Filandia et la vallée de cocora, la vie tout en couleur

Ah la Colombie, grand pays producteur de ce psychotrope en poudre aux effets stimulants et énergisants pour des millions d’accrocs dépendants de leur dose quotidienne. Vous voyez de quoi nous parlons ? Le café bien sûr ! Bien que nous n’en soyons pas du tout amateurs, c’est par la région caféière que nous débutons notre périple colombien. Nous la rejoignons après un long, très long trajet en bus de nuit depuis Bogotá, sur des routes bien sinueuses et parsemées de ponts en construction. Et ce n’est qu’un second bus qui nous dépose enfin à notre point de chute : le village de Filandia.

Nous nous arrêtons chez Gus, un colombien émigré pendant 12 ans en Floride, revenu au pays pour passer sa retraite à Filandia. Un peu à l’écart du village, nous profitons d’une petite maison rien que pour nous avec salon, salle à manger, grande cuisine et jardin.

Le climat étant particulièrement humide dans la région et la météo plus qu’incertaine, la saison des pluies débute à peine, nous préférons consacrer la journée du lendemain de notre arrivée au lieu incontournable de la région caféière : la vallée de Cocora. La visite de Filandia attendra un peu. Nous misons sur un départ matinal afin d’éviter autant que possible les pluies plus fréquentes l’après-midi. En principe, les départs en transport public de Filandia démarrent assez tôt mais la faible fréquentation touristique a considérablement réduit la fréquence. Nous sommes contraints de passer par les services d’un transport privé pour partir à l’heure souhaitée. Le prix est plus élevé mais le véhicule reste le même. Ici, les trajets s’effectuent en jeep Willy’s !

Après avoir été déposés au village de Salento, une deuxième jeep Willy’s nous amène jusqu’à l’entrée de la vallée. Un drapé de collines verdoyantes piquées de longues perches chevelues se déploie devant nous : la vallée de Cocora.

Nous prenons sans attendre le sentier de randonnée pour nous enfoncer dans la vallée, curieux de voir d’un peu plus près ces grandes tiges dressées comme pour défier les nuages. Ces chandelles géantes sont des palmiers à cire, une essence endémique de Colombie qui pousse entre 2 500 et 3 000 mètres d’altitude. Un palmier de montagne capable de s’élever jusqu’à 70 m et vivre plusieurs centaines d’années !

Nous avons bien fait de ne pas trop tarder, la brume enveloppe bientôt la vallée, ne laissant plus distinguer que quelques longues silhouettes échevelées.

LE SAVIEZ VOUS ?
Le Céroxyle de Quindio, ou palmier à cire, est la plus grande espèce de palmiers du monde. Elle ne pousse que dans les cordillères andines colombiennes entre 2 500 et 3 000 mètres d’altitude. La cire du tronc du palmier était utilisée par les habitants pour fabriquer des bougies. Menacé d’extinction, le palmier à cire est protégé par l’Etat colombien depuis 1985, date à laquelle il a également été proclamé officiellement arbre national du pays.

La randonnée se poursuit le long d’une forêt de montagne dont les arbres nous paraissent tout aussi gigantesques que les palmiers à cire. Les champignons qui y poussent ressemblent étrangement à l’île mystérieuse de Tintin où tout grandit démesurément…

En poursuivant un peu plus haut, la maison des colibris accueille les randonneurs avec un veŕre d’agua de panela, une boisson chaude dérivée du jus de canne à sucre. On peut le siroter tranquillement en regardant les colibris, peu farouches, venus laper le nectar laissé à leur intention. L’un d’entre eux semble avoir été croisé avec un quetzal !

La dernière partie du sentier dans la forêt tropicale humide est particulièrement fun : chemin inondé, boue, ponts suspendus à la fiabilité douteuse, tous les ingrédients d’une bonne randonnée qui nous manquaient terriblement au Costa Rica. Typiquement le genre de chemin sur lequel on pourrait se maudire d’être là, et pourtant c’est avec un grand sourire que nous poursuivons la journée. Quant aux enfants, plus il y a de boue, plus ça les amuse de randonner ! Pas une seule plainte ne sort de leur bouche de tout le parcours, trop contents de jouer les aventuriers.

Les nouvelles chaussures des enfants sont désormais proprement baptisées, testées et approuvées pour la suite du voyage !

C’est par une journée ensoleillée le lendemain que nous découvrons véritablement Filandia. Nous prenons le petit-déjeuner dans le centre-ville en compagnie de Gus, qui nous emmène à bord de sa superbe Renault 9, visiblement un modèle phare de la marque française en Colombie étant donné le nombre toujours en circulation !

Installés en terrasse, nous profitons de l’ambiance paisible de la place principale avant de déambuler dans les belles rues colorées.

Chaque maison se fait un devoir de peindre murs, portes et balcons pour apporter sa touche à la palette de couleurs du village. Difficile de ne pas succomber au charme de Filandia sous un si beau soleil.

Une haute tour en bois de 3 étages a été construite sur les hauteurs du village pour admirer le panorama à 360° sur toute la vallée. Filandia, une petite perle polychrome dans un écrin de verdure.

Nous ne pouvions espérer plus joli cadre pour l’événement spécial du jour : le 11ème anniversaire de Sarah, son deuxième durant le voyage. Le premier avait été fêté en plein confinement au Pérou, à Cabanaconde, avec des gâteaux et des cadeaux improvisés. Pour ce deuxième, qui n’était pas prévu à l’étranger, nous nous sommes promis de faire mieux. Une petite surprise attend Sarah dans un restaurant de Filandia pour marquer dignement l’événement. Il ne manquait que les copines !

Sarah a été gâtée, nous le sommes moins le lendemain pour la visite de Salento, aux portes de la vallée de Cocora. Une pluie battante délave les rues colorées du village toute la matinée…

En attendant une accalmie, nous nous réfugions dans l’un des établissements où se pratique le Tejo, un jeu traditionnel colombien. Une sorte de pétanque à la colombienne, donc… explosive ! Le principe est simple : on lance le « tejo », un palet en métal, sur une cible située à quelques mètres. La cible, recouverte d’une couche d’argile, comprend en son centre un anneau en métal sur lequel sont disposées des petits paquets triangulaires, les « mechas », remplis de poudre. Si l’on parvient à frapper les « mechas » avec le « tejo », l’impact fait exploser la poudre comme un gros pétard. On n’a plus d’oreilles mais on a un point ! D’ailleurs, nous nous demandons si ce n’est pas plus à cause du cri de Thomas que des explosions, car nous n’avions pas prévenu les enfants du concept du jeu. Effet de surprise garanti !

En principe, lorsque l’on joue au Tejo, la bière coule à flots. Nous jouons évidemment à la variante en famille.

La pluie ne faiblit toujours pas. Après le Tejo, nous nous abritons dans un restaurant pour attendre la fin du déluge. Bonne pioche, il a quelques jeux à disposition pour passer le temps.

Lorsqu’une fenêtre météo s’ouvre enfin, nous sortons vite profiter des couleurs de Salento. Tout comme à Filandia, les habitants ont décoré leurs murs, portes et fenêtres de motifs multicolores du plus bel effet, assurant au village sa place parmi les plus beaux de Colombie.

Notre préférence penche toutefois vers Filandia, à l’ambiance moins touristique et plus authentique, surtout en ce début de semaine sainte. Les colombiens profitent en nombre de la première semaine fériée depuis le confinement du pays l’année dernière. La petite rue grimpant vers le mirador du village draine une foule que nous n’avions pas vu depuis bien longtemps. Un escalier de 250 marches conduit jusqu’à un beau point de vue sur la vallée et le village.

Salento a néanmoins l’avantage d’être bien animé avec ses vendeurs de souvenirs, de fruits, et d’arepas, les galettes de maïs dont les colombiens raffolent (nous nettement moins). Et surtout d’être le seul point de départ en jeep Willy’s vers la vallée de Cocora.

Avec l’accueil de Gus, les villages colorés, les voyages à l’arrière des jeeps Willy’s, la superbe vallée de Cocora, nous goûtons aux premières saveurs de la Colombie. Les arômes colombiens nous plaisent, vifs et relevés. Et surtout, ils prolongent agréablement le goût du voyage…

Prochaine étape : Silence, ça pousse !

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Maison pour 4-5 personnes, à Filandia
Une jolie petite maison, un peu à l’écart de Filandia (mois de 10 min à pied et Gus, toujours serviable, vous emmène dès que vous le voulez en voiture) au calme et parmi les colibris.
Chez Gus , +57 320 5237226

3 réflexions sur “Filandia et la vallée de cocora, la vie tout en couleur

  1. Coraline dit :

    Je ne commente pas souvent mais je lis vos récits avec assiduité! Merci de me régaler avec vos histoires et vos photos 📷. J’ai pour projet de partir en TDM avec ma famille au plus tard dans 5ans. Alor vos expériences et bons plans sont précieux. Bonne continuation

    J'aime

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