Yanque, confinement (épisode 3) – à quand la fin ?

Voilà, depuis notre départ mi-novembre, nous avons désormais passé la moitié de notre voyage… en confinement. Bonne pioche, nous avons choisi de rester dans le pays recordman du monde de la durée de confinement général lié au coronavirus.

Résultat, depuis le 7 juin, notre visa de 3 mois a expiré. Heureusement, les autorités péruviennes ont automatiquement gelé les visas touristiques. La régularisation se fera une fois libérés. N’empêche que si ça continue, nous allons finir par demander la nationalité péruvienne…

L’un des avantages de cette pause forcée est que nous avons pu mettre le blog à jour. Il avait un décalage de plus de 2 mois lorsque nous sommes arrivés à Cabanaconde. Cette fois, nous sommes en léger différé.

Autre avantage qui ne l’est peut-être pas tant que ça : tous les cahiers emportés pour faire l’école aux enfants sont à présent terminés. Ceux de l’année en cours… et ceux de l’année prochaine ! Au moins, ça allège les sacs (pas loin de 2 kg !). Maintenant, il faut trouver des idées pour consolider tout ça sur le reste du voyage. Dans tous les cas, nous avons décrété que comme en France, il était temps de prendre quelques semaines de vacances.

L’attente reste longue mais la vie à Yanque est heureusement toujours aussi agréable entre les moments partagés avec les familles françaises, la famille péruvienne qui nous héberge et les randonnées du coin.

Grace à Seppu, nous continuons à découvrir les mets péruviens tels que le ceviche, la fondue d’alpaga au vin ou encore le carpaccio d’alpaga. Et Véronique devient spécialiste en découpe d’alpaga.

Comme à Cabanaconde, nous finissons par avoir parcouru à peu près tous les chemins accessibles à pied autour du village.

Une fois vers le versant nord du canyon, l’autre fois vers le sud, au milieu des moutons, lamas et alpagas. Nous croisons même les autres familles françaises qui, comme nous, écument les sentiers…

Le challenge est de dénicher de nouveaux points de vue sur les paysages que nous connaissons maintenant par cœur.

Rien de tel que de prendre de la hauteur jusqu’à 4 000 m, une première pour nous en randonnée, afin de pouvoir contempler toute la vallée. Depuis plus de 3 mois que nous vivons à plus de 3 000 m d’altitude, nos globules rouges sont tellement démultipliés que nous sommes parés pour grimper jusqu’à 5 000 m…

Depuis le mois d’avril, il n’est pas tombé une goutte de pluie dans la région. L’hiver ici ne rime pas avec neige mais plutôt avec saison sèche. Les températures baissent en fin de journée et descendent en-dessous de zéro durant la nuit, mais les journées sont très douces. La végétation est de plus en plus grillée par le soleil et certains chemins ont disparu sous les mauvaises herbes et autres plantes à épines qui vous rentrent allègrement dans les chaussettes.

Une très jolie randonnée nous amène jusqu’au petit site archéologique de Yuraq Qaqa, niché au pied d’une paroi. Il abrite des tombes pré-incas dans lesquelles crânes et os blanchissent au soleil sans que l’on sache de quand ils datent exactement…

Nous parvenons tout de même à varier un peu les activités. Une petite descente dans le canyon et nous voilà à la plage.

Il ne nous manquait que la baignade. Grâce aux indications des villageois, nous dénichons deux sources d’eau chaude, informelles, restées librement accessibles et en tous les cas utilisées par les locaux.
La première est cachée au fond du canyon et a été aménagée comme une baignoire. On détourne un petit cours d’eau chaude sortant de la montagne pour remplir un bassin, on bouche le trou d’évacuation avec un sac plastique et le bain chaud est prêt.

La seconde se situe sur la rive opposée du rio Colca. Il nous faut à nouveau traverser la rivière à gué pour y accéder. Équipés de nos chaussures d’eau, la traversée se fait cette fois-ci sans difficulté. La source est beaucoup plus grande et encore plus agréable que celle du canyon.

Nous jouons également les badauds en nous rendant sur les lieux de l’attraction locale du moment : un morceau de paroi du canyon s’est effondré sur 2 kilomètres. Plus d’un million de mètres cubes de gravats a formé un barrage sur la rivière Colca entraînant une montée des eaux.

Pour la fête (française) des mères, Hilde nous a fait la belle surprise de sortir les tenues traditionnelles. Et c’est reparti pour un essayage de robes, pour les femmes… et les hommes ! En principe, les péruviennes portent pas moins de sept niveaux de jupons et jupes. On se contentera de deux, c’est bien assez lourd comme ça.

Il n’y a pas à dire, les locaux ont bien meilleure allure que nous dans ces vêtements, mais cela nous va tout de même mieux que ceux de Llachon. A moins que ce ne soit le signe de notre lente assimilation dans ce qui est en train de devenir notre patrie d’adoption.

Finalement, nous aurons fêté trois anniversaires en confinement. Après celui de Sarah en mars, nous étions loin d’imaginer faire également ceux d’Arnaud et de Thomas en juin. Il nous reste à espérer ne pas fêter celui de Véronique en confinement en novembre…

Pour l’anniversaire d’Arnaud, un autre cochon de Hilde passe au grill. Thomas tient à assister à sa mise à mort. Loin d’être traumatisé, il apprécie plutôt la petite leçon d’anatomie donnée pour l’occasion.

Le repas est un nouveau très bon moment de partage avec nos compagnons de confinement et Hilde et sa famille. Arnaud reçoit son lot de cadeaux 100 % yanqueño : un bidon de chicha (à partager bien sûr) ainsi qu’une superbe bougie géante. Le principe est de l’allumer lors d’une messe afin qu’elle reçoive la lumière de la vie puis de la transmettre à quelqu’un d’autre. Pour le moment, nous allons déjà essayer de la faire rentrer dans les bagages…

Thomas a, quant à lui, droit à un goûter d’anniversaire comme avec ses copains : chasse au trésor, jeux et une montagne de crêpes pour souffler les bougies. Nous avons réussi à trouver quelques cadeaux locaux qui feront office de beaux souvenirs de ses 7 ans.

Par contre, ce que nous n’avions pas prévu, c’est que le jour de l’anniversaire de Thomas tombe le jour de la fête d’Eléonore, la maman de Hilde. Et nous ignorions qu’ici, les fêtes se fêtent comme des anniversaires et nous voilà tous invités chez les parents avec les frères de Hilde. La chicha coule à flot de l’après-midi jusqu’au soir…

Après le goûter d’anniversaire de Thomas, nous retournons chez Éléonore pour dîner et déguster LE plat typique péruvien : le cuy (se prononce « couï ») , autrement dit… du cochon d’Inde. Sa viande n’a pas tellement de goût mais préparé en sauce, ça passe tout seul.

La soirée qui s’ensuit restera probablement comme l’une des plus mémorables passées à Yanque. Déjà le fait d’être invités dans la maison des grands-parents est assez exceptionnel, mais surtout nous partageons tous ensemble, français et péruviens, des fous rires et des danses comme jamais nous n’en avions encore partagés.

Dire qu’il aura fallu un confinement pour vivre ça…

Et justement, le confinement dans tout ça ? Prolongé ou pas prolongé ? Le président péruvien nous réserve toujours une surprise à laquelle on ne s’attend pas. Cette fois, le pays passe d’un confinement national à un confinement régional à partir du 1er juillet. Certaines régions vont donc être déconfinées, tandis que d’autres resteront confinées un mois de plus. C’est ballot, Yanque est rattaché à la région d’Arequipa qui reste confinée jusqu’au 31 juillet compte tenu de l’évolution de la pandémie dans la ville d’Arequipa (même s’il n’y a toujours pas de cas à Yanque). L’autre surprise est que les enfants de moins de 14 ans (et les plus de 65 ans) doivent rester à la maison pour un mois de plus, , même dans les régions déconfinées. Ils ont seulement droit à une heure de sortie par jour dans un rayon de 500 mètres du domicile. Bref, ce n’est pas gagné…

Toujours est-il qu’il faut bien l’avouer, ça commence à faire sacrément long. Étant donné que dorénavant notre voyage dérive totalement du plan initial et se dirige vers une succession de plans B improvisés, nous décidons donc d’en activer un : changer de région et nous rapprocher d’un aéroport dont les vols vont reprendre (théoriquement) à compter du 15 juillet. Grâce à l’ambassade de France, nous réussissons à obtenir une autorisation de circuler jusqu’à la prochaine grande ville. Sur place, nous verrons quelles seront nos possibilités. Pour le moment, nous nous contentons du plus important : enfin nous bougeons !

Prochaine étape : Le nombril du monde…

6 réflexions sur “Yanque, confinement (épisode 3) – à quand la fin ?

  1. Mrs C. dit :

    Contente d’avoir de vos nouvelles. Vos bronzages « agricoles » sont adorables.
    Sachez, malgré la lassitude qui peut vous gagner, que vous êtes quand même bien mieux dans ce bout de monde-là que dans une France où tout le monde est persuadé que la-vie-d’avant est revenue.

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  2. creusoise dit :

    Vous allez donc peut être bientôt pouvoir rentrer …
    comme le dit MRS C , en France, beaucoup trop de gens reviennent à leur vie d’avant et oublient les mesures élémentaires de précaution…

    mère et fille , vous êtes très belles dans vos costumes locaux ( ils sont beaucoup plus beaux que ceux de votre autre lieu de confinement)

    Aimé par 1 personne

  3. ISABELLE MARCHAND dit :

    Ouf, je suis rassurée d’avoir de vos nouvelles, même si tout ne se déroule pas comme prévu, la situation dans votre « village » est probablement un bon compromis… Et puis les enfants ont dû atteindre un super niveau d’espagnol!
    Les photos sont sublimes, je me régale en les visionnant.
    En contrepartie, je peux vous faire parvenir des photos d’U express ou de Picard, nos points de RDV du samedi 🙂
    Bonne fête nationale bien de chez nous, avec les autres familles françaises.

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  4. Michel T dit :

    Bon, voilà de bonnes nouvelles avec la perspective de pouvoir repartir !
    En tout cas vous aurez probablement fait le plein de souvenirs très forts et noué des liens qui perdureront !
    je m’étais fait la même réflexion que vous concernant votre séjour prolongé en altitude. Vous allez tous devenir des marathoniens en puissance.
    Superbes, les costumes traditionnels et ils vous vont parfaitement ! En effet, l’assimilation est en marche !
    C’était comment la fondue d’alpaga ?

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