Caño negro et chocolat noir

Le Costa Rica a beau être à peine plus grand que la Bourgogne Franche-Comté, certaines distances prennent parfois autant de temps qu’un Paris-Marseille ! Routes sinueuses, camions, travaux, embouteillages, ponts à une seule voie limitent la vitesse moyenne à 50 km/h, au mieux à 60. Il est préférable d’avoir des enfants cools en voiture, ou mieux, de faire une pause ludique dans un endroit sympathique. On nous a justement recommandé de faire halte au Tree Chocolate Tour, une petite plantation de cacao qui vaudrait le détour. Le maître des lieux Edouardo nous accueille pour une visite guidée qui va s’avérer chaud cacao !

Après notre atelier sur la confection du chocolat à Arequipa au Pérou, nous avons désormais l’occasion de remonter le cycle à sa source : le cacaoyer et ses guirlandes de cabosses.

Dans cette petite plantation à l’échelle artisanale, Edouardo lutte contre un ennemi redoutable : un minuscule champignon qui se développe naturellement sur le cacaoyer et fait pourrir les cabosses. Impossible d’y échapper, il faut surtout veiller à ne pas le laisser s’étendre, ce qui nécessite une attention de tous les jours.

Après la récolte, les cabosses sont ouvertes pour en récupérer les fèves. Celles-ci sont mises à fermenter quelques jours avant d’être séchées puis torréfiées. Ce n’est qu’à l’issue de ces étapes que les fèves de cacao sont broyées en une pâte très amère encore difficilement mangeable. Mais en y mélangeant beurre de cacao et sucre selon un savant dosage, la pâte devient le délicieux chocolat que nous connaissons (voir Arequipa).

La visite avec Edouardo ne se limite pas au cacao, il fait également profiter ses visiteurs de tout ce qui les entoure : noix de coco, bananes, fleurs exotiques, plantes médicinales, sans oublier la faune environnante.

Mais Edouardo se révèle surtout un sacré farceur. Il adore agrémenter le tour de petites blagues dont il a le secret. Méfiez-vous s’il vous fait goûter la feuille d’une plante réputée très prisée des indiens : elle vous anesthésie la langue pendant quelques minutes ! Ils s’en servaient pour enduire leurs flèches et endormir leurs proies. Et ne le croyez pas davantage quand il vous dit qu’une fourmi coupe-feuilles se porte très bien en boucle d’oreille. C’est une pince sans rire dont votre lobe se souviendra !

Edouardo a toujours une surprise en réserve : une balançoire cachée dans la forêt, une plante pour se peindre le visage, une noix de coco farceuse, un tonneau à rodéo… Bref, un arrêt mémorable pour les enfants avant de poursuivre la route.

Notre destination se situe un peu hors des sentiers battus. Littéralement… Il nous faut endurer plusieurs kilomètres de piste caillouteuse percée d’ornières avant d’atteindre enfin notre logement au ranch Santiago, situé aux portes de la réserve de Caño Negro. Le ranch est tenu par Léandro, un nicaraguayen tombé amoureux des lieux qui a tout quitté pour s’installer ici. Il dispose de bungalows au confort plutôt spartiate (et encore nous n’avons pas eu celui avec les murs en bouteilles…), mais dans un cadre très agréable.

Le jardin s’ouvre directement sur la rivière dans laquelle se prélassent… les caïmans ! La présence de ces sauriens juste au bout du jardin pourrait paraître inquiétante, mais on nous assure que cette espèce de caïmans n’attaque pas l’homme. En tous les cas, les locaux traversent la rivière à cheval ou s’y baignent apparemment sans problèmes.

Ils ont certes l’air plutôt paisibles du haut du ponton, mais de là à tenter la baignade…

La réserve naturelle de Caño Negro est une immense zone humide qui offre un refuge pour une grande diversité d’oiseaux aquatiques. Nous la parcourons avec Léandro qui propose des tours en bateau. Il ne compte pas son temps, nous passons la matinée entière à naviguer avec lui pour chercher les animaux, à plumes, à poils ou à écailles. Le paysage, entre mangrove et jungle, est de toute beauté.

Comme nous ne maîtrisons pas les noms scientifiques des oiseaux, certains d’entre eux ont été joliment rebaptisés par les enfants. Saurez-vous reconnaître le mini-pêcheur, le sèche-plumes ou long-cou, le maléfique chevelu, le rosette, ou encore le grand blanc ?

Les terres humides de Caño Negro nous auront révélé une biodiversité assez impressionnante, particulièrement pour les oiseaux. L’accès en bateau très plaisant donne beaucoup de charme à la réserve. Nettement moins touristiques mais aussi plus rustiques, les lieux appelaient, avec le recul, à prolonger encore un peu l’exploration. Nous devons cependant l’avouer, il nous a manqué le courage de passer une nuit supplémentaire dans un confort somme toute assez sommaire, même si nous avons fait bien pire… Le Costa Rica serait-il en train de nous ramollir ?

Prochaine étape : A la rencontre de Koulkoul et Molokoloch…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Tree Chocolate tour
+506 8629 5537
https://maps.app.goo.gl/Vue1ZacQHpwBy7pUA


Caño Negro, chez Leandro
ranch Santiago
+506 6456 7272
Mapsme : http://ge0.me/4kK9vhP1Gq/Bâtiment

Une réflexion sur “Caño negro et chocolat noir

  1. Mrs C. dit :

    Avec un titre pareil, vous pensez bien que je me suis dépêchée de me régaler de cet article.
    Les sauriens dans le fleuve m’ont rappelé la blague de la vieille dame qui va se baigner seule, tous les matins, dans une rivière infestée de crocodiles. sans être jamais croquée : « Mme Lacoste n’a rien à craindre »

    Aimé par 1 personne

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