#64 Dota et Cahuita, cap sur les Caraïbes

De la côte Pacifique, nous basculons à présent lentement vers la côte Caraïbes du Costa Rica. Lentement, car un petit massif montagneux se tient en équilibre entre les deux. Et au cœur de ce massif, se niche un petit village, San Gerardo de Dota, où nous attend, nous l’espérons, l’accomplissement de notre quête débutée au Guatemala : celle du Quetzal resplendissant. Certes, on peut se demander ce que nous lui voulons à ce maudit piaf. En plus, nous avons pu le voir au parc de Coricancha. Mais seulement de loin et à travers l’objectif du télescope. Or nous, tant que nous ne considérons pas avoir suffisamment bien vu, nous retentons notre chance. Comme pour les volcans. Comme pour les paresseux.

La vallée de San Gerardo de Dota accueille une très grande variété d’oiseaux. Inutile d’aller dans le parc naturel pour s’en rendre compte, un simple arrêt à la petite terrasse du restaurant… permet d’apprécier un véritable ballet volant. Et nul besoin de télescope, il suffit de s’asseoir et de regarder…

En revanche, dans notre petite cabina à l’orée de la forêt, couvertures et chauffage sont, eux, indispensables. Le climat montagneux nous change radicalement de celui de la côte.

Aux aurores le lendemain matin, débute notre dernière tentative avec l’insaisissable quetzal. L’un des endroits privilégiés pour le voir n’est pas dans le parc naturel de Dota (trop haut en altitude pour le quetzal), mais dans une zone au bord de la route où se dressent ses avocatiers préférés. Nous avons bien essayé de le débusquer par nous-mêmes la veille, en vain. Le resplendissant n’a pas montré le bout de son bec. Nous avons donc fait appel à un guide pour que notre ultime chance soit la bonne le lendemain. Avec lui, une véritable chasse s’engage.

Nous essayons un premier endroit. Rien. L’oiseau rare est finalement repéré près de l’avocatier où nous nous sommes déjà rendus hier. Il faut être rapide car celui-ci ne reste pas en place, nous offrant cependant une très belle occasion de le voir se déployer en un vol dont l’ondulation est d’une rare élégance. A l’œil nu comme au télescope, nous pouvons enfin l’admirer davantage. D’autant que notre guide ne lâche pas la chasse facilement et repère d’autres quetzals à différents endroits, dont un couple en nidification. Les images resteront surtout gravées dans notre mémoire car l’oiseau aura été très difficile à capturer en photo. Peu importe, nous avons enfin le sentiment d’avoir achevé notre quête !

En arrivant à Cahuita, sur la côte Caraïbes, c’est également notre tour du Costa Rica qui s’achève. Nous avons traversé le pays d’ouest en est, de l’océan Pacifique à la mer des Antilles. D’une rive à l’autre, l’ambiance se révèle différente. Côté Caraïbes, on se laisse davantage glisser dans une douce indolence, bien loin des soucis du monde.

Tant qu’il y a du riz et des frijoles, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes…

A Cahuita, nous attend la famille « Éléphant », Van Nam, Julie et Salomé, que nous avons rencontrée au parc Manuel Antonio en même temps qu’une autre famille française, « Le crapaud voyageur » recroisée, elle, le temps d’un dîner à San Gerardo de Dota. Ce n’est donc pas par hasard que nous retrouvons les Éléphants dans le même hôtel, un très joli endroit à deux pas du parc naturel de Cahuita.

Ce sera notre tout dernier parc. Il reste pourtant encore d’autres parcs emblématiques à faire, mais il faut bien l’avouer, notre envie s’est étiolée au fil du temps. Ils finissent par se confondre et puis, au final, pour voir quoi de plus après tout ce que nous avons déjà eu la chance de voir ? En tout état de cause, impossible de regretter de terminer sur celui de Cahuita, avec sa multitude de petites plages le long de la mer turquoise, même si les paresseux sont toujours aussi difficiles à repérer.

Visiter un refuge est évidemment un autre moyen d’observer les animaux de près. Nous les préfèrerons toujours dans leur milieu naturel mais nombre d’entre eux sont malheureusement victimes d’accidents, de trafic ou de braconnage. Des refuges les recueillent dans tout le pays, avec pour mission de les soigner puis de les réintroduire lorsque cela est possible. Même si les zoos sont interdits au Costa Rica, l’action de certains de ces centres semble cependant un peu opaque quant à la remise en liberté… Nous choisissons tout de même de visiter celui du Jaguar rescue center, a priori l’un des plus « honnêtes ». La visite guidée expliquant l’action du refuge s’avère plutôt intéressante même si l’on voit finalement un nombre assez limité d’animaux. La politique semble plutôt logique : les animaux accessibles au public sont seulement ceux qui ne pourront jamais être réintroduits, les autres étant préservés au maximum de la présence humaine. Les mauvais traitements subis par certains d’entre eux avant d’arriver au centre font froid dans le dos…

La nurserie des bébés paresseux orphelins est évidemment le moment le plus craquant. Allez, penchons tous la tête et lâchons un « ooooooh » attendri devant ces petites boules de poil blotties les unes contre les autres !

Difficile de ressortir véritablement enthousiastes de ce genre de visite, partagés entre le nombre somme toute assez faible d’animaux réintroduits et les histoires touchantes de ces pensionnaires, tel ce singe resté attaché par le cou pendant plusieurs années au point d’avoir gardé le réflexe d’être retenu par la corde alors même qu’il en est désormais libéré. Profiter d’une vie plus paisible, même en captivité, est ce qui leur reste de mieux…

C’est sous un ciel bien chargé que se termine notre séjour à Cahuita. Une dernière petite visite du parc pour saluer un dernier paresseux (plus facile de se le permettre, c’est le seul parc du Costa Rica dont l’entrée est sur donation !), une dernière balade sur la plage avant l’arrivée de la pluie, un temps parfait pour accompagner un départ sans regrets.

De retour à Alajuela pour rendre la voiture, nous passons les derniers jours chez Donato, un italien de Suisse qui tient une auberge espagnole remplie de français (vous suivez ?). Il nous accueille les bras ouverts avec un bon plat de pâtes bolognaises et des bières. Sa maison est un chouette espace de liberté un peu anarchique où l’on partage les repas, les parties de backgammon et les envolées percussionnistes, pianistiques ou guitaristiques des gens de passage.

Nous voilà bien, le p’tit veut faire de la batterie !

Donato, avec sa grande gueule et son grand cœur, son humour et sa générosité, sa liberté et sa spontanéité, est probablement le meilleur ambassadeur de la pura vida que nous ayons croisé !

A l’heure du départ du Costa Rica, nous quittons le pays sans regrets. Nous avons profité du meilleur, un concentré extraordinaire de nature et de faune, une nouvelle fois dans les conditions exceptionnelles de la pandémie, c’est-à-dire sans l’affluence touristique habituelle. Malgré tout, le coup de cœur n’a pas véritablement eu lieu. Résolument tourné vers un tourisme nord-américain, avec ses tarifs élevés, ses chemins aménagés, ses normes sécurisées, le pays procure une expérience de nature finalement moins sauvage que ce à quoi nous nous attendions. Forcément, après avoir passé un mois en Amazonie, notre ressenti est probablement un peu biaisé. Nous garderons quoiqu’il en soit de très belles images du pays, pleinement conscients de la chance que nous avons eu de voir autant d’animaux au mètre carré et d’aussi près. Retenir le meilleur, c’est finalement cela le plus important dans un voyage… Le nôtre se poursuit tant bien que mal, au gré de l’ouverture des pays.

Prochaine étape : De retour en Amérique du sud !

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Logement pour 4-5 personnes, Cabinas El Quetzal San Gerardo de Dota
Les cabines sont propres, plutôt mignonnes, avec chauffage et couverture.
Le tarif inclut le petit déjeuner et le diner chez « Miriam’s Cabinas », ce qui est bien pratique étant donné l’isolement de Gerardo de Dota !
C’est Miriam qui nous réservé le guide, et on le regrette pas. Au regard des autres guides croisés, le notre était vraiment doué.
+506 8325 9984

Logement à Alejuala, chez Donato
Une perle, chez qui on regrette de ne pas avoir été à notre arrivée au Costa Rica.
Il a illuminé nos derniers jours !
+506 8865 6143