60 km de trek pour atteindre le Machu Picchu !

Dans nos rêves les plus fous, la récompense ultime en choisissant de rester au Pérou en dépit de la pandémie était de pouvoir visiter le Machu Picchu sans touristes. Profiter du site loin de ses 3 000 visiteurs quotidiens et ses groupes à n’en plus finir. Bref, un pari un peu dingue qui nous a semblé perdu au fur et à mesure des prolongations du confinement. Nous avons cru être en mesure de le gagner en juillet lorsque la région de Cusco s’est déconfinée et qu’une date de réouverture du Machu Picchu a été évoquée. D’abord le 1er juillet, puis finalement le 24 juillet a été annoncé, date anniversaire de sa découverte. Tout a fini par être annulé en se gardant bien de donner une quelconque perspective, la pandémie ayant repris de plus belle dans la région à la fin du mois de juillet et en août.

Lorsque nous retournons à Cusco à la toute fin du mois de septembre, nous ne savons toujours pas s’il va rouvrir ses portes prochainement. De toute façon, nous sommes d’abord revenus pour les treks, sans beaucoup d’espoir pour le Machu Picchu. C’est alors que l’annonce de la réouverture de plusieurs sites de la vallée sacrée au 15 octobre rallume la flamme. Une information selon laquelle le Machu Picchu rouvrirait en novembre commence parallèlement à circuler. Ce serait trop bête de manquer la réouverture à quelques jours ; pour autant, notre patience a ses limites et des vols internationaux vers quelques pays ont été rétablis début octobre. Ce sera donc notre dernière chance : s’il ouvre début novembre, nous sommes prêts à patienter encore un peu, sinon nous jetterons l’éponge et quitterons le Pérou…

C’est alors qu’une date officielle de réouverture tombe : ce sera le 2 novembre. Et en plus, l’accès sera gratuit les 15 premiers jours ! Nous n’en demandions pas tant. Nous attendons fébrilement l’ouverture des réservations car à raison de 675 visiteurs autorisés par jour, il vaut mieux être rapide… Surtout, nous craignons une mesure restrictive dont le gouvernement a le secret : une interdiction d’accès aux enfants ou aux étrangers pour les premiers jours. Ben oui, nous commençons à bien le connaître notre Pérou… Et bien non, la réservation se déroule sans problèmes pour nous quatre et nous parvenons même à décrocher le créneau d’ouverture à 6 h du matin et même un deuxième à 9 h, histoire d’en profiter un maximum. Nous n’en revenons pas, nous aurions finalement gagné notre pari ?

Oui mais voilà… Le Pérou a toujours une petite surprise en réserve et n’avait pas encore tout à fait fini de jouer avec nos nerfs. Tout bascule le vendredi 23 octobre. A l’occasion d’une deuxième visite de Sacsayhuaman, une petite affiche attire notre attention : le site est désormais interdit d’accès aux enfants de moins de 12 ans ! Les gardiens nous laissent tout de même rentrer avec les enfants grâce à notre réservation, mais cela nous interpelle car jusqu’à présent nous avons visité tous les sites avec eux sans problème. Lorsque nous rentrons, notre amie Claire est décomposée : elle a eu vent d’un communiqué du ministère de la culture indiquant que les enfants de moins de 12 ans ne pourront pas accéder au Machu Picchu et que leurs billets vont être annulés ! Comment en est-on arrivé là ? Un fonctionnaire du ministère de la culture a dû se réveiller un matin en se rappelant soudainement que le décret suprême établissant l’état d’urgence depuis maintenant 7 mois limitait les déplacements des enfants de moins de 12 ans à 500 mètres de leur domicile et à 1 heure par jour… La belle boulette… Ils se sont alors empressés de modifier le système de réservation pour bloquer les enfants nés après 2008. Nous sommes à ce moment-là partagés entre pleurer et nous arracher les cheveux… Il nous reste cependant une petite chance : l’état d’urgence est en vigueur jusqu’au 31 octobre, et le président péruvien doit se prononcer sur sa prolongation le mercredi 28 octobre. Même s’il le prolonge, il peut toujours modifier les restrictions et, en croisant fort les doigts, libérer les enfants. Mais c’est s’en remettre à une décision gouvernementale totalement incertaine…

Oui mais voilà. Si nous, nous commençons à bien connaître le Pérou, le Pérou, lui ne nous connait pas encore… Pas question de se décourager en restant les bras croisés face à une situation absurde. Nous avons toujours eu de la ressource et il n’y a pas de raison que cela change. Jusqu’ici, nous avons monté nos petites opérations d’exfiltration et d’infiltration en toute discrétion, mais cette fois, nous allons prendre le risque de nous exposer : nous allons monter une opération de communication ! L’objectif est de faire un « coup de com » qui nous permettrait de faire levier sur le ministère de la culture. Après tout, c’est lui qui nous a délivré les billets pour les enfants. 

Par chance, l’adresse électronique de la journaliste qui a publié notre photo dans le quotidien national El Comercio lors de notre visite à Sacsayhuaman est inscrite sous son nom dans l’article. Nous la contactons pour lui proposer de se rencontrer et lui raconter notre petite histoire au Pérou, et surtout lui faire part de l’immense impatience des enfants de visiter prochainement le Machu Picchu… Très intéressée, Mélissa nous interviewe le lundi 26 octobre. Nous ne manquons pas de lui proposer une belle photo de nous quatre avec nos billets pour le Machu Picchu. Devant la pierre aux 12 côtés, c’est du plus bel effet !  Il reste que nous ne sommes absolument pas sûrs que notre « coup » va réussir. L’article sortira peut-être trop tard ou passera totalement inaperçu. Mais bon, qui ne tente rien n’a rien.

Et puis après tout, ce n’était peut-être pas nécessaire si le président allège les restrictions pour les enfants. Nous attendons donc impatiemment les annonces du président le mercredi 28. Si c’est positif, nous partons dès le lendemain avec Juan via son agence Trekkinca pour faire le trek du Salkantay et finir au Machu Picchu. Sinon, il faudra nous décider à renoncer… ou à tenter quand même !

Lors d’une troisième visite à Sacsayhuaman, sans les enfants pour respecter les normes en vigueur,  nous découvrons avec stupeur des enfants de largement moins de 12 ans déambuler sur le site ! L’affiche rappelant l’interdiction a étonnamment disparu de l’entrée principale et les gardiens nous confirment tout à fait naturellement que les enfants sont acceptés. Bon là, nous sommes tombés dans la maison des fous !

Arrive le 28 et l’intervention tant attendue du président. Il annonce la prolongation de l’état d’urgence pour un mois supplémentaire avec les mêmes restrictions de couvre-feu, sans évoquer explicitement la situation des enfants. Suit un discours bien lénifiant de la ministre de la santé vantant le bonheur de pouvoir fêter Halloween et le jour des morts cloîtrés à la maison. Oh oui, quelle chance pour tous les enfants péruviens confinés depuis maintenant plus de 7 mois ! Sans parler des personnes de plus de 65 ans soumises aux mêmes restrictions. Nous comprenons donc que le Machu Picchu restera fermé aux enfants le 2 novembre.

L’article de la journaliste n’est toujours pas sorti et il faut nous décider. Nous choisissons de partir quand même en trek et de nous présenter avec nos 4 billets coûte que coûte. Ils ne vont quand même pas oser annuler les entrées de tous les enfants 3 jours avant, alors que des familles, comme nous, ont déjà réservé leurs billets de train et leur hôtel.

Nous partons donc le 29 vers le Salkantay, avec une certaine appréhension et dans l’incertitude totale de finir au Machu Picchu. Nous emmenons avec nous Malika, une suissesse en voyage fraîchement arrivée au Pérou et débarquée le jour même chez Claire et Juan. Comme nous attendions les annonces du président avant de nous positionner, Juan a réalisé l’exploit de finaliser l’organisation du trek en seulement un après-midi, et qui plus est en ajoutant une personne le soir même !

Après un nouveau départ à 4 h du matin, nous débutons notre marche qui va s’étaler sur 4 jours. Le trek ne nous emmène pas aussi haut que celui de l’Ausangate, mais est plus difficile en dénivelé et kilomètres parcourus.

Heureusement, nous partons dans les mêmes conditions de confort avec un cuisinier, deux muletiers et un cheval d’appoint pour les enfants. Il est vraiment le bienvenu pour Thomas car la première journée commence assez fort avec une marche de 16 kilomètres et un dénivelé à grimper de 800 mètres pour arriver jusqu’au campement. Quand aux délicieux repas, ils nous permettent de recharger les batteries.

Nous ajoutons un détour sans les enfants pour aller admirer le lac Humantay, au pied de la montagne du même nom. Les 200 mètres de dénivelé et les 4 kilomètres supplémentaires en valent la peine, le glacier et le lac avec ses reflets couleur Caraïbes sont magnifiques. 

Au cours de la journée, nous longeons les campements abandonnés qui accueillaient auparavant quelques 300 touristes par jour en saison haute. Depuis maintenant plus de 7 mois, nous sommes les premiers touristes à fouler ce chemin…

L’arrivée au campement, avec le Salkantay et son sommet à plus de 6 200 mètres de haut en ligne de mire, est superbe au soleil couchant et nous fait oublier l’incertitude du dénouement de notre trek.

LE SAVIEZ VOUS?
Avant d’être deux belles montagnes proches l’une de l’autre, la légende dit que le Salkantay et l’Humantay étaient deux amoureux. Le jeune Salkantay et la belle Humantay étaient épris l’un de l’autre mais venaient de deux villages voisins différents. Or, le père de Humantay refusait catégoriquement de marier sa fille à un garçon n’appartenant pas à sa communauté. Un jour, une sorte de concours est organisé : celui qui parviendra à amener l’eau de la montagne dans les deux villages gagnera la main de la très convoitée Humantay. Évidemment, Salkantay est le vainqueur mais le père d’Humantay refuse de lui donner la main de sa fille. Les deux amoureux décident alors de s’enfuir de leur village pour se retrouver. Malheureusement, une malédiction est lancée pour qu’ils ne se rejoignent jamais : chacun se transforme alors en montagne, proche l’une de l’autre mais sans jamais se rejoindre. Seules leur rivière respective, coulant de leur glacier, finissent par s’unir…

C’est au cœur d’une belle purée de poix que nous débutons la deuxième journée. Un brouillard à couper au couteau s’est installé au petit matin et nous cache totalement le Salkantay. Nous ne le reverrons plus car après une belle montée de 500 mètres jusqu’à un col à 4 600 mètres, nous amorçons une longue descente de près de 1 800 mètres de dénivelé, jusqu’aux portes de l’Amazonie.

Nous longeons à cette occasion l’énorme éboulement qui a défiguré la vallée en février 2020. Un pan du glacier du Salkantay s’est détaché, faisant dévaler à sa suite des millions de tonnes de roches de toutes tailles sur près de 3 kilomètres. Les conséquences ont été dévastatrices : la vie de plusieurs habitants a été fauchée, des glissements de terrain ont grignoté les falaises du canyon situé en aval et le lac Salkantay qui se trouvait au pied de la montagne a presque disparu…

Les pentes herbeuses des montagnes finissent par laisser la place à la forêt tropicale, nous avons désormais atteint la partie amazonienne. 

Les colibris de toutes tailles et de toutes les couleurs virevoltent sur le chemin.

L’étape du troisième jour, moins éprouvante que les deux premières, même si elle démarre sous la pluie, nous fait marcher à flanc de canyon. Il vaut mieux éviter de déraper sur certains passages et quelques ponts sont assez rudimentaires.

Fort heureusement, nous n’avons pas eu à traverser le canyon avec la tyrolienne locale (on suppose qu’ils doivent tirer à la courte-paille pour savoir qui va chercher le pain…).

Juan nous offre une séance de maquillage pour Halloween version amazonienne avec les baies d’une plante tropicale.

La marche se termine au petit village de Santa Terésa, ravi de voir enfin débarquer des touristes. C’est notre dernière étape avec le cuisinier et les muletiers. Comme d’habitude, la logistique et la cuisine étaient au top.

Durant ces trois premiers jours, nous en avons presque oublié l’incertitude d’aboutir au Machu Picchu, sans réseau internet et donc sans nouvelles. Mais à Santa Terésa, il y a du réseau et dès que nous nous reconnectons, tout s’emballe… Le ministère de la culture nous a envoyé un mail nous informant que les réservations des enfants pour le Machu Picchu ont été annulées. Nous n’en revenons pas, ils l’ont vraiment fait et ce dès le lendemain du discours du président, pendant que nous démarrions le trek. Visiblement, un fonctionnaire péruvien ça ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît… Nous sommes le samedi 31 octobre après-midi, à une journée à peine de l’arrivée au pied du Machu Picchu, et les chances d’y rentrer avec les enfants le 2 novembre sont désormais quasi nulles. Nous sommes dépités car nous n’imaginons évidemment pas les laisser aux portes du site.

Sauf que le matin même du 31 octobre, l’article de Mélissa, la journaliste, a été publié dans El Comercio. ( voir l’article ici ) Nous voilà dans la presse nationale péruvienne, arborant fièrement nos quatre réservations pour le Machu Picchu. Et le plus fou est que l’article a reçu en quelques heures plus de 20 000 likes et plus de 1 000 commentaires sympathiques des lecteurs péruviens !

Nous informons alors Mélissa de la situation et de notre désarroi, et lui demandons si elle n’aurait pas des contacts susceptibles de nous aider. Elle nous apporte rapidement son soutien et nous communique les coordonnées du directeur du Machu Picchu et d’un membre du ministère de la culture. Nous tentons d’entrer en contact avec eux jusqu’au soir, mais sans succès. Une cérémonie célébrant la réouverture du site est organisée le lendemain 1er novembre en présence du gouvernement, ils sont donc probablement très occupés…

Nous ne perdons pas espoir et tentons de nouveau de les contacter dès le lendemain matin. Il ne nous reste que peu de temps avant d’entamer notre dernière journée de marche jusqu’à Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu. Entre temps, nous n’aurons plus de connexion internet. Nous parvenons finalement à échanger avec la personne du ministère de la culture qui nous informe que quelqu’un va prendre contact avec nous. Apparemment, c’est autant l’effervescence pour nous que pour eux car l’article a son petit retentissement ; les likes et les partages continuent d’augmenter. L’histoire de la famille française restée pendant 7 mois au Pérou dans l’attente de l’ouverture du Machu Picchu fait son petit buzz et le ministère de la culture est désormais obligé de s’intéresser à nous… Honnêtement, nous n’en revenons pas de l’ampleur que cela prend, mais nous finissons par croire que notre opération va finalement marcher. Juste avant notre départ, un certain Daniel du ministère nous appelle. Dans un très bon français, il nous indique que des discussions sont en cours sur notre cas et qu’il reprendra contact avec nous à notre arrivée à Aguas Calientes.

Nous partons donc plein d’espoir vers Aguas Calientes, par le chemin d’hydroelectrica. Nous comprenons vite que rien n’est gagné. Lors de l’arrêt au poste de contrôle, le responsable nous signifie que les enfants sont interdits d’accès. Juan lui explique longuement notre situation et finit par mentionner l’article paru dans El Comercio. Immédiatement, il change d’attitude, nous reconnaît, passe un coup de fil et nous laisse passer ! Premier obstacle franchi, il nous reste encore le plus dur…

Le chemin jusqu’à Aguas Calientes longe la voie ferrée du fameux train du Machu Picchu. Quelques touristes locaux s’y sont engagés également, mais bien loin de l’affluence habituelle. Nous marchons d’un bon pas pour arriver à Aguas Calientes en début d’après-midi.

Le village a des airs de station de montagne et commence à reprendre vie avec la cérémonie de réouverture. Nous venons à peine de nous reposer près du centre lorsque Daniel nous rappelle. Il nous annonce que nous sommes invités tous les quatre au Machu Picchu le jour même à 16 heures par la ministre de la culture en personne ! Pincez-nous, c’est une histoire de fous !

Le temps de trouver un hôtel, car celui que nous avions réservé était fermé, de prendre une douche et de se changer, nous nous rendons au point de rendez-vous.

Un bus de l’hôtel de luxe Belmond a été affrété rien que pour nous afin de nous monter au site. Là-haut, nous sommes accueillis par Daniel qui nous annonce le programme : petite visite du Machu Picchu jusqu’à la mise en place de la cérémonie de réouverture puis entrevue rapide avec la ministre de la culture. Après cette dernière semaine ponctuée de montagnes russes émotionnelles, nous réalisons à peine ce qui se passe. Nous pénétrons sur le site accompagnés de deux photographes envoyés par le ministère qui nous shootent comme si nous étions des VIP (dommage, nous n’avons pas encore récupéré ces photos… il faut attendre les autorisations…).

Et nous le découvrons enfin ce Machu Picchu, l’aboutissement de notre épopée. Pendant que les préparatifs de la cérémonie se poursuivent, nous déambulons… sans autres touristes.

Un guide nous rejoint pour nous donner quelques explications, mais la visite se cantonne principalement aux vues « cartes postales » et ne dure pas plus d’une heure. 

A l’issue de la visite, nous sommes invités à patienter au bar de l’hôtel Belmond en attendant la venue de la ministre de la culture. Nous avons tout d’abord droit à celle d’un membre de son cabinet. Il est chargé de nous annoncer que la ministre ne peut faire aucune exception concernant les entrées annulées de Sarah et Thomas, pour des raisons d’équité à l’égard des autres familles péruviennes dans la même situation. Néanmoins, il nous précise que la ministre s’est réunie avec pas moins de 3 autres ministres pour nous autoriser à rentrer sur le site avant la cérémonie de réouverture. Nous entrevoyons ainsi les dessous de cette invitation : après le petit buzz de l’article d’El Comercio, la médiatisation de l’annulation des billets des enfants aurait été malvenue. En nous invitant personnellement tous les quatre la veille de la réouverture officielle, la ministre garde la face tout en respectant les restrictions imposées aux enfants à partir du lendemain sur le site. Bravo, c’est un joli coup politique ! 

Après près d’une heure d’attente, nous rencontrons enfin notre « bienfaitrice ». Elle nous gratifie de quelques paroles sur l’importance de l’accueil des touristes étrangers au Pérou puis nous offre deux polos estampillés au logo du pays. L’entrevue aura duré un peu moins de 3 minutes, et nous voilà littéralement laissés en plan. Tout le monde a disparu aussi vite qu’il est entré ! Nous comprenons que nous ne pouvons pas assister à la cérémonie, mais ne savons pas pour autant comment redescendre à Aguas Calientes… La coordination entre l’hôtel et le ministère s’est apparemment arrêtée là, et il s’en est fallu de peu que nous rentrions à nos frais avant une dernière intervention de Daniel ! 

Au final, nous avons réussi à accomplir ce qui paraissait impossible en ce moment : montrer le Machu Picchu à nos enfants après plus de 7 mois passés au Pérou. Et en plus, ils l’ont découvert comme peu de gens l’auront vu dans leur vie : sans touristes.

Il reste que nous, adultes, ressentons une petite frustration car la visite a été un peu rapide. Après en avoir discuté avec Sarah et Thomas, nous décidons d’utiliser les places réservées au lendemain 2 octobre, pendant que nous les laisserons dormir à l’hôtel.

Ayant réservé le premier créneau horaire à 6 h, nous sommes parmi les premiers à pénétrer sur le Machu Picchu, désormais officiellement réouvert. Un couple de chiliens et nous, en tant que premiers touristes étrangers, sommes d’emblée accueillis par les journalistes, ce qui nous vaut un petit passage à la télé péruvienne. Une équipe de l’AFP nous a également contacté pour pouvoir suivre nos premiers pas sur le site ; nous sommes en passe de devenir les français les plus célèbres du Pérou… pour quelques temps du moins.

Nous avons la chance de pouvoir faire une visite guidée avec Juan qui, après avoir fait la fermeture en mars, fait la réouverture du site avec nous. 

LE SAVIEZ VOUS?
Personne ne connaît le vrai nom du Machu Picchu. On lui a en réalité donné le nom de l’une des montagnes qui l’encadrent : Machu Picchu, la vieille montagne, tandis que Wayna Pichu, la jeune montagne, se dresse de l’autre côté.

La sensation est presque étrange, une fois passés les journalistes : nous sommes vraiment peu nombreux sur le site.

A certains endroits, nous sommes littéralement tous seuls ! Par contre, l’ambiance est mystique, une brume épaisse va et vient sur tout le Machu Picchu. On n’y voit pas à 15 mètres par moment. Pas de regrets pour les enfants qui l’ont bien mieux vu la veille… Cela ne nous empêche pas de bien profiter du site grâce aux explications de Juan qui nous permettent de nous attacher davantage aux détails. 

LE SAVIEZ VOUS?
Le Machu Picchu est dans un état de conservation remarquable car les Espagnols ont eu le bon goût de ne pas le piller. On a retrouvé une selle pas très loin du site, preuve qu’ils sont passés juste à côté. Les lieux ayant été déjà abandonnés par les habitants, les conquistadors ne s’y sont pas intéressés. La végétation a ensuite recouvert le complexe, jusqu’à sa redécouverte en 1911. La mémoire de la présence d’un grand site inca ne s’était cependant jamais perdue ; les quelques familles vivant au pied en connaissaient l’existence.

Même si toutes les parties ne sont pas accessibles, le circuit mis en place permet de voir l’essentiel du site. Et quel bonheur de ne pas être pressés par les groupes de touristes. En fait, nous serons en tout et pour tout 300 visiteurs sur toute la journée !

Nous nous payons même le luxe d’y retourner à 9 heures. Avec un peu de patience, la brume se dégage et permet de profiter de beaux points de vue du site.

A la sortie, notre sentiment de frustration s’est totalement dissipé, et après toutes les émotions passées, nous repartons apaisés et satisfaits. Nous aurons visité le Machu Picchu trois fois, gratuitement, et à l’écart des flots de touristes. Des conditions totalement inespérées et uniques, qui ont peu de chance de se reproduire…

Nous quittons Aguas Calientes dans l’après-midi par le train. Ce fameux train que nous avons entendu siffler tellement de fois mais qui ne prenait jusqu’à présent aucun touriste.

La compagnie Inca Rail nous offre à l’occasion de notre voyage une belle bouteille de Pisco et des petits cadeaux pour les enfants. Les avantages de la notoriété !

Nous descendons à Ollantaytambo pour y passer la nuit et visiter le site que nous n’avions pu voir que de loin en août, histoire de boucler la boucle. Nous aurons ainsi visité  tous les sites de la vallée sacrée !

Après un bref détour pour voir les salines de Maras, malheureusement encore fermées aux visiteurs, nous retournons à Cusco. Nous n’en avons pas encore tout à fait fini avec la région.

Prochaine étape : Le trek ultime…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Train pour se rendre au Machu Picchu :
Deux compagnies se partagent la voie entre Ollantaytambo et Agua Calientes :
https://incarail.com/
https://www.perurail.com/
Les prix varient avec l’heure de départ et le type de wagon.

Entrée au Machu Picchu :
Jusqu’à la fin 2020, le Machu Picchu est gratuit pour tous ! Il est également limité à 625 entrées par jour (30% de sa capacité). A ce jour, les enfants de moins de 12 ans sont interdits suite au décret 174-2020-PCM…
Il faut s’inscrire ici pour réserver son entrée : https://www.machupicchu.gob.pe/

Pour tous les autres sites de la vallée sacrée, également gratuits jusqu’à la fin d’année, l’inscription se fait ici : https://www.culturacusco.gob.pe/

9 réflexions sur “60 km de trek pour atteindre le Machu Picchu !

  1. ISABELLE MARCHAND dit :

    Alors là, je dis chapeau.
    Comme quoi une bonne dose de patience et beaucoup de ténacité permettent d’arriver à ses fins.
    Les photos sont magnifiques, je me régale
    Vous arrivez à alléger ce second confinement français 👍👍😉😉

    Aimé par 1 personne

  2. gcurien dit :

    J’ai lu l’article avant d’aller courir ce matin et il m’a donné la pêche. Et donc il fallait que je vous le dise. Cela fait partie des articles, des tranches de vie, des moments inspirants qui boostent. Merci pour ça aussi. Et comme toujours photos grandioses. Mention spéciale pour les animaux pour Solène sans oublier le « et nous on pourra aller au Macchu Picchu ». Bises

    Aimé par 1 personne

  3. Gilly dit :

    Bonjour. Je viens de rejoindre le blog et je trouve fantastique les récits de ce grand voyage. Merci à vous de nous faire découvrir autant de merveilles. J’attend avec impatience votre prochain post. A très bientot🙏

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s