#24 Escapade aux portes de l’Amazonie bolivienne

Avis aux amateurs de petites et grosses bêtes, araignées et insectes en tout genre, nous partons faire une petite excursion dans la forêt amazonienne !

Nous n’avions initialement pas prévu de le faire côté bolivien, mais la météo étant favorable, nous avons saisi l’opportunité. Les départs dans la jungle se font du village de Rurrenabaque, ou Rurre pour les intimes, que l’on rejoint de La Paz au choix : en 15 heures de bus sur une route traversant la cordillère royale et empruntant un bout de la route dite « de la mort », ou en 40 minutes d’avion. Bon, nous avons choisi le confort…

Le trajet s’effectue dans un petit avion d’une cinquantaine de places. L’aéroport de Rurrenabaque, dont les pistes ont été dégagées au milieu de la forêt, a plutôt la taille d’un aérodrome. Dès la descente d’avion, on sent le changement de climat et d’environnement. La chaleur tropicale et la forêt luxuriante nous accueillent. Dire qu’il y a moins d’une heure, nous étions dans la fraîcheur des 4 000 m d’altitude de l’aéroport d’El Alto.

A Rurrenabaque, nous nous posons dans un bel hôtel avec grand jardin et piscine, un petit plaisir avant de partir dans la jungle. La ville jouit d’une situation toute particulière, à la croisée de la Cordillère des Andes et du bassin amazonien. L’humidité et les températures élevées rendent l’ambiance plutôt calme. En soirée, la ville s’anime avec quelques mobylettes qui passent, parfois transportant tout une famille (parents et 2 ou 3 enfants…)

Évidemment, il est difficile de s’aventurer dans la forêt amazonienne par ses propres moyens et il vaut mieux recourir aux services d’une agence locale. Nous avons choisi Mashaquipe, une agence recommandée par plusieurs familles françaises. Nous partons pour un circuit de 5 jours : 2 jours dans la selva, autrement dit la jungle, puis 3 jours dans la pampa, zone plus marécageuse de la forêt. Eber, un natif d’une communauté locale, sera notre guide.

Après avoir laissé nos gros sacs à l’hôtel pour ne prendre que le strict nécessaire pour les 5 jours (ce qui inclut pas moins de 2 bombes anti moustiques – la dengue sévit dans le coin), nous voilà partis en pirogue à moteur, direction la jungle.

Un premier arrêt nous débarque au sein d’une petite communauté indigène vivant dans la jungle. Plusieurs familles vivent ici de l’agriculture et de la canne à sucre dont ils récoltent le jus grâce à un vieux pressoir. Leurs conditions de vie sont plus que sommaires, mais bénéficient tout de même de l’électricité… depuis 3 mois seulement. Aucun médecin à proximité, ils se soignent avec les plantes médicinales de la forêt.

De nombreuses autres petites communautés comme celle-ci sont disséminées dans la jungle. Certaines n’ont quasiment aucun contact avec l’extérieur et vivent uniquement de la chasse.

Après avoir poursuivi la descente du fleuve en pirogue, nous accostons pour commencer notre première marche dans la jungle jusqu’au logement. Nous pénétrons dans le royaume du camouflage ; on entend des cris, on perçoit des mouvements dans les arbres et les feuillages, mais impossible de voir d’où cela vient. Heureusement, Eber avec son œil de lynx parvient à repérer l’oiseau ou le singe caché dans les arbres. On sent que ça grouille de vie à tous les étages, des fourmis aux oiseaux.
Nous voilà en plein cœur de la jungle et du Madidi, l’une des plus importantes réserves mondiales de biodiversité de la planète.

Le lodge où nous allons passer les deux premières nuits est plutôt cosy. La douche est froide (étant donné la chaleur, ça ne pose pas de problèmes…) et il n’y a de l’électricité qu’entre 12h et 14h et 18h et 20h, mais avoir un tel niveau de confort au milieu de la jungle, c’est franchement royal. En plus, les repas concoctés par le cuisinier sont bons. Par contre, il vaut mieux avoir fait avec le plein de bombes anti-moustiques car c’est gazage obligé toutes les 2 heures…

Petit plaisir local avant d’aller se coucher : s’amuser à débusquer… les mygales ! Elles sortent à la nuit tombée des troncs des palmiers autour des lodges pour attendre patiemment leurs proies. Le but du jeu est de trouver la plus grosse…

Au deuxième jour, nous partons en randonnée de 3 heures pour aller observer des nids de perroquets. La sensation de marcher au milieu de cet environnement luxuriant constamment agité et bruyant est vraiment unique. En chemin, une vague de singes nous survole. Ils s’arrêtent quelques instants pour nous regarder. Maîtres de l’étage supérieur, ils doivent nous prendre pour des bêtes curieuses, vu d’en haut.

Quand nous arrivons aux nids de perroquets, malheureusement il n’y a aucun perroquet à l’horizon. C’est rare, mais ça arrive… Eber nous propose de revenir en fin d’après-midi mais en faisant cette fois-ci le trajet en pirogue.

Le retour au lodge se fait en mode famille Robinson. Avec Eber, nous assemblons un radeau avec quelques rondins et de la ficelle. Puis nous descendons tranquillement le fleuve, portés par le courant. Les enfants en redemandent !

De retour aux nids de perroquets en fin d’après-midi, nous attendons patiemment leur retour, juchés dans une haute tour d’observation. Des couples de perroquets verts et quelques couples de magnifiques aras rouges et verts rejoignent peu à peu leur nid avant le coucher du soleil. 

Après dîner, nous repartons pour notre nouveau sport favori : débusquer les mygales. Mais cette fois-ci, nous poussons un peu plus loin pour nous enfoncer pendant une vingtaine de minutes dans la jungle à la lampe torche. Les enfants ne sont pas très rassurés, mais l’expérience est à vivre. Même la nuit, la vie foisonne : fourmis, araignées, geckos, et des bruissements dans les feuilles… Les cris d’oiseaux sont constants, la jungle n’est jamais silencieuse. L’ouïe est mise à contribution et les bruits de la jungle nous entourent littéralement.

Le lendemain, nous quittons la jungle afin de  basculer dans l’autre partie de la forêt : la pampa. Nous avons choisi de passer un peu plus de temps dans la pampa car les chances de voir des animaux sont plus grandes.

Une heure de pirogue et 2h30 de route/piste plus tard, nous découvrons un tout autre environnement. Les marécages dominent, d’autant qu’en cette période de l’année la zone est majoritairement sous les eaux. 

Le nouveau lodge est encore à une quinzaine de minutes de pirogue. A peine montés dans le bateau, nous sommes accueillis par des dauphins roses d’Amazonie. 

Une fois de plus, la chambre et le cuistot du lodge sont au top.

Nous retournons voir les dauphins l’après-midi pour nous baigner avec eux. L’eau, couleur jus de chaussette, n’inspire pas spécialement confiance, sachant que des caïmans et des piranhas vivent dans ces eaux… Eber nous rassure : les dauphins mangent les piranhas et attaquent les caïmans trop aventureux. En d’autres termes, là où il y a des dauphins, il n’y a ni caïmans ni piranhas, à cette nuance près qu’il faut que les dauphins soient suffisamment nombreux. Nous attendons donc le feu vert d’Eber avant de nous jeter à l’eau car nous n’avons pas envie de faire un remake de piranha 3D…

Les dauphins ne se montrent pas très joueurs, mais parfois l’un d’entre eux ose s’approcher et vient tapoter les pieds avec son bec.

Le reste de l’après-midi est consacré à un petit atelier d’artisanat 100 % naturel. Véronique et Sarah confectionnent chacune une bague en écorce de noix de coco tandis qu’Eber réalise un superbe collier pour Thomas avec du fil de pêche, des graines et une authentique dent de caïman.

La région est moins propice à la marche du fait de la montée des eaux saisonnière. L’essentiel se fait donc en pirogue et les déambulations dans cet immense labyrinthe marécageux sont vraiment très agréables. Nous y passons toute la matinée du lendemain. Les oiseaux foisonnent, les tortues se dorent la pilule et les singes s’approchent parfois très près pour venir manger les insectes cachés dans le bateau ! En revanche, les caïmans sont plus difficiles à débusquer et se confondent facilement avec des branches.

Encore une fois, nous ne sommes ni au zoo, ni au cirque, la nature se révèle quand elle le décide. La plupart du temps, c’est Eber qui nous indique où diriger notre regard. Il est capable de repérer les animaux de très loin et d’imiter pas mal de cris.

Nous ne résistons pas à une nouvelle nage avec les dauphins l’après-midi, avant d’aller tenter de pêcher leur mets préféré. Armés d’un fil de pêche et de bouts de viande en guise d’appâts, bottes aux pieds, nous nous lançons en effet dans la pêche aux piranhas. Bon, elle ne sera pas très fructueuse, seul Eber parvient à en remonter un. En cette saison, ils sont extrêmement difficiles à pêcher, même pour les locaux. Lorsque nous remontons la ligne, le bout de viande a bien souvent disparu… Les filles arrivent tout de même à prendre quelques poissons-chats, ce qui n’est pas pour leur déplaire !

Après l’expérience dans la jungle, nous avons pris goût aux sorties nocturnes. Cette fois-ci, pas pour débusquer les mygales mais les caïmans !

Nous naviguons à la lampe torche pour les repérer dans la nuit ; leurs yeux reflètent la lumière comme deux billes oranges. Nous accostons pour marcher un peu et observer des bébés caïmans et surprenons même un petit troupeau de capybaras. La navigation de nuit, à la lueur des étoiles et au chant des grenouilles, est tellement plaisante.

Déjà notre dernier jour… Juste le temps de faire une dernière balade sur terre, sous un soleil de plomb, pour aller voir les capybaras. Ils ne manquent pas mais sont très agiles pour se dissimuler dans les hautes herbes ou dans l’eau. Les nombreux oiseaux font toujours le spectacle.

Bilan de cette escapade de 5 jours : une magnifique expérience qui a semé une petite graine, celle de l’envie d’y retourner dans cette forêt amazonienne…

Le retour à Rurrenabaque n’est pas déplaisant pour autant puisque nous reprenons nos quartiers dans notre bel hôtel avec piscine. L’occasion de se reposer et même de se refaire une petite beauté chez le coiffeur pour les garçons avant de reprendre l’avion pour La Paz !

Prochaine étape : Le temple du soleil…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Chambre pour 4 personnes, a Rurrenabaque
Hotel Maya de la amazonia
Hôtel très sympa pour se reposer avant ou après un tour en Amazonie. Surtout pour la piscine !
Tarif négociable pour la chambre familiale, surtout que l’hôtel était quasi vide…
+591 72191675

Agence de voyage pour découvrir la pampa et la selva : Mashaquipe
Ils ne font que de petits groupes (nous avions un guide pour nous tout seuls, et certains couples étaient également seuls.). Les guides sont tous des locaux qui connaissent parfaitement leur sujet et qui font tout pour vous satisfaire. Les logements sont la propriété de Mashaquipe, aucune sous-traitance, cela garantit la qualité.
Vous pouvez partir avec eux les yeux fermés !
http://www.mashaquipe.com/

Restaurants à Rurrenabaque :
– El Juliano, propose un menu assez varié avec du poisson, viande, pâtes…
– Boulangerie « Panaderia Paris »