#25 Copacabana et le mythique lac Titicaca

A nous le soleil et les plages de Rio de Janeiro, nous allons à Copacabanaaaa !!! Sable fin, mer et bronzette, enfiiiin !!! Comment ça, ce n’est pas celui-là mais l’autre ? Il y en a un autre ? A 3 800 m d’altitude aux bords du lac Titicaca, toujours en Bolivie ? Ah… du coup, la bronzette, ce n’est pas encore pour tout de suite…

Bon, Copacabana n’a pas la plage ni le climat de son homologue brésilien, mais la ville a d’autres atouts. D’abord le lac Titicaca ; le lac le plus rigolo du monde pour des générations d’enfants français… Ensuite, on peut loger dans un escargot ! Non, non, nous n’avons pas mâché trop de feuilles de coca, nous logeons bien dans une petite maison escargot. L’hôtel où nous résidons propose des petites cabañas à l’architecture unique et toute en rondeurs. Un petit jardin privatif avec hamacs borde même la maison. Enfin privatif, il faut en réalité le partager avec les deux alpagas de l’hôtel qui viennent en brouter l’herbe. Tout se passerait dans le meilleur des mondes si l’un d’entre eux ne montrait pas des tendances sociopathes agressives. Arnaud s’est fait charger deux fois par la bestiole, sans raison. Heureusement, rien de cassé, et le laineux hargneux a rapidement fait l’objet d’une mesure de distanciation sociale.

Copacabana est issu du terme aymara « kota kahuana » qui se traduit par « vue sur le lac ». Cette petite ville de 6 000 habitants se situe à cinq kilomètres de la frontière avec le Pérou, sur les rives du lac Titicaca.

La ville est essentiellement construite sur le flanc d’une petite montagne. Les rues grimpent sec, de même que le chemin jusqu’au sommet. C’est toujours le prix à payer pour profiter d’une belle vue…

Sur le chemin, nous ne manquons pas de nous faire arrêter par des locaux souhaitant prendre une photo avec Thomas et Sarah. La magie de la tête blonde opère…

Nous déambulons dans les rues de la ville, dont le centre n’est pas bien grand au final. A coté de la cathédrale, un marché bien local, où nous nous approvisionnons de légumes et petits pains.

Ici le port du chapeau est toute une institution. Homme, femme… tout le monde en porte à longueur de journée.

LE SAVIEZ VOUS?
Le petit chapeau de feutre rond, appelé ici bombin, a été créée en 1849 à la demande de l’armée britannique. En toile rigide, il servait à protéger la tête des gardes-chasse contre les branches les plus basses en forêt. Ce « chapeau melon » remporte un grand succès dans la mode des années 50. Intermédiaire entre l’aspect sophistiqué du chapeau haut de forme et l’humilité du chapeau de paysan, le bombin était tout d’abord porté par les hommes. Présent dans les valises des cheminots dans les années 20, il conquit les boliviens mais aussi les femmes aymaras et quechuas.
Largement récupéré dans la mode féminine, il est devenu un accessoire classique en Bolivie, qui peut différer selon la région par sa forme ou sa couleur.
Si les boliviennes arborent le bombin depuis près d’un siècle, c’est aussi parce qu’il est chargé de signification. Il représente désormais l’autorité et impose le respect souvent lié à l’âge.

Le lac Titicaca est une véritable mer intérieure entre la Bolivie et le Pérou. Il est tellement grand que pas moins d’une quarantaine d’îles en émergent. Du port de Copacabana, nous nous rendons sur la plus grande : Isla del sol. Originellement dénommée Isla Titikaka, elle a non seulement donné son nom au lac mais aurait aussi donné naissance à la civilisation inca. C’est en effet de cette île que serait parti Manco Capac, le premier empereur inca, pour fonder la ville de Cuzco. 

Le trajet en bateau prend 1h30 et l’équipage propose même un service de guide. Compte tenu des vestiges, nous avons choisi d’avoir quelques explications pour ne pas passer totalement à côté de l’aspect mythique du lieu. 

Nous débarquons au pied du temple le plus important de l’île : le temple du soleil. Selon le guide, il serait le temple le plus vieux du monde, construit bien avant l’arrivée des incas. Il faut dire que des traces d’établissement datant de 3 000 ans avant notre ère ont été retrouvées. Les incas l’auraient ensuite agrandi. Il est toujours debout grâce à des méthodes de construction antisismiques vieilles de plusieurs centaines d’années. Pour la petite histoire, les portes font 2,20 m de haut et une momie au crâne déformé mesurant 2,20 m aurait été découverte à proximité (si c’est vrai, le crâne devait être sacrément allongé…).

Nous parcourons ensuite la partie sud de l’île, le nord étant inaccessible aux touristes à cause de querelles entre villages. Il y a seulement 3 villages sur l’île, mais c’est largement suffisant pour se prendre le chou… De superbes points de vue se dévoilent et quelques tables de sacrifice agrémentent le chemin.

Les croyances surnaturelles restent très vivaces sur l’île. Le guide nous explique qu’une des côtes de l’île abrite des créatures ressemblant à des sirènes. Cependant, pour les voir, il faut accomplir une préparation physique et mentale de 2 jours dont le contenu ne nous a pas été révélé. Apparemment, c’est surtout pour les chamans.

Nous en croisons justement un au milieu de l’île. Du haut de ses 80 ans passés, il est encore sacrément fringant. Il nous gratifie d’une cérémonie de purification et de chance pour un retour à la maison en bonne santé. Les invocations à la Pachamama, les incantations en quechua, l’eau bénite de Cuzco et les signes de croix s’entremêlent avec le lac Titicaca en toile de fond. Mystique…

Notre visite guidée s’achève au village de Yumani, construit tout en pente. Nous descendons jusqu’à la fontaine des 3 sources. Trois canaux apportent côte à côte 3 eaux d’une source différente. La tradition veut que l’on vienne y bénir sa croix andine dans chacune des trois en accompagnant d’un vœu à chaque fois.

De la fontaine descend un interminable escalier de pierre datant d’avant même les incas. Les 204 marches aboutissent au port, mais une expédition archéologique a montré qu’il se poursuivait encore sous le lac. En fait, il y a quelques milliers d’années, il n’y avait pas de lac… 

LE SAVIEZ VOUS?
Avant les eaux du lac Titicaca, une forêt tropicale et des hommes occupaient les lieux. Pas moins de 36 cités englouties ont été repérées sous le lac et des traces de chemin se distinguent parfois à travers les eaux. Avec une profondeur comprise entre 150 et 400 mètres, le lac n’a probablement pas encore révélé tous ses secrets…

C’est au port de Yumani que se concentrent tous les touristes car c’est d’ici que repartent tous les bateaux en fin d’après-midi. Nous les laissons partir pour rester une nuit sur l’île. En nous engageant au hasard des chemins, nous longeons les cultures en terrasse et profitons de la tranquillité et du charme de l’île. Ici, aucune voiture ne circule, tout se fait à pied et les marchandises sont transportées à dos d’âne.

Nous passons la nuit dans un petit hôtel sur les hauteurs de Yumani. Le propriétaire est adorable et de bons conseils. Pour le dîner, il nous recommande un restaurant perdu au milieu de la forêt, à une centaine de mètres derrière l’hôtel. On s’y rend à la lampe torche car l’éclairage public est quasi inexistant sur l’île. Le restaurant s’appelle Las velas, autrement dit les bougies. Et pour cause, le restaurant est éclairé uniquement aux chandelles. Il est tenu par un couple de cuisiniers qui prépare les plats seulement à la commande. Tout est cuisiné au dernier moment, il faut donc s’armer d’un peu de patience. Les jeux de société mis à disposition ne sont d’ailleurs pas là par hasard. L’attente n’est finalement pas si longue et la cuisine vraiment délicieuse.

Le lendemain matin, nous retournons à terre à Copacabana, le temps de récupérer nos affaires laissées à l’hôtel et d’assister à la bénédiction dominicale. Les locaux viennent en effet faire bénir leur voiture devant la basilique. Le prêtre bénit à la chaîne une file de voitures : moteur, carrosserie, intérieur… tout y passe.

La très belle Basilique est le principal intérêt culturel de Copacabana. Ce sanctuaire colonial espagnol date du 16ème siècle et la ferveur que l’on ressent dans les lieux est impressionnante. Elle abrite l´image de la vierge brune taillée en bois par Francisco Tito Yupanqui, le petit fils de l´Inca Tupac Yupanki en 1582. Notre-Dame de Copacabana est la patronne de la Bolivie.

Il est déjà temps de quitter la Bolivie. En un mois, la Bolivie nous aura fait découvrir une variété de paysages tellement incroyable que tout ce que nous avons fait avant nous paraît si loin !

Prochaine étape : d’une rive à l’autre…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Appartement pour 4 personnes à Copacabana :
Las Olas, avec petite cuisine et vue sur le lac.
Un endroit tout simplement fou qui propose des bungalows à l’architecture originale :
http://hostallasolas.com/
+591 72508668

Restaurant à Copacabana :
La Cupula. A 2 pas de l’hôtel Las Olas. Bien pratique et délicieux (peut-être légèrement plus cher que ceux que l’on trouve en centre-ville)

Chambre pour 4 personnes à l’Isla del Sol
Hostal Inti Wayra : propriétaire fort sympathique, prix fort sympathique également, très belle vue sur le lac et le lever de soleil, petit dej inclus.
+591 71942015

Restaurant sur la Isla del Sol :
Las Velas : délicieux, tout fait maison, une ambiance à la lumière des bougies et un tarif plus que correct.

Pour prendre le bateau vers la Isla des Sol, le plus simple est d’aller l’acheter directement sur le quai plutôt que de passer par des intermédiaires en ville. Possibilité d’acheter l’AR si vous le faites dans la journée (le matin même ou la veille au soir), ou sinon comme nous juste un aller simple. Le retour peut s’acheter sur la Isla del Sol si vous dormez sur place (l’AR est légèrement moins cher)