Premiers pas en Bolivie

Le changement d’ambiance se sent rapidement lorsque l’on passe de l’Argentine en Bolivie. Déjà, le passage de frontière n’a absolument rien à voir avec le Chili. C’est simple, les douaniers argentins font tout le boulot : ils vous délivrent à la fois le visa de sortie d’Argentine et celui d’entrée en Bolivie.

Nous n’avons même pas droit à un petit tampon dans le passeport ! Il suffit ensuite de traverser un pont au milieu duquel un panneau vous indique que vous changez de pays. Tellement surpris de la simplicité du passage, nous nous sommes présentés de nous-mêmes aux douaniers boliviens qui nous ont confirmé qu’il n’y avait pas d’autres formalités…

La Quiaca, côté argentin, et Villazon, côté bolivien, sont des villes-frontières soeurs. Mais les visages indigènes, les chapeaux ronds et les étoffes colorées des boliviennes côté Villazon nous plongent tout de suite en Bolivie. Le temps de prendre quelques bolivianos, nous prenons un taxi à la volée pour rejoindre la ville de Tupiza d’où nous partirons en tour vers le sud Lipez. Une heure de route pendant laquelle le chauffeur conduit comme dans Fast and Furious (mais qui n’empêche pas malgré tout Arnaud et les enfants de piquer du nez).

Tupiza n’est pas franchement une très belle ville, mais les sourires régulièrement échangés avec les boliviens dans la rue la rendent malgré tout agréable à vivre. Surtout, elle est située dans un beau cadre désertique qu’il est recommandé de découvrir à cheval.

C’est ce que nous faisons avec Eddie, un guide local, qui nous emmène pour une balade de 5 heures. Sur le dos de Jolly Jumper, Las Vegas, Django et Tango (Thomas monte avec le guide), nous arpentons tranquillement les paysages du far-west bolivien et ses canyons.

Dans le superbe canyon del duende, on dit que les animaux ressortent avec les poils tressés. Selon une croyance locale, le canyon abrite des Leprescheuns malicieux qui tressent les poils des animaux. D’autres disent que c’est simplement dû aux buissons qu’ils traversent, mais c’est moins poétique…

Un autre monument naturel, la puerta del diablo, s’accompagne de sa légende locale. On raconte que Tupiza était à l’origine entièrement encerclée par un massif rocheux. Le diable, tombé amoureux d’une jeune native, aurait cassé la roche pour s’enfuir avec elle. La porte du diable serait le vestige de cette ancienne enceinte.

L’ambiance western est à son apogée lorsqu’Eddie nous raconte la fin de l’histoire de Butch Cassidy et le Kid. En effet, les deux bandits ont tragiquement terminé leur carrière pas très loin d’ici.

Après avoir bâti leur légende de pilleurs de banques et de diligences aux États-Unis, Butch Cassidy et le Kid ont tenté de démarrer une nouvelle vie en Amérique du Sud. Après un passage en Argentine, ils se sont installés en Bolivie près de Tupiza pour mener une vie plus paisible. Malheureusement pour eux, ils commettent l’erreur de se laisser photographier par un journaliste local et se font reconnaître alors qu’ils sont toujours recherchés aux États-Unis… Ils quittent rapidement la ville et, pour obtenir l’argent nécessaire à leur fuite, attaquent une diligence de passage, accompagnée d’une petite charrette tirée par une mule. A son bord, un coffre contenant la recette des mines de la région et un seul passager. Les deux malfrats l’épargnent et évoquent en sa présence leur plan de fuite, pensant qu’il ne comprenait pas l’anglais. Deuxième erreur, car ce qu’ils ne savent pas, c’est qu’ils sont tombés sur le propriétaire des mines de la région, l’un des hommes les plus riches d’Amérique du Sud à l’époque, et l’un des seuls à parler la langue de Shakespeare…Une fois les deux comparses partis avec les chevaux et la mule, celui-ci s’empresse de prévenir tous ses employés des mines aux alentours afin de les capturer. L’ironie de l’histoire veut que ce que l’homme veut récupérer à tout prix n’est pas son argent, mais sa mule préférée ! Connaissant le parcours des bandits, une embuscade est montée au cours de laquelle le Kid est abattu. Butch s’enfuit mais est descendu à son tour un peu plus loin. On ignore où son corps a été enterré et la légende prétend même qu’il s’est en réalité échappé et a fini sa vie tranquillement aux Etats-Unis… 

LE SAVIEZ VOUS?
La célèbre firme Colt accorde une récompense d’1 million de dollars à quiconque retrouvera la tombe de Butch Cassidy et surtout son revolver, construit en seulement 4 exemplaires dans le monde…

Notre chevauchée avec Eddie se termine au seul son des sabots des chevaux, un pur bon moment qui nous fait presque oublier nos douleurs de cavaliers amateurs.

Prochaine étape : Un chauffeur, une cuisinière mais pas le grand luxe pour autant…

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

chambres pour 4 personnes, Hostal Los Salares.
Propre, pas trop cher mais pas la grande amabilité. Les petits dej commencent à 7h30 alors que tous les tours partent à 7h30/45. Franchement pas pratique !

Balade à cheval : Eddie ne travaille actuellement qu’avec l’agence La Torre, mais vous pouvez le joindre via la page facebook « La Mejor Vista Del Mundo« .

Trouver de l’argent liquide en Bolivie : A Tupiza, seulement des distributeurs Visa qui ne délivrent pas beaucoup d’argent et avec des frais. L’astuce est d’aller dans une banque (Banco Fie ou Ecofuturo par exemple) , et demander à faire un « retiro de efectivo ». Venir avec sa CB et son passeport. Ils ont des terminaux de paiement comme dans un magasin et photocopient vos passeports (jusqu’à 3000 bob par jour). Très pratique, il faut juste être un peu patient car il y a du monde dans les banques.

3 réflexions sur “Premiers pas en Bolivie

  1. Yves Sulpice dit :

    Bonjour à vous quatre,
    j’aime beaucoup vous lire et regarder vos photos magnifiques. Ici après une semaine de confinement, nous nous trouvons devant la nécessité de nous distraire positivement, et la lecture de vos récits est un merveilleux « bain de jouvence » moral.
    Merci pour les récits et photos de vos découvertes.
    Prenez soin de vous
    Bien à vous
    Yves Sulpice (M-L)

    J'aime

    • veroetarno dit :

      Merci Yves !
      Pour nous aussi cela fait une semaine de confinement, au Pérou.
      Beaucoup de Français cherchent à rentrer en France… Nous avons fait le choix d’attendre un peu et de voir la tournure des choses. Le moral fait des yoyos, on essaie d’y croire et on espère que dans quelques semaines cela commencera à aller mieux (au moins ici, car les mesures ont été prises rapidement)

      J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s