Lamay, au pied des ruines de Huchuy Cosqo

En temps normal, la majorité des touristes visite la vallée sacrée en moyenne en 5 jours ; nous, nous attaquons notre 5ème semaine… Évidemment, nous n’avons pas accès aux sites stars de la vallée (sauf l’excellente surprise de Pisac), et de ce fait nous l’explorons davantage hors des sentiers battus, avec des treks et des sites que peu de gens visitent d’ordinaire.

Nous quittons ainsi Pisac pour poser nos sacs encore un peu plus au cœur de la vallée, dans la communauté de Huchuy Cosqo, à coté du petit village de Lamay. Giovannni, notre ami péruvien rencontré à Pisac, y possède une petite maison avec plusieurs chambres. Un saut de puce dans la vallée, mais l’opportunité pour nous de faire de nouvelles découvertes.

Notre première découverte, c’est la maison de Giovannni. Nous sommes passés du confort plutôt cosy de Mamacocha à Pisac à un confort plutôt backpacker. Les chambres sont correctes, les toilettes et la douche à l’extérieur, mais surtout la cuisine est vraiment très spartiate.

Heureusement, nous y trouvons de la convivialité avec la présence de Vanessa et Nima, le couple germano-péruvien heureux propriétaire de Chupa, le petit agneau avec qui nous avons randonné ! Ils font du volontariat pour Giovannni et nous accueillent gentiment pour nos premiers jours. Ceux-ci sont désormais rythmés par les bêlements de Chupa, que les enfants adorent prendre dans les bras et nourrir au biberon.

En tant que berceau de la civilisation des Incas, le Pérou est extrêmement riche en sites archéologiques. Pourtant, il a essentiellement misé sur le Machu Pichu, jusqu’à la saturation, sans mettre en avant d’autres petits sites qui méritent pourtant le détour quand on a du temps. Huchuy Cosqo est l’un d’entre eux. Perché dans la montagne à 3 650 m, on y accède de Lamay par une belle montée de près de 700 mètres de dénivelé.

« Petit Cusco » en quechua, Huchuy Cosqo était le domaine de Viracocha, le huitième Inca, qui a régné dans la première moitié du 15ème siècle. Le site est resté libre d’accès, même si un gardien réclame un droit d’accès… quand il est là. Lorsque nous arrivons, il n’y a absolument personne et nous profitons des lieux en toute tranquillité.

Nous déambulons dans un petit labyrinthe de ruines plutôt bien conservées. Certaines ont été restaurées et donnent une idée de leur ancienne fonction.

De loin, les murs de terrasses donnent presque à l’ensemble un air de forteresse.

Nous empruntons ensuite un petit bout du Qapaq nan, le chemin de l’Inca, qui passait par le site, pour avoir une vue plongeante sur la vallée. Une bergère adossée près de l’ancienne porte d’entrée du domaine file la laine de son troupeau en train de brouter en contrebas. 

LE SAVIEZ-VOUS ?
Sur le site vous trouverez également la fleur nationale du Pérou la « Cantuta » qui est un arbuste allant de 2 à 3 mètres de haut.
Appelé aussi fleur de l’Inca, la fleur de cet arbuste a été consacrée au dieu soleil et est présente dans toutes les fêtes traditionnelles andines ou lors d’enterrements. On l’utilisait pour décorer les crânes des défunts, car l’on croyait que la corolle de la fleur conservait l’eau nécessaire pour apaiser la soif pendant le voyage posthume.

La marche de retour se révèle assez éprouvante. Nous rentrons par l’autre côté du site et descendons une interminable série de zig-zags qui, au final, nous aura fait marcher une vingtaine de kilomètres ! Sur la route, nous longeons un espace de séchage de briques en adobe.

LE SAVIEZ-VOUS ?
L’adobe est de l’argile qui, mélangée avec de l’eau et une faible quantité de paille ou d’un autre liant, peut être façonnée en briques séchées au soleil.
Une partie des plus pauvres de la population au Pérou vit dans des bâtiments en adobe, tandis que les plus riches vivent dans des structures en ciment. Et pourtant, une structure en adobe correctement construite peut mieux gérer les séismes qu’une structure de ciment. De plus, c’est une structure de type plus “respirante” qui est meilleure pour la santé.

Actuellement, cette technique traditionnelle fait l’objet d’un nouvel intérêt en raison de ses magnifiques propriétés qui permettent la construction d’édifices respectueux de l’environnement.

Une autre randonnée beaucoup plus simple, à l’extérieur de Lamay, nous fait changer un peu d’environnement. A flanc de montagne, elle traverse une jolie petite forêt pour aboutir à une grande cascade que nous avons bien failli ne pas trouver.

Dans les villages de la vallée, certaines maisons arborent une perche dont l’extrémité est coiffée de plastique rouge : c’est le phare des amateurs de chicha ! Elle signale la présence d’une chicheria, une sorte de café où l’on déguste la chicha faite maison… dans la maison. On est accueilli directement chez les gens ou dans leur jardin, dans une ambiance conviviale et pas chère : 50 centimes de sol le verre !

Nous faisons découvrir l’une d’entre elles à Sarah et Fabien, deux jeunes voyageurs français précédemment croisés à Cusco.

Le monde est petit, ils nous ont rejoints à Lamay pour faire du volontariat dans la maison de Giovanni. Nous partageons donc désormais les lieux avec eux ainsi que Vanessa et Nima, et bien sûr Chupa. Nous voilà dans une bonne ambiance backpacker !

Sarah et Fabien sont tellement adorables et apportent une telle énergie positive qu’ils compensent largement le confort un peu rudimentaire de la maison. Ils adorent cuisiner et nous font déguster d’excellents pancakes vegans. Ils embauchent également Thomas et Sarah pour un atelier cuisine donuts et beignets faits maison. Un énorme merci à eux pour tous ces bons petits moments passés ensemble. Les enfants garderont d’eux de très jolis souvenirs.

Initialement décidés à ne rester qu’une petite semaine, nous prolongeons finalement un tout petit peu pour pouvoir faire un des gros treks du coin : le Pitusiray. Un départ est organisé avec d’autres voyageurs, amis de Giovannni, qui connaissent l’itinéraire.  Le Pitusiray culmine à 4 491 m d’altitude au-dessus de la ville toute proche de Calca.

L’objectif n’est pas d’atteindre le sommet mais le lac Qanqan, situé en contrebas du massif. Il est possible de démarrer la randonnée en partant de Calca, mais la première partie consiste uniquement à remonter la route ; ça grimpe pas mal et ça n’a pas grand intérêt. Nous préférons monter en voiture jusqu’au pied du sentier de départ pour marcher le plus haut possible ensuite. De toute façon, ça ne fait que grimper…

Le spectacle des reflets des montagnes sur le lac Qanqan est absolument magique et en fait l’un des plus beaux que nous ayons vus jusqu’à présent.

Même si la montée a été assez raide, nous ne nous sentons étonnamment que peu fatigués. L’accoutumance à l’altitude et l’endurance accumulées doivent y être pour quelque chose. Nous décidons donc de continuer pour atteindre un lac situé un peu plus haut, ce qui nous permet de également surplomber le lac Qanqan. L’intérêt de l’autre lac est bien moindre dans la mesure il s’est complètement asséché, ici l’hiver est synonyme de saison sèche…

Mais arrivés là, avec la pointe du Pitusiray en ligne de mire, nous avons encore envie de monter un peu plus haut. Un sentier raide se dessine au loin et l’irrépressible envie de voir ce qui se cache en haut nous taraude. Cette envie ne gagne pas les enfants qui préfèrent nous attendre en bas. Ils viennent déjà de grimper 800 m de dénivelé, difficile de leur en vouloir…

D’autant que cette dernière montée est particulièrement rude. Nous ne pouvons aller plus haut et profitons d’une magnifique vue sur l’autre côté de la vallée. Nous avons légèrement poussé notre record d’altitude en randonnée en atteignant quasiment les 4 500 m. Encore un petit effort et nous allons bien finir par franchir les 5 000 m !

Avant de quitter Lamay, Sarah et Thomas contribuent à l’embellissement de la maison de Giovanni. Thomas construit un petit mobile de planètes, accroché à une des poutres de leur chambre (il s’est pris de passion depuis peu pour le système solaire), tandis que Sarah réalise des fresques sur les murs des chambres en compagnie de Vanessa et de l’autre Sarah.

Nous poursuivons maintenant notre route dans la vallée sacrée pour terminer le mois d’août et espérer un déconfinement plus large en septembre.

Prochaine étape : Le village épi de maïs…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

La rando vers Huchuy Cosquo peut se faire depuis plusieurs départs. Il parait que sur 2 jours, depuis le lac Piuray, c’est très beau. En ce qui nous concerne, nous l’avons fait depuis Lamay puisque nous y logions.
Pas besoin de guide, le chemin se trouve facilement avec Maps.me.
2 heures de montée avec 700 m de dénivelé. On conseille de partir dès 6h du matin.

La rando vers le Pitusiray part de Calca. Pour profiter pleinement de la journée, nous recommandons de faire les 500 premiers mètres de dénivelé en taxi. Car il reste encore 800-1000 m de dénivelé derrière !

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