposent ce trek, à des prix très variables.
Nous avons fait le choix de passer par une petite agence de Calderas, village au pied de l’Acatenango, car ils rémunèrent les guides à leur juste valeur. De plus, ils ont un campement sur place, avec probablement une des plus belle vue. Il est inutile de porter sa tente ou sac de couchage (d’autres agences vous font porter le matériel ou alors il faut rallonger pour avoir un porteur). Elvin vous prêtera également des gants, bonnets ou lampe frontale si nécessaire.
Vous pouvez y aller les yeux fermés (enfin, ouvrez les quand même pour regarder le volcan faire son spectacle !)
https://v-hiking.tours/ ou Elvin +502 4708 2809

Rando sur le volcan Pacaya avec Rolando
Rolando est un guide sérieux qui est conscient des risques liés au volcan, mais qui fera le maximum pour que votre expérience soit la meilleure possible. Il peut également vous emmener sur l’Acatenango (mais n’a pas de campement contrairement avec v-hiking tour)
+502 4738 0945