#06 Camping au parc Torres del Paine

Nous poursuivons notre remontée de la Patagonie avec une étape de montagne : le parc national Torres del Paine, particulièrement réputé pour ses treks. La grande ville la plus proche pour y accéder est Puerto Natales, située à environ 1h30 de route. C’est un ancien village de pêcheurs qui s’est transformé en petite ville assez vivante. Enfin, disons que l’on y croise plus de randonneurs que de locaux… Il nous a été conseillé de camper dans le parc afin d’éviter de fastidieux allers-retours quotidiens ; il faut dire qu’il faut un sacré budget pour loger en dur dans le parc (cela va de 250 à 1000 € la nuit !)

LE SAVIEZ VOUS?
Le parc national Torres del Paine, d’une surface de 1810 km², a été créé en 1959. Cela fait de lui le premier des parcs nationaux sud-américains par sa date de création. Depuis 1978, il fait partie des réserves de la biosphère de l’UNESCO. On peut y trouver des nandous (sorte d’autruches), des condors, des flamants roses, des guanacos par centaines, et pour les plus chanceux des pumas.

Bien décidés à tenter notre première expérience de camping en famille, nous préparons notre expédition de Puerto Natales : location d’une voiture (le parc est bien plus grand qu’il n’y parait et il vaut mieux être véhiculé pour le visiter), location des tentes, des sacs de couchage, des matelas, du réchaud à gaz, des gamelles, achat des provisions pour 3 jours et nous voilà partis ! Les enfants sont très excités à l’idée de dormir sous la tente. Pour les parents, même si l’expérience s’avère intéressante, il y a beaucoup d’interrogations concernant la météo qui est extrêmement changeante en Patagonie. De plus, il a été un peu compliqué de se faire confirmer qu’il était possible de camper sans réserver au préalable…

Nous partons assez tôt le lendemain pour profiter de la journée, en laissant une partie de nos bagages à notre loueur de Puerto Natales.
L’arrivée dans le parc, par le nord, est spectaculaire. Sans compter que nous arrivons sous un grand soleil. Nous traversons des paysages de carte postale au milieu de troupeaux de guanacos et de lacs d’un magnifique bleu turquoise.

Le massif et ses sommets sont splendides, notamment les fameuses « Torres », les tours, qui donnent leur nom au parc. Il s’agit d’une succession de trois pics de granit qui dominent le massif del Paine.

Nous en profitons pour faire une première petite randonnée jusqu’au pied des superbes « Cuernos del Paine », autres sommets caractéristiques du parc. En forme de cornes (d’où leur nom), ils ont la particularité d’être bicolores : la partie supérieure et la base sont de couleur noire (couche sédimentaire) tandis que la partie centrale est claire (couche granitique).

Nous montons notre campement au camping du lac Pehoé, qui propose des emplacements semi-couverts pour s’abriter du vent (notre fidèle compagnon en Patagonie…) et des sanitaires – avec eau chaude s’il vous plait ! L’installation se révèle finalement plus simple que ce que nous craignions, nos deux tentes sont montées en moins de 30 minutes (pas trop mal pour des novices !). Autre avantage du camping : sa vue magnifique sur les Cuernos…

Après notre première nuit sous la tente (un peu fraîche malgré l’épaisseur des sacs de couchage), nous randonnons à l’entrée du lago Grey, le lac gris. Alimenté par le glacier du même nom, quelques icebergs flottent à sa surface. Nous pique-niquons tranquillement devant nos premiers icebergs, accompagnés d’une autre famille française en tour du monde.

Nous enchainons le même jour une autre petite randonnée pour accéder au mirador Condor, tout proche du camping. Nous pensions qu’il s’agirait d’une petite grimpette facile pour finir la journée ; la montée est finalement assez raide et sacrément venteuse mais le point de vue offre une superbe vue panoramique sur le lac Pehoé et sur les Cuernos. 

Le lendemain est consacré à LA randonnée du parc : l’ascension jusqu’au « mirador de los tres » qui vous amène au pied des torres. C’est un gros morceau : 20 kilomètres, 750 mètres de dénivelé et au moins 8 heures de marche, la plus longue randonnée jamais faite par les enfants… Et ils peuvent être fiers de leur exploit, surtout Thomas qui, contrairement à sa sœur, n’est pas encore un grand marcheur !

Trop fatigués pour démonter les tentes et sachant que, de toute manière, il était trop tard pour retourner sur Puerto Natales et rendre la voiture dans les délais, nous passons une troisième et dernière nuit au camping en espérant qu’elle sera moins venteuse et fraiche que les précédentes. Nous passons la dernière soirée au restaurant du camping avec un bon morceau de viande grillée au feu de bois : et oui, il faut dire que nos stocks sont vides et on avait bien envie de se réchauffer près de la cheminée…

Dernier réveil dans le camping. Nous avons très bien dormi mais le temps est très couvert. Nous renonçons à une dernière balade, de peur de manquer d’essence. La station service la plus proche est à Puerto Natales, il faut donc bien calculer pour faire l’aller retour et la route vers les différentes randos avec un seul plein d’essence ! Nous rentrons donc tranquillement rendre toutes nos locations et prenons un logement proche de la gare routière pour nous reposer et continuer notre route vers le nord le lendemain.

Pour la petite histoire, nous avons fait un petit accroc à une tente (ou il y était déjà, on ne saura jamais…) et avons donc du l’acheter pour ne pas perdre toute notre caution ! Nous voilà donc avec une tente en plus dans nos bagages, qu’on espère bien revendre en cours de route.

Prochaine étape : Le mur…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Cabana pour 4-5 personnes : une cabana en plein centre, à 2 pas du supermarché et des loueurs, avec possibilité de stationner la voiture. Et qui a gardé nos sacs pendant qu’on campait.
AirBnB chez Daniel « cabañas en pleno centro de la ciudad » +56 9 7431 3332

Cabana pour 4-5 personnes : en face de la gare routière, très pratique avant de repartir ! Propre et propriétaire très sympa. « Aguapi » +56 9 6597 0453 booking@aguapi.cl

Se loger « en dur » dans le parc revient extrêmement cher. Il reste deux solutions : faire les allers retours tous les jours (=2 x 1h30-2h minimum), ou faire du camping. Sur les circuits « O » et « W », il faut en général faire des réservations pour avoir une place. Nous n’avons pas été vérifier car il s’agit d’un circuit sur 5 jours.
Le camping Péhoé, en plein centre du parc, n’a pas besoin d’être réservé, et il y a beaucoup de places. C’est ce dernier choix que nous avons fait (compter 12 000 pesos par adulte).

Camper nécessite d’avoir son matériel car vous ne le trouverez pas sur place : tente, sac de couchage, tapis de sol, gaz, tout pour faire la popotte… nous sommes passés par le loueur « Rental Natales » qui est très sérieux.

Pensez également à faire des courses avant de quitter Puerto Natales (chez Unimarc), car il n’y a franchement pas grand-chose sur place, seulement quelques restos et une supérette avec des chips et nouilles déshydratées…

Pour les randos, nous avons fait :
– le mirador des Cuernos – 6 km
– views at grey glacier – 5,2 km
– mirador Condor – compter 1h30 A/R avec une belle grimpette
– mirador de los tres – 20 km et un beau dénivelé sur la dernière heure !

Connaissez vous windguru ? Nous vous recommandons vivement ce site / application pour consulter la météo : température, vent, pluviométrie, couverture nuageuse : nous avons trouvé que le modèle utilisé en Patagonie était plutôt fiable et nous a aidé à bien planifier nos randonnées ! Attention à bien préciser le site de rando, et non pas juste la ville à proximité. 15 km font parfois toute la différence !