#07 Scotchés devant le Périto Moreno

Nous poursuivons notre chassé-croisé entre le Chili et l’Argentine et repassons la frontière côté argentin pour rejoindre la ville d’El Calafate. C’est une petite ville très agréable bordée d’une jolie lagune accueillant des flamants roses et de nombreuses autres espèces d’oiseaux. Une petite réserve naturelle protège une partie de la lagune. Il fait bon vivre ici : de jolis rayons de soleil réchauffent le visage à notre arrivée, cela fait du bien de retirer coupe-vent et doudoune.

El Calafate est la porte d’entrée du parc national des glaciers et sert de point de départ pour se rendre à l’un des plus beaux d’entre eux : le Perito Moreno, situé à près de 80 kilomètres de là.

Le musée de la ville, le glaciarium, est intéressant à faire avant d’aller voir le glacier. Un petit film montre le phénomène cyclique exceptionnel auquel se livre le Perito Moreno : périodiquement, son front avance sur le lac Argentino jusqu’à atteindre la rive opposée et former un barrage naturel séparant le lac en deux. Le niveau des eaux monte, érode la glace et finit par faire rompre le barrage. L’effondrement, très spectaculaire, se répète en moyenne tous les 4 ans.

Nous avons déjà vu quelques beaux spécimens de glaciers mais celui-ci les surpasse tous en taille avec ses 30 kilomètres de long et sa paroi de glace pouvant atteindre jusqu’à 70 mètres de haut. Un système de passerelles très bien aménagé permet de le contempler sous plusieurs angles car il est tellement gigantesque qu’il ne révèle pas toutes ses faces en un seul regard (il faut dire qu’il fait 5 kilomètres de front…).

La découverte du glacier par le bas est impressionnante : c’est une véritable muraille coiffée d’une forêt de pics de glace qui se dresse devant nous. Il a rejoint la rive opposée du lac mais le barrage n’est pas encore formé. L’effondrement cyclique aura peut-être lieu l’année prochaine…

Néanmoins, sa carcasse se tord, craque et perd régulièrement des morceaux dans un grondement de tonnerre. Assister à la chute d’un bloc de glace venant se fracasser dans les eaux en contrebas est un spectacle devant lequel nous aurions pu passer notre journée. Guetter les craquements annonciateurs devient un véritable jeu pour ne pas manquer une prochaine chute.

Et encore, le glacier ne nous avait pas révélé toute sa splendeur : nous étions sur le point de partir lorsque le soleil a percé les nuages et a illuminé la glace. Résultat, nous sommes restés une heure de plus… C’était bien calme dans le taxi sur le chemin du retour, nous avons tous piqué un petit roupillon !

LE SAVIEZ VOUS?
La couleur du glacier dépend du nombre de bulles d’air emprisonnées dans la glace. En effet, dès qu’un rayon de soleil entre dans une des bulles, une partie de la lumière est réfléchie (lumière composée de toutes les couleurs de l’arc en ciel qui, réunies, donnent la couleur blanche). Les jeunes glaciers, formés à partir de couches de neige compressées et riches en bulles d’air nous apparaissent blancs. En revanche, à cause de la pression, les glaciers anciens perdent leurs bulles. Une partie seulement de la lumière est alors réfléchie, en particulier les longueurs d’ondes bleues. (rayons de courte longueur d’onde). Plus la glace est compacte et plus la couleur azurée des crevasses est intense et brillante.
Lorsque le glacier fond et que des icebergs se détachent, ils entraînent dans leur chute de la « farine glaciaire » (sorte d’argile) provenant de l’érosion du lit du glacier. C’est ce qui donne aux lacs une couleur grise un peu laiteuse.

Malgré la pluie qui s’installe le lendemain, nous décidons de prolonger d’une journée de plus à El Calafate, et réservons un bus le sur-lendemain. Une journée off pour dormir, faire plein de devoirs d’école, regarder des dessins animés, trier les photos.

Prochaine étape : La montagne qui fume…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Logement pour 4 personnes, nous avons opté pour une auberge de jeunesse, en privatisant une chambre de 4. Petit dej inclus, le prix est imbattable. C’est propre et en plein centre. « Calafate hostel », réservé sur booking.

Pour se rendre au musée Glaciarium, il existe une navette gratuite qui part toutes les heures à partir de 11h, dans la rue 1° de Mayo près du « secretariat Turismo Santa Cruz ».

Pour se rendre au Périto Moreno, il y a le choix entre les navettes de bus (en général à 9h puis 14h) et un taxi privé. A 4, un taxi privé est tout aussi intéressant, et cela nous a surtout permis de choisir nos horaires (et une amplitude horaire bien plus large).
Taxi Remis. Maria : +54 9 2966 464247

Avec du soleil, nous serions facilement restés un ou deux jours de plus pour faire la randonnée au « Cerro Cristal ». Il parait qu’elle est très belle.

Restaurants :
– Le Mako (resto, pas le bar du même nom). Excellente viande, asados… et du bon vin. On s’est fait plaisir ! (90€ à 4).
– La Fonda del Parillero : pour manger des empenadas et sandwichs pas trop cher.
– Viva la pepa. Crêperie fort sympathique. (par contre ne pas s’attendre à avoir une crêpe bretonne dans l’assiette!).