San cristobal de las casas

Au sein des Etats-Unis mexicains, l’état du Chiapas n’est pas tout à fait comme les autres. Si l’on se risquait à une comparaison un peu caricaturale, il pourrait presque faire penser à la Corse, l’insularité en moins. Remplacez les indépendantistes par les zapatistes, le maquis par la jungle, et la revendication d’indépendance à l’égard de l’État français par une volonté d’autonomie à l’égard du gouvernement fédéral mexicain, vous aurez une petite idée de l’état d’esprit du Chiapas. L’EZLN, l’armée zapatiste de libération nationale, conserve un fort appui dans plusieurs régions et ses actions ont parfois amené les grandes compagnies de bus à éviter certains axes routiers pour raisons de sécurité. Le trajet de Palenque vers San Cristobal de Las Casas, notre prochaine étape, fait précisément partie de ces axes sur lesquels les compagnies prennent le soin de faire un grand détour de plusieurs heures afin d’éviter la région d’Ocosingo. Les petits collectivos, eux, n’hésitent pas à traverser la région. Nous voulions jouer la sécurité en prenant le détour, mais faute de sièges disponibles dans le seul bus de la journée, nous nous résignons à prendre un collectivo non sans une pointe d’appréhension… Hormis nos sacs sur le toit, nous pouvons espérer passer relativement discrètement, au milieu de la population locale.

Notre crainte n’était pas vraiment justifiée, pas l’ombre d’une cagoule sur notre trajet, la route défile sans accrocs et le changement de collectivo à Ocosingo pour rejoindre la ville de San Cristobal s’enchaîne parfaitement. Apparemment, les zapatistes ont pris leurs distances sociales depuis quelques temps. Cependant, même à San Cristobal, ils ne sont jamais très loin…

Cette identité si particulière du Chiapas explique peut-être qu’il soit le seul état du Mexique à apparaître en vert sur la carte régionale de suivi de l’évolution de la pandémie. Le gouverneur n’a pas dû oser le classer autrement, ce qui aurait signifié des restrictions de liberté et une réduction des activités économiques. Déjà que la population se montre particulièrement réticente à porter le masque… Peu importe la réalité supposée des indicateurs, visiter une ville qui semble vivre presque comme avant est une véritable bouffée d’air dans ce monde désormais masqué. Avec ses rues animées, ses terrasses ouvertes, ses musiciens de rue, ses flux incessants, San Cristobal vit, et ça fait du bien !

En dépit de sa croissance rapide et de son fort attrait touristique, San Cristobal n’a rien perdu de son charme. Explorer ses ruelles pavées, découvrir les fresques murales disséminées aux quatre coins de la ville, compter les vieilles coccinelles croisées au détour d’une rue, on se plaît à flâner sans but.

Avec toutes les figurines de La Catrina, les squelettes, les têtes de mort et les pinatas en vitrine un peu partout, l’ambiance était parfaite pour faire une séance du film d’animation « Coco » avec les enfants. Et très franchement, le redécouvrir au Mexique a eu une saveur toute particulière et nous a permis de relever des petits détails qui nous avaient échappés.

LE SAVIEZ VOUS ?
La Catrina, ce squelette de femme riche et élégante, est une figure très populaire de la culture mexicaine. Associée à la fête des morts, elle est en partie issue de la tradition européenne de représentation de la mort au Moyen-Age. La Catrina délivre le même message qu’au temps des épidémies de peste médiévales : l’égalité de tous devant la mort, quelle que soit sa condition sociale…

Pour la première fois, nous nous sommes laissés tenter par une visite guidée de la ville afin de ne rien manquer et d’en apprendre davantage sur son histoire. Au-delà de sa belle place principale, le zocalo, San Cristobal se découvre également à travers ses quartiers spécialisés, ses petits marchés, et sa vie culturelle très active. La visite est également l’occasion de donner rendez-vous à Valérie, Jérôme, et leur fils Charles, une famille française de passage au Mexique, afin de profiter de la ville ensemble. Et visiter une ville quand les enfants s’occupent avec d’autres enfants, c’est toujours plus facile !

San Cristobal a décidément tout pour nous plaire ; non seulement une boulangerie française et une fromagerie sont installées dans la rue juste à côté de notre logement, mais une charcuterie se cache également dans la rue piétonne un peu plus haut. Et devinez ce qui germe alors dans les papilles de français qui n’ont pas vu ça depuis plus d’un an… 

…Une bonne petite soirée dégustation bien franchouillarde !

A quelques kilomètres de San Cristobal, le petit village de San Juan de Chamula abrite une communauté indigène aux traditions bien ancrées. Les femmes de Chamula se reconnaissent par la robe traditionnelle noire en laine d’agneau. Les plus aisées portent les robes les plus épaisses (et les plus lourdes). Il y a 15 ans, nous avions souvenir d’un village minuscule rassemblé autour de son église, il s’est depuis largement étiré et développé.

Le village attire les curieux pour son église très pittoresque. D’extérieur, rien ne la différencie des autres, mais lorsque vous pénétrez à l’intérieur, vous n’êtes plus dans une église, vous entrez dans une autre dimension spirituelle. San Juan de Chamula a résisté à la christianisation franciscaine en créant un syncrétisme christiano-maya unique en son genre, toujours très actif.

Dans l’église, les bancs ont disparu pour laisser place à un tapis de branches de pin et de centaines de bougies posées à même le sol. Pas de prêtre ni de messe, les croyants viennent y vénérer et prier les saints catholiques selon des rituels que ne renierait pas un exorciste : la prière est agrémentée d’ingestion de soda afin d’expulser le mal en rôtant, voire d’un sacrifice de coq pour qu’il absorbe la maladie dont on veut se guérir. Les photos étant interdites dans l’église, il faut se rendre sur place pour ressentir l’atmosphère vraiment unique de ces lieux.

A l’entrée du village, le cimetière n’est pas non plus tout à fait ordinaire. Les monticules de terre ornés d’une croix blanche, verte ou noire, censée correspondre à l’âge du défunt, du plus jeune au plus âgé, entourent la première église du village abandonnée. 

Dans le village voisin de Zinacantán, l’église est plus traditionnelle mais décorée avec la spécialité locale : les fleurs. Les autels en sont littéralement recouverts. Le motif floral caractérise également les vêtements traditionnels des femmes comme des hommes ! Union parfaite des deux activités principales du village : l’horticulture et le tissage.

Nos derniers jours à San Cristobal sont également nos derniers au Mexique. Nous serions bien restés un peu plus longtemps explorer le Chiapas, maintenant que nous avons nos repères.

Nous avons cependant décidé de poursuivre notre route vers le voisin du sud : le Guatemala. Un test Covid est nécessaire pour y entrer, nous avons prévu de le faire à Comitan, la dernière grande ville avant la frontière.

Trop impatients de passer au Guatemala, nous ne faisons qu’un bref passage à Comitan, en dépit de ses lacs à visiter. Passer les frontières en temps de Covid implique toujours un stress. La crainte d’avoir un test positif, d’arriver dans un pays qui risque de reconfiner et/ou de refermer ses frontières fait désormais partie de la réalité du voyage. Une petite frayeur nous gagne lorsqu’une rumeur selon laquelle le Guatemala est sur le point de fermer ses frontières commence à circuler. A un jour près, nous pourrions ne pas passer. Dans le doute, nous tentons de faire un test à la Croix Rouge de San Cristobal pour traverser la frontière plus tôt, mais leurs stocks de tests sont épuisés. Il ne nous reste donc plus qu’à espérer que la rumeur est infondée et que les résultats des tests ne nous réservent pas une mauvaise surprise à Comitan…

Avec tout ça, nous en avons presque oublié que nous ne sommes qu’à quelques jours de Noël. Notre unique soirée à Comitan nous replonge dans l’ambiance, même si cette année le Père Noël porte un masque et les lutins prennent la température et désinfectent les mains des enfants sages…

Le lendemain matin, le laboratoire nous remet un cadeau de Noël en avance : notre sésame pour le Guatemala. Nos tests antigènes sont négatifs, nous filons vite vers la frontière !

Prochaine étape : Chic ! En bus…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Appartement pour 4 personnes, nous avons loué un air bnb en plein centre. Eau chaude, cuisine, un très bon wifi et un emplacement parfait ! Le tout pour un petit budget. Le coté négatif, c’est que c’est un logement de ville, un peu sombre et légèrement bruyant en journée avec les voitures qui passent.
Gil : +52 1 55 2747 0719
« GyL Stay at the heart of San Cristóbal » sous air bnb
María Adelina Flores 33, Barrio de Guadalupe, 29230 San Cristóbal de las Casas, Chis., Mexico

Boulangerie juste à coté de notre Airbnb : Moins chère que Ohlala, et délicieuse !
Manger de la baguette fraiche et des pains aux chocolats tous les jours a été un vrai plaisir. Miaaaaam !

Walking Tour de San cristobal
On recommande ! Visite très intéressante et qui vous donnera un bon aperçu de la ville.
Prendre rdv au +52 1 967 126 9714
Le tour est gratuit, mais le pourboire est très apprécié 😉

Pour se rendre à San Juan de Chamula et Zinacantán
Nous pensions y aller en Collectivo. Au regard du prix du collectivo (15-20 p/personnes *4) et du taxi négocié (100 p) nous avons finalement opté pour le taxi. Puis à nouveau 80 p pour un taxi entre Chamula et Zinacantán pour éviter de repasser par San Cristobal. Et enfin, retour en collectivo !

L’entrée à l’église de Chamula est payante à partir de 7 ans (25 p)

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