La Fortuna, à la recherche de la « pura vida »

Bienvenue au pays de la « pura vida » ! Sur ses affiches, le Costa Rica se targue de vivre au rythme de la « pura vida », que l’on pourrait tenter de traduire par « la vie à l’état pur ». « Pura vida » ne se retrouve pas seulement écrit partout, il ponctue toutes les phrases prononcées, pour tout et n’importe quoi. On se lave les mains ? Pura vida. On met du gel hydroalcoolique? Pura vida. Il faut payer ? Pura vida. Il y a des bouchons sur la route? Pura vida. Les ticos emploient cette expression pour dire bonjour, pour dire au revoir, pour dire que tout est formidable, pour dire que tout est cool… A mi-chemin entre le slogan marketing un peu plaqué et le pseudo style de vie, nous avouons avoir un peu de mal à déterminer à quoi correspond vraiment le concept. Ce qui est sûr, c’est qu’au bout d’un moment, la répétition devient franchement agaçante, surtout face à la réalité du pays. Les ticos sont certes plutôt cools, mais nous avons chaque jour un peu plus l’impression que, pour profiter des richesses du pays, la « pura vida » se vit surtout avec les poches pleines de dollars…

Notre arrivée à la ville de la Fortuna ne va pas vraiment démentir cette impression. Nous entrons dans l’un des lieux les plus touristiques du pays. Tyroliennes, saut de tarzan, ponts suspendus, thermes luxueux… La Fortuna est « the place to be » pour les américains dès qu’ils débarquent au Costa Rica. L’effet « pandémie » nous avait habitué à pouvoir réserver le logement la veille pour le lendemain, si ce n’est le jour même. Pour la première fois depuis bien longtemps, notre technique du débarquement impromptu se heurte à un hôtel complet. Au Xilopalo, pas de chambre disponible avant le lendemain. Tant pis, nous trouverons un autre hébergement pour les prochains jours. Alors que nous sommes sur le point de repartir, un membre du personnel propose aux enfants de vite monter à la salle à manger commune : des toucans sont venus picorer quelques bananes à quelques mètres des tables. Bon, finalement, nous allons nous installer ici à partir de demain… Nous avons un bon feeling avec cet hôtel, en lisière de forêt. Nous ne pouvions guère être mieux accueillis.

En attendant, nous passons la première nuit dans un autre hôtel plutôt cosy, avec petite piscine et vue sur l’Arenal, le volcan actif pour l’instant endormi de la région. Son cône presque parfait, bien qu’il soit régulièrement masqué par la brume en son sommet, ne laisse pas indifférent.

LE SAVIEZ VOUS ?

Géologiquement, le volcan Arenal est considéré comme le plus jeune volcan du Costa Rica? Son âge est estimé à moins de 7500 ans. Pendant des siècles, il était une montagne volcanique au cône presque parfait, couvert de forêt tropicale, considéré par beaucoup comme éteint. Toutefois, vers environ 07h30, le lundi 29 Juillet 1968, le volcan Arenal ensommeillé s’est soudainement réveillé et a violemment éclaté avec une formidable explosion. De très fortes éruptions se sont poursuivies sans relâche pendant plusieurs jours, enterrant plus de 15 kilomètres carrés avec des roches, de la lave et des cendres. Quand elles se sont enfin calmées, les éruptions avaient tué 87 personnes et détruit trois petits villages.
Pendant 42 ans, le volcan Arenal était le volcan le plus actif du Costa Rica avec des coulées de lave et des explosions pyroclastiques qui lançaient d’énormes rochers et des nuages de cendres en forme de chou-fleur dans les airs. Les explosions étaient souvent accompagnées de forts grondements, qui réveillaient les touristes la nuit. Les dernières grandes explosions se sont produites en 2001, 2007, 2008, 2009, et 2010. Aucune, cependant, de l’envergure de celle de 1968.
Depuis 2010, le volcan Arenal est entré dans une phase de repos avec très peu d’activité, un processus qui est naturel pour les volcans actifs.

On ne vient pas à La Fortuna pour son architecture, sans intérêt, mais pour le cadre naturel aux portes de la ville. L’Arenal, bien sûr, qui domine fièrement la vallée, et la forêt, omniprésente, qui s’étend à perte de vue. Un grand parc situé à quelques kilomètres de la ville permet de se promener au niveau de la canopée en passant par un réseau de ponts suspendus, comme à Monteverde.

Tous les dégradés de vert sont ici. Feuilles, fougères, herbes, mousses… la promenade est très plaisante. C’est toujours aussi apaisant de se retrouver au niveau de la cime des arbres, comme si nous étions des oiseaux.

Les ponts se balancent un peu plus et la forêt est un peu plus dense et variée, mais les sensations restent sensiblement les mêmes qu’à Monteverde. Si c’était à refaire, nous n’en aurions fait qu’un des deux et privilégié celui de La Fortuna, notamment pour ses jolis points de vue sur le volcan Arenal.

Nous ne regrettons pas d’être revenus prendre nos quartiers à l’hôtel Xilopalo pour le reste du séjour. Les conditions pour faire école sont particulièrement agréables…

…et les voisins toujours aussi charmants ! Il vaut toutefois mieux se lever tôt pour les observer. Cela tombe bien, Véronique est très matinale quand il s’agit de pouvoir sortir son appareil photo.

Il n’empêche que dans notre palmarès des animaux du Costa Rica, il nous en manque toujours un, et pas le moindre. L’emblématique paresseux, que nous pensions croiser un peu partout, nous échappe depuis maintenant près de 3 semaines ! Alors à La Fortuna, nous tentons le tout pour le tout : un tour de nuit dans un parc qui garantit à 100 % de voir l’animal. Certes, ça sonne un peu attrape-touristes, mais comme une douzaine de spécimens se répartissent sur un espace assez limité, le guide a une bonne chance de tomber dessus. Ce tour n’a rien à voir avec celui de Monteverde. L’ambiance est plaisante et on déambule dans le parc à la recherche d’animaux. Au final, il est effectivement parvenu à trouver plusieurs paresseux, mais très haut et bien roulés en boule, difficiles à repérer sans télescope. Nous espérions tout de même les voir un peu plus distinctement…

Heureusement, nous profitons d’autres animaux d’un peu plus près et notamment nos premiers batraciens dont la célèbre rainette aux yeux rouges, ou encore la petite dendrobate fraise dont les pattes bleues lui valent le surnom de grenouille « blue jeans ».

Bon, le 100 % garanti pour les paresseux nous laisse un peu perplexes et surtout sur notre faim. Cependant, l’entrée que nous avons payée nous autorise à revenir dans le parc autant de fois que nous voulons, mais sans guide. Très bien, nous retenterons notre chance dès demain matin, tout seuls. Il parait qu’il faut être patient et persévérant pour voir les animaux dans leur habitat naturel. Et la patience, ça nous connait maintenant !

Le comble est que le lendemain matin, avant même de repartir pour le parc retenter notre chance, celle-ci nous sourit sur le parking de notre hôtel. Un paresseux s’est installé pendant la nuit dans l’un des arbres tout proches. Serait-ce de bonne augure pour notre nouvelle tentative dans le parc ? Surtout quand ce paresseux vous gratifie de son plus beau sourire.

De retour dans le parc, nous comptons sur la faible mobilité des paresseux pour les trouver. La veille, nous avons pointé sur le téléphone tous les endroits où le guide les a cherchés, il nous suffit désormais de refaire le circuit et d’ouvrir nos 8 yeux.

Le pari est le bon. A l’un des endroits ciblés, un paresseux est justement en train de changer de branche à quelques mètres du sol. Lentement, précautionneusement, il avance à son rythme, avec nonchalance et non sans une certaine élégance. En fait, c’est probablement lui qui incarne le mieux l’authentique « pura vida »…

LE SAVIEZ VOUS ?
Il existe 2 espèces de paresseux : le paresseux de Hoffman à 2 doigts, et le paresseux à gorge brune (célèbre pour son sourire). Selon un débat scientifique en cours, le paresseux de Hoffman appartiendrait plutôt à la famille des fourmiliers avec lesquels ils ont davantage en commun. La lenteur des paresseux provient de leur régime alimentaire à base de feuilles particulièrement longues à digérer. Ils ne descendent faire leurs besoins qu’une fois par semaine et se libèrent à cette occasion d’un tiers de leur poids. Ils ne dorment « que » une douzaine d’heures par jour mais restent inactifs près de 22 heures sur 24 ! Les voir en activité est donc une chance.

Quand on le regarde, on ne peut s’empêcher de repenser au personnage de Flash dans Zootopia. La scène de la rencontre prend désormais tout son sens pour nous !

Le superbe cône de l’Arenal se dressant à l’horizon ne pouvait que nous appeler à venir randonner sur ses flancs. Pour des marcheurs comme nous, difficile de résister. Et pourtant… Le fait de devoir payer, encore, et assez cher, pour une petite randonnée nous a découragés. A force, nous en sommes venus à systématiquement évaluer si cela en vaut vraiment la peine. Nous avons ainsi préféré rester sur l’extraordinaire expérience des volcans au Guatemala que payer pour une courte marche sur un champ de lave. C’est un peu triste, mais le Costa Rica est le premier pays où nous finissons par passer notre temps à raisonner en rapport qualité/prix. Et si l’on compare avec tout ce que nous avons fait auparavant, le rapport est loin d’être toujours en faveur du Costa Rica…

Malgré tout, il reste possible de profiter de chouettes endroits sans forcément se ruiner. La Fortuna est réputée pour ses sources chaudes, proximité du volcan oblige, et ses établissements thermaux assez luxueux. En continuant un peu plus loin sur la route, on peut remonter la rivière et y prendre un bain d’eau chaude tout à fait librement dans un cadre naturel très agréable.

Il existe également un établissement thermal peu onéreux où l’on peut profiter d’installations plus familiales bien connues des ticos. Ces derniers y viennent en général le week-end, pour se prélasser mais également pour y faire des barbecues ! On enchaîne les bassins chauffés à différentes températures (sauf celui à 50°…), on glisse sur les toboggans, et on sirote des cocktails.

Si c’est ça la « pura vida », ça nous va !

Prochaine étape : La princesse et les grenouilles…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Appartement pour 4 personnes, La fortuna : Arenal Xilopalo Hotel
Une fois encore, en choisissant bien son hôtel, il est possible de profiter des animaux du Costa Rica sans rien débourser. Ici, ce sont les oiseaux et avec un peu de chance, un paresseux !
arenalxilopalo@gmail.com
Whatsapp +506 8765 1000

Termalitas del Arenal
Mapsme : http://ge0.me/wkK34wRDVI/Termalitas_del_Arenal
4000c par personne

Termes naturelles gratuites
Mapsme : http://ge0.me/4kK34iLXAU/Free_Natural_Hot_Springs

3 réflexions sur “La Fortuna, à la recherche de la « pura vida »

  1. a md dit :

    merci pour ces superbes photos ! que de beaux oiseaux ! l’écureuil pris sur le vif est sympa aussi … et votre patience a été récompensée au niveau des paresseux !
    la pura vida coûte cher, d’après tous les voyageurs , c’est un pays où le tourisme est axé sur la nature et sa faune et où le niveau de vie est élevé .

    Aimé par 1 personne

  2. Catherine Lefevre dit :

    Ah ces paresseux, quel bonheur quand on a la chance d’en croiser un ! Je vous avais dit, notre slogan était « la Pura vida nos porte-monnaie » 🙂 comme vous, nous avons été obligés de faire des choix et cela a un peu gâché notre plaisir. Profitez bien, les photos sont toujours magnifiques. Gros bisous

    Aimé par 1 personne

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