Yucatán, tout en couleur

Résumer la péninsule du Yucatán à ses seuls sites mayas et cénotes serait tout de même un peu réducteur. Elle est également visitée pour ses villes dont certaines sont labellisées « pueblo magico » pour leur architecture, leurs maisons colorées ou leur situation particulière. Après avoir quitté Valladolid, nous allons traverser quelques une d’entre elles. Mais parfois, la magie n’opère pas… Notre arrêt à Izamal, petite ville censée nous charmer pour son pittoresque centre historique aux maisons toutes peintes en jaune, ne restera pas un souvenir impérissable. Certes, il y a bien quelques rues plutôt photogéniques, mais une fois les photos prises, il ne se dégage pas grand-chose de la ville. Surtout, contrairement aux autres couleurs, le jaune vieillit très mal et beaucoup de façades n’ont visiblement pas été repeintes depuis un bon moment.

Et franchement, l’état neurasthénique des pauvres chevaux coiffés de leur chapeau bien kitsch attendant le touriste sur la place principale vous donne plus envie d’appeler la SPA mexicaine que de payer un tour en calèche.

Cela étant, il faut relativiser notre impression. La ville n’a probablement pas encore retrouvé son animation habituelle étant donné le peu de touristes de passage. Elle ne se limite pas non plus aux maisons jaunes. Elle a la particularité d’avoir été construite sur une ancienne cité maya dont le dernier vestige s’élève toujours au beau milieu de la ville. Effectivement, au détour d’une rue, on accède à la pyramide consacrée au dieu soleil que les espagnols ont miraculeusement épargnée. Le temps, par contre, ne l’a pas épargnée.

La pyramide d’Izamal est la seule sur laquelle nous soyons autorisés à monter en temps de Covid. Allez comprendre en quoi monter sur une pyramide est plus risqué maintenant qu’auparavant, et surtout plus risqué que de croiser les gens dans la rue. Autant justifier la décision par la seule préservation du monument, cela aurait plus de sens. Le pire est que l’escalier de la pyramide est probablement l’un des plus ardus en raison de son mauvais état et des ses angles de marche quasi à la verticale. Ici, on risque plus la chute que la contamination.

Au sommet, le panorama de la région se révèle… dans toute sa platitude. La nostalgie des Andes nous gagne un peu…

Concluons sur Izamal sur une note tout de même incontestablement positive : la ville constitue une excellente étape culinaire pour son restaurant le Kinich, qui vaut l’arrêt à lui seul !

La ville de Mérida, où nous ne passons qu’une nuit, ne nous aura pas franchement réconciliés avec les grandes villes. Trop de monde, trop de bruit, trop de magasins à nos yeux. Probablement trop court aussi pour se faire une idée plus précise de la ville, mais nous n’avons pas envie de découvrir davantage. Notre état d’esprit n’est pas aux visites citadines, nous sommes en quête d’autre chose. Cette étape était néanmoins indispensable pour nous car nous avions un besoin impérieux de nous alléger. Il faut dire que nous avons acheté un peu plus de souvenirs que prévu au Pérou et les sacs sont devenus un peu trop lourds et encombrants… Une bonne pizza et un passage chez DHL plus tard, il est temps pour nous de quitter Mérida.

Le mieux pour nous est donc de retourner aux fondamentaux : sites mayas, cénotes. Mais afin de ne pas avoir la sensation d’être tombés dans un cycle trop routinier, nous renversons l’ordre et commençons par les cénotes ! Et oui, ça change tout… On pourrait craindre que les cénotes finissent tous par se ressembler, mais ceux de Dzonbacal et X-Batun nous ont prouvé qu’il n’en était rien. Dzonbacal a son charme par sa taille, vraiment tout petit, et son eau transparente. Nous avons même la chance d’avoir droit à quelques beaux rayons de soleil pour éclairer le cénote.

A moins d’un kilomètre, celui de X-Batun a une beauté plus sauvage. Les racines plongeant dans l’eau lui confèrent une ambiance jungle qui en font indéniablement l’un de nos préférés.

Thomas nous surprend un peu plus tous les jours. Au début, pas question de mettre son nez dans l’eau des cénotes. Et au fur et à mesure, il devient de plus en plus téméraire. Il faut dire que cela reste parfois impressionnant, même pour les plus grands, de plonger dans ces eaux remplis de racines et dans lesquelles on ne voit pas toujours le fond !

Le site maya complétant notre cycle rejoint également le palmarès de nos visites préférées. Uxmal, avec sa pyramide unique aux angles arrondis, son environnement tellement plus paisible que Chichen-Itza, et ses édifices variés, est à nos yeux un incontournable. La configuration des lieux, plus vallonnée, permet aussi de profiter de jolis points de vue, à défaut de pouvoir grimper sur la pyramide.

LE SAVIEZ VOUS?
A l’instar d’autres pyramides mayas, la grande pyramide d’Uxmal, appelée également la pyramide du Devin, s’est élevée par-dessus une succession de temples. Chaque temple a été surpassé par le suivant, jusqu’à former la pyramide finale haute de 41 mètres.
Excellents bâtisseurs, les Mayas avaient également développé une technique de construction ingénieuse des voutes en utilisant des pierres taillées en L permettant de renforcer la charpente des édifices. Les deux côtés étaient de plus indépendants l’un de l’autre. La chute de l’un n’entraînait pas celle de l’autre.
Les pyramides mayas avaient une vocation religieuse et permettaient d’être au plus proche de leurs dieux afin de communiquer avec eux. Dans la péninsule du Yucatán, qui ne dispose pas de lacs et donc de réserves d’eau douce durant la saison sèche en dehors des cénotes, le dieu particulièrement vénéré était Chaac, le dieu de la pluie (Tlaloc chez les Aztèques). Il est particulièrement reconnaissable à son nez en forme de trompe. Lorsque son appendice pointe vers le haut, il symbolise une demande ; lorsqu’il pointe vers le bas, il est signe de remerciements.

Niveau culinaire, nous commençons à trouver nos marques. Une petite taqueria permet toujours de déguster des tacos pour trois fois rien. Nous apprécions aussi particulièrement de pouvoir retrouver ces ambiances locales où vous êtes servis par le papi et la mamie du coin.

Notre route se poursuit vers la mer jusqu’à la ville de Campeche. Cela faisait quelques mois que nous n’avions pas vu la grande bleue. L’air marin et les pélicans nous changent totalement d’environnement.

L’hôtel où nous nous installons a beaucoup de charme et permet de profiter de la relative douceur de vivre de la ville. Pour autant, il faut maintenir un minimum le rythme de l’école, ce qui n’est pas toujours simple maintenant que nous avons repris notre nomadisme…

Campeche est une cité coloniale au charme indéniable. Seule ville fortifiée du Mexique, elle a été dotée de remparts afin de se protéger des nombreux pirates et corsaires, comme le célèbre Francis Drake, qui croisaient dans ses eaux afin de s’accaparer les richesses espagnoles en transit. Une grande partie des remparts est toujours debout, délimitant le cœur historique de la ville.

La beauté de Campeche tient surtout à ses maisons colorées. Elles incarnent à elles seules l’image carte postale des villes coloniales, du Mexique ou d’ailleurs en Amérique latine. A chaque coin de rue se cache une belle façade couleur pastel. Une belle surprise pour nous, même si l’on sent que le cœur de la ville bat probablement beaucoup plus lentement que d’ordinaire.

Campeche n’est pas la seule belle surprise de la région. Le petit site assez méconnu d’Edzna mérite également la visite. La pyramide principale, unique en son genre avec ses cinq étages, et la concentration des édifices marquant son accès donnent à l’ensemble un aspect massif assez rare et plutôt impressionnant.

Avec toutes ses visites et cette liberté retrouvée depuis une dizaine de jours, on pourrait penser que la sensation du voyage est enfin revenue. Après tout, nous avons repris notre mode de vie nomade, presque comme avant. Et pourtant pas vraiment. Pour l’instant, nous avons davantage l’impression d’être de passage que d’être en voyage. Nous ne savons pas encore quoi, mais il nous manque quelque chose. Loin de nous l’idée de nous plaindre d’être ici ! C’est juste que le Yucatán, en dépit de nos belles visites, ne nous a pas totalement embarqués. Est-ce l’ambiance un peu trop touristique pour nous avec ces multiples sollicitations pour vous vendre quelque chose ou réclamer un pourboire pour tout et n’importe quoi ? Est-ce le fait d’être de nouveau vus comme des touristes alors qu’au Pérou nous n’étions plus perçus comme tels ? Nous manquons encore de recul, mais une chose est sûre : le voyage n’a pas encore tout à fait repris dans nos têtes…

Prochaine étape : Aïe, aïe, caramba…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Restaurant à Izamal

« Kinich » . On vous recommande de tester ke Poc Chuch !

Hôtel à Campeche
Sur booking « Hotel Maculis » ou via Whatsapp +52 981 120 4632
Extrêmement bien situé car dans un quartier calme où l’on peut stationner la voiture facilement, tout en étant à 2 pas du centre historique. Et avec piscine ! Juste à coté, un vendeur de tapas délicieux bien pratique pour ne pas ressortir le soir.

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