Sarapiqui, le paradis des grenouilles

Un cours de biologie grandeur nature. Pour les enfants, le Costa Rica vaut bien toutes les leçons de sciences naturelles à l’école. Grâce à un petit guide des animaux offert par le loueur de voitures que les enfants ont potassé durant les longs trajets sur la route et les visites des parcs, ils sont désormais capables de reconnaître les différentes espèces de toucans, de distinguer les types de paresseux et de nommer les grenouilles par leur petit nom scientifique. Leur formation de biologistes en herbe se poursuit au village de Horquetas dans la région de Sarapiqui, réputée pour la diversité de ses batraciens. Dès notre arrivée, ce n’est rien de moins que le paradis des grenouilles qui nous attend.

Nous espérons pouvoir y observer le tiercé gagnant des grenouilles stars du Costa Rica : la dendrobate, la blue jeans et l’incontournable rainette aux yeux rouges.

Le paradis des grenouilles a son créateur : José, un passionné qui a transformé son terrain privé en petit refuge pour batraciens. Sans forcer la nature, il veille à préserver les meilleures conditions possibles pour le développement et la reproduction des grenouilles qu’il connaît très bien. Son pari est réussi, en scrutant patiemment avec lui les petits recoins, on finit par tomber sur le tiercé gagnant !

LE SAVIEZ VOUS ?
Les grenouilles dendrobates (qui signifie « grimpent aux arbres) constituent une famille de grenouilles venimeuses. Les scientifiques pensent que leur venin provient de leur alimentation, car si elles sont élevées en captivité, elles perdent cette compétence. Elles mangent des insectes, tels que des fourmis au puissant venin ou des moustiques, dont elles récupèrent la toxicité. Elles transpirent ensuite ce venin, notamment lorsqu’elles sont en état de stress. Il vaut donc mieux éviter de les toucher… Certaines tribus amazoniennes utilisent leurs toxines pour empoisonner leurs flèches.

José ne destine pas son paradis qu’aux grenouilles, il essaie également d’attirer d’autres animaux pour le futur. Il accueille déjà un couple de colibris en attendant d’autres espèces.

Il vient également d’installer un vivarium avec quelques spécimens de serpents, dont un beau boa constrictor. Avec ce vivarium, José a l’ambition de sensibiliser les visiteurs, en particulier les jeunes générations sur l’importance des serpents dans l’écosystème et de tenter de faire abandonner le réflexe bien ancré de les tuer systématiquement. Forcément, ils n’inspirent pas la même affection que les sympathiques petites grenouilles…

Pour profiter de la faune de la région de Sarapiqui, nous changeons de stratégie : nous choisissons de ne pas visiter de parc naturel mais de nous installer dans un hôtel au cœur de la forêt. Au Mirador Prendas, difficile de faire plus au cœur. Rien que l’accès est une petite expédition en mode 4×4, même si heureusement des ponts suspendus un peu brinquebalants ont été construits pour éviter de traverser la rivière à gué. La voie unique nécessite toutefois de passer le pont à pied pour faire la circulation soi-même.

L’hôtel Mirador est une curiosité en soi. Construit entièrement en bois, l’édifice aux allures de forteresse s’élève sur deux immenses étages. Le bâtiment, calibré pour recevoir une armée de touristes, est actuellement déserté. Nous avons les lieux pour nous tout seuls.

Il n’y a pas à dire, des hôtels comme celui ci sont probablement pris d’assaut en temps normal. Pouvoir y réserver du jour au lendemain, à un tarif négocié, est un luxe en cette période de pandémie. Il faut bien y trouver un avantage ! Nous avons rarement l’occasion de séjourner dans un lieu aussi beau. Les murs sont joliment peints, de la chambre… aux toilettes !

Les enfants ont à leur disposition toutes les installations : salle de hamacs, salle de jeux avec une chouette collection de petites voitures, et les terrasses donnant sur la forêt qui nous encercle.

L’écrin naturel dans lequel est posé le Mirador nous suffit amplement. Les animaux sont tout autour, sans qu’il soit nécessaire d’aller très loin, mais toujours de préférence tôt le matin.

Au pire, ce sont eux qui viennent jusqu’à nous. L’hôtel est situé dans un corridor de passage des singes hurleurs et voit régulièrement défiler des troupes entières. L’une d’elle traverse devant nous à quelques mètres des terrasses, sans trop se soucier d’avoir des observateurs.

L’arrivée de la pluie, en trombes, transforme notre séjour en une petite retraite au vert loin d’être désagréable, isolés mais au calme dans notre immense forteresse. Fort heureusement, l’hôtel Mirador propose une formule en pension complète. Nous ne nous voyons pas parcourir les 30 minutes de 4×4 sous la pluie et dans la boue (bien glissante) pour revenir au village juste pour aller faire des courses dans une minuscule tienda qui risque fortement de n’avoir que du riz et des pâtes à proposer…

Après notre petite retraite au Mirador, le retour au village nous plonge brutalement dans l’animation du week-end. Un moment privilégié des ticos pour les pique-niques et barbecues en famille sur les berges de la rivière, musique à plein volume.

Nous cédons à la tradition en nous arrêtant déguster une grillade auprès d’un vendeur ambulant qui a transformé l’arrière de son pick-up en stand de nourriture. C’est également l’occasion de découvrir le chileguaro, sûrement le shot le plus célèbre du Costa Rica : similaire à un Bloody Mary, avec du Guaro (dérivé de la canne à sucre) à la place de la vodka. Les versions varient mais les ingrédients que l’on retrouve à chaque fois sont le jus de tomate, le citron vert, la sauce piquante, du guaro et parfois un peu de sauce salsa !

Nous sommes revenus au village pour prolonger un peu l’expérience du paradis des grenouilles avec José. Il nous a proposés de venir loger juste à côté de chez lui, dans une des deux petites cabañas qu’il a fait construire un mois avant la pandémie. A l’époque, il était sur le point de lancer son deuxième projet : le trogon lodge, une sorte de paradis des amateurs d’oiseaux. Il a aménagé la terrasse de son logement en point d’observation pour les oiseaux de passage, particulièrement les toucans, et dans un avenir proche les colibris. Il dispose également d’une petite parcelle de forêt pour camper et observer les grenouilles. Attention ici, José ne se débarrasse pas des araignées, elles chassent les moustiques. Arachnophobes s’abstenir, elles cernent tous les bâtiments ! Son objectif à long terme est de proposer un lieu proche de la capitale San José qui réunira un condensé des animaux du Costa Rica : paresseux, grenouilles, toucans et colibris. Un projet « éco-touristique » qu’il construit pour l’instant petit à petit, mais bien parti pour réussir.

Cette petite prolongation chez José s’est avérée bienvenue pour partager un peu plus qu’un tour. Une occasion sympathique de le connaître au-delà de sa passion pour la nature. Ce serait tout de même dommage, à force de chercher les animaux, de passer à côté des gens. Pour cela, il faut toujours prendre un peu plus son temps.

Prochaine étape : Microcosmos…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Hotel Mirados Prendas Sarapiqui
http://www.miradorprendas.com
+506 2200 3287

Frog Heaven , José Solís
https://frogsheaven.org/
+506 8891 8589
Trogon’s birding lodge
https://goo.gl/maps/sB1YhU8GZ7HyRKYU7

2 réflexions sur “Sarapiqui, le paradis des grenouilles

  1. Jp dit :

    Whaou ces couleurs que se soit les grenouilles ou les oiseaux!
    Avez vous commencé votre livre de voyage et songé aux émissions pour témoigner sur un plus large public🤔 ? Le couple Poussin l’a bien fait😉

    Aimé par 3 personnes

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