Petite escale à Potosi

Le folklore bolivien ne se voit pas que dans la rue, il se vit aussi dans les bus locaux ! A Uyuni, nous avons littéralement sauté dans le premier bus en partance pour Potosi située à 3 heures de route. 3 heures, ce n’est pas très long par rapport à ce que nous avons fait jusqu’à présent. Mais c’est fou comme la perception du temps dépend des conditions de trajet…

Nous avons la chance d’avoir des places assises car il faut savoir qu’il se vend plus de billets qu’il n’y a de sièges. Dès le départ, des passagers s’entassent donc dans le couloir… et cela n’a aucune incidence sur la conduite du chauffeur. On croirait qu’il s’est lancé le défi de ne surtout pas appuyer sur la pédale de frein dans les virages, même en pleine route de montagne (pour les plus sensibles, il vaut mieux fermer les rideaux…). Et l’ambiance sonore est tout ce qu’il y a de plus zen : on a d’abord droit à la musique traditionnelle bolivienne poussée à fond, puis aux commentaires d’un match de foot en direct ponctués des fameux goooooooooal ! Bref, vivement l’arrivée… sauf que le bus fait de multiples arrêts au milieu de nulle part. On prend de nouveaux passagers tandis que d’autres descendent, et dans le coffre s’entassent légumes, fruits, bouteilles de gaz. Régulièrement, des vendeurs ambulants montent dans le bus pour proposer gâteaux, glaces ou gélatines.

Nous arrivons à Potosi à la tombée de la nuit. Edwin, notre chauffeur d’Uyuni, nous a conseillés d’être très vigilant. Il a été chauffeur de taxi à Potosi pendant plusieurs années et nous a alertés sur l’existence de faux taxis qui volent les bagages des voyageurs. Merci du conseil, mais distinguer un vrai d’un faux taxi à Potosi, qui plus est de nuit, est loin d’être simple : il n’y a pas de voitures officielles reconnaissables, ce ne sont que des voitures de particuliers (aucune n’aurait passé le contrôle technique en France) avec un simple autocollant « taxi » collé sur le pare-brise… Nous en prenons un sans être certain de l’authenticité de sa licence, mais finalement bonne pioche : il nous aide à trouver un hôtel en nous arrêtant à plusieurs endroits. Nous nous posons finalement proche de la place centrale du quartier historique dans un hôtel aux allures d’ancien monastère avec une cour intérieure très sympathique.

Honnêtement, nous n’attendions pas grand-chose de Potosi. Retrouver la circulation, le bruit, la pollution et la foule d’une grande ville ne nous enchantent pas plus que cela, même à 4 000 m d’altitude… Mais ça, c’était avant de découvrir le cœur historique de la ville, avec ses anciens bâtiments coloniaux et ses ruelles dans lesquelles on prend plaisir à déambuler.

Les bus locaux, les collectivos, sillonnent toute la ville à longueur de journée. Les rues sont parfois embouteillées uniquement par les collectivos, d’autant que les rues sont assez étroites dans le quartier historique.

La cathédrale basilique de Potosi, Nuestra Senora de la Paz, est considérée comme la première cathédrale construite sous la nouvelle république bolivienne au 19ème siècle. Ses campaniles offrent une belle vue sur la ville et les montages environnantes.

Le marché central est une petite fenêtre sur le quotidien des habitants. Ils viennent y déguster des soupes (dès le petit-déjeuner) ou acheter leurs feuilles de coca. Le marché est organisé par « zones’. D’un coté la viande, de l’autre les fruits, puis les légumes. Mais aussi un coin pour les produits de beauté, un autre avec des tailleurs, et enfin quelques jouets pour les enfants. Bref, on y trouve de tout !
Et difficile de s’y promener sans se faire remarquer. Il faut dire que la petite tête blonde de Thomas ne passe pas inaperçue. Sarah de son coté en profite pour regarder les jolies tresses des Cholitas.

Le saviez vous ?
Les Cholas, ou Cholitas de leur petit surnom, sont des femmes qui se démarquent par leur tenue vestimentaire, leur coiffure et leur chapeau. Elles ne s’habillent pas comme les femmes modernes, mais restent fidèles à leur style vestimentaire traditionnel. Les deux tresses bien noires témoignent de la volonté de préserver leurs mœurs et leurs valeurs. A leurs pointes sont suspendus des pompons de perles ou de laine noire. Ces pompons déterminaient l’appartenance ethnique ou sociale. C’est maintenant également un effet de mode…

N’ayant pas osé déjeuner sur le marché (trop de retours de touristes qui ont des dérangements intestinaux en Bolivie…), nous goutons à nos premiers almuerzos, des menus du midi proposés par des tous petits restaurants pour une bouchée de pain. La formule est toujours la même : une soupe complète (façon minestrone) suivie d’un plat de viande accompagnée de légumes et féculents. Ambiance locale garantie !

Les almuerzos sont vendus pour la modique somme d’1,50 € environ, alors qu’une simple pizza coûte pas loin de 8 ou 10 €. Mais pourquoi une telle différence nous demanderez-vous ? Et bien parce que ces cantines ont négocié de ne pas payer les mêmes taxes et ne sont pas vraiment considérées comme un restaurant (entre autres, pas de vente d’alcool).

Potosi a une riche histoire, au sens premier du terme. Le bien nommé Cerro Rico, sommet qui domine la ville, a fait la fortune de la région et de l’empire colonial espagnol en fournissant quantités de minerais d’argent. La légende raconte que le filon a été découvert accidentellement par un indien, Diego Huallpa, au milieu du 16ème siècle. Parti à la recherche de deux de ses lamas qu’il a perdu au pied du Cerro Rico, Diego s’arrête pour la nuit et allume un feu. Celui-ci prend tellement bien qu’il fait fondre certaines roches et révèle la présence d’argent dans le sous-sol de la montagne (on parle même d’une explosion d’où la ville tirerait son nom en quechua : Potojsi qui signifie tonnerre). En fait, le sous-sol est truffé d’argent et de zinc, et l’exploitation minière va rapidement ériger Potosi en un des principaux centres de production de monnaie en argent de l’empire colonial espagnol. Les mines de Potosi ont dévoré des milliers de mineurs depuis le 16ème siècle et malheureusement continuent encore… Il est même proposé aux touristes de visiter les mines pour partager pendant quelques heures les conditions extrêmement dures des mineurs. Nous nous y sommes refusés afin de ne pas cautionner ce type de tourisme social que nous considérons quelque peu malsain, d’autant que des enfants y sont également exploités (bien que ce soit en théorie interdit.). Si l’on tient absolument à vivre l’expérience, on peut se contenter de lire Germinal…

Une fois extrait, le minerai d’argent était fondu et transformé en pièces de monnaie à la Casa de la Moneda. Aujourd’hui transformé en musée, l’édifice témoigne de l’importante contribution de Potosi à l’âge d’or de l’empire colonial espagnol.

Au mois de février, les festivités du carnaval débutent dans tout le pays. Il faut savoir qu’en Bolivie, le carnaval est fêté pendant un mois entier ! Des événements ponctuent chaque semaine précédant LE jour du carnaval, qui est un jour férié. Le centre-ville s’anime de défilés des différentes écoles de la ville et on s’asperge de mousse au passage.

Prochaine étape : C’est pas du gâteau !

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :
Casa de la moneda : visite vraiment intéressante. En fonction des horaires, en espagnol, français ou anglais.
Chambre pour 4 personnes : hôtel La Casona +591 2 6230523
A deux pas du centre ville, bon rapport qualité prix. Une hacienda du 16eme siècle, avec un patio très agréable.

3 réflexions sur “Petite escale à Potosi

  1. Mrs C. dit :

    Je profite des congés pour me mettre à jour. C’est que j’ai loupé quelques épisodes.
    En espérant que vous allez bien, je voyage grâce à vos photos. Merci encore.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s