Atacama, désert le plus aride au monde

Après 2 mois et demi passés à l’arpenter, c’est non sans un petit pincement au cœur que nous laissons désormais la Patagonie derrière nous. Sans regrets pour autant, nous avons maintenant bien envie de filer vers d’autres horizons : le désert d’Atacama.
Les distances étant énormes, nous préférons accélérer un peu en faisant un grand saut en avion. Par contre, les horaires de départ sont un peu rudes : premier vol de Puerto Montt à 1h30 du matin pour rejoindre Santiago vers 2h30. Puis, second vol de Santiago à 5h00 direction Calama. Enfin, bus vers la ville de San Pedro de Atacama…

Si le premier vol vers Santiago se passe sans encombres, le second vers Calama nous donne un peu l’ambiance du désert d’Atacama en ce moment : il y a aussi une saison des pluies dans le désert le plus aride du monde. Résultat, à une vingtaine de minutes de l’atterrissage à Calama, l’avion se retrouve dans une épaisse purée de pois. Après avoir tourné un peu, le commandant de bord finit par nous annoncer qu’il lui est impossible d’atterrir et que nous retournons donc à Santiago. C’est reparti pour 2 heures dans l’autre sens. À Santiago, la compagnie nous recase dans un autre vol à 17h. 8 heures à tuer dans l’aéroport de Santiago, mais au moins nous repartons le jour même…
La deuxième tentative est la bonne et nous arrivons enfin à Calama puis à San Pedro de Atacama. Dans la nuit tombante, le village a une atmosphère orientale avec ses maisons en cube aux toits plats, véritable oasis en plein désert.

Nous avons dégoté un plan intéressant : le propriétaire de la cabaña réservée loue également une voiture. Nous avons donc un pack cabaña + 4×4 pour 7 jours. Pour visiter la région, il est très vivement recommandé d’avoir une voiture haute ; ce sera à nouveau avec notre 4×4 de poche Suzuki préféré, le même que pour le parc de Queulat.

Notre première petite virée en 4×4 nous donne très vite l’état des pistes qui nous attend. Pour rejoindre un petit site archéologique proche du village, Quitor, nous traversons une rivière à gué qui nous vaut quelques petites frayeurs après avoir calé en plein milieu… Quitor permet de voir les restes d’un village Atacama, peuple indien natif qui a réussi à développer une civilisation assez avancée malgré les conditions extrêmes du désert, jusqu’à l’arrivée des Incas dans la région, puis des espagnols. Il faut avouer que l’on ne voit pas grand-chose car les habitations ne sont visibles que de loin, mais la ballade offre une belle vue panoramique sur les alentours de San Pedro.

La pluie pouvant rendre certaines pistes impraticables, il vaut mieux se renseigner à l’office du tourisme sur l’accessibilité des sites avant de partir. Nous profitons d’une fenêtre favorable le deuxième jour pour aller jusqu’aux lagunas Miscanti et Miñiques, situées sur l’Altiplano.

La route s’élève progressivement sur une immense rampe qui mène jusqu’à 4 170 m d’altitude. C’est notre première incursion à cette altitude, et le moindre effort s’en ressent rapidement. Sans compter que nous n’avons même pas pensé à prendre une petite polaire : il faisait chaud à Atacama, mais le vent est bien frais au dessus de 4 000m !

Les lacs sont au pied de volcans dont les sommets sont malheureusement dans les nuages.

Le chemin vers les lacs est très balisé et bordé de petites pancartes ¡No pasar! qui limitent les accès et nous refroidissent un peu. On peut parfaitement comprendre la volonté de préserver les lieux, la Patagonie a également beaucoup de sites protégés, mais c’est la première fois que nous nous sommes sentis aussi restreints. La sensation sera la même sur les autres sites de la zone : le salar d’Agua Caliente s’admire de loin et on ne s’approche pas davantage du lac Tuyaito.

N’étant pas venus pour faire simplement des photos du parking, nous finissons cette journée sur un petit sentiment de frustration… (ok ok, on devient difficile… car les paysages restent tout de même magnifiques !). Nous aurons tout de même l’occasion de faire une petite leçon de géographie lors du passage du tropique du Capricorne.

Le jour suivant, nous tentons un des plus beaux sites du désert mais aussi un des plus difficiles d’accès en raison de l’état permanent de la piste : les lagunas escondidas de Baltinache. En période de pluie, la piste est régulièrement fermée. L’office du tourisme nous ayant assuré que l’accès était ouvert, nous nous lançons à l’assaut de la piste. On comprend vite l’intérêt du 4×4 : la piste est bosselée et recouverte de cailloux qui n’attendent qu’à percer les pneus et, lorsqu’il a plu, il faut traverser des grandes zones de boue en mode rallye.

Au bout de 30 à 40 min de piste, nous croisons deux mini-bus des agences de tourisme en sens inverse. Aussi tôt le matin, ce n’est pas bon signe. Nous faisons signe au second mini-bus de s’arrêter. Effectivement, il nous confirme que l’accès est en réalité fermé, la piste étant impraticable à cause de la boue. Entre l’arrivée en avion, la journée de la veille un peu frustrante et maintenant le demi-tour obligé, un sentiment un peu mitigé sur Atacama commence à poindre…
Nous changeons donc nos plans du jour pour nous rendre à la Valle de la Luna. Comme son nom le laisse supposer, il s’agit d’une vallée dans laquelle l’érosion et l’aridité ont façonné des crêtes et des canyons à l’aspect lunaire, sans aucune végétation. Il fait extrêmement chaud et le temps est très menaçant (on se prendra d’ailleurs une énorme averse dans l’après midi). Nous croisons des touristes en vélo, qui peinent entre les montées, la chaleur et l’altitude (2500m environ), et nous ne sommes pas mécontents d’avoir pris l’option voiture ce jour là !

Il y a quelques millions d’années, le mouvement des plaques tectoniques a soulevé le fond d’un lac asséché jusqu’à faire surgir cette cordillère de sel. Le vent et le soleil du désert se sont ensuite chargés de sculpter des formes étranges. L’absence totale de vie animale et végétale en fait un des endroits les plus inhospitaliers au monde.

Pendant des milliers d’années, les vents ont modelé ces reliefs et créé d’énormes dunes de sables.

On y retrouve également des vestiges de mines de sel.

Et c’est sur une belle crête au beau milieu de la vallée que nous entendons une voix française qu’Arnaud reconnaît : celle de Manu, un ami de sa soeur qui réalise actuellement un tour du monde.

Nous savions qu’il était au Chili, et envisagions d’essayer de nous croiser, mais nous ignorions totalement qu’il était déjà à Atacama. Hasard ou destin, en tout cas, une rencontre improbable au beau milieu du désert ! Nous fêterons ces retrouvailles au pisco sour dans une ambiance café-concert local, avant de laisser Manu poursuivre sa route vers la Bolivie.

La vallée de la Lune a commencé à renverser la tendance, et nous commençons à mieux apprécier la région. Elle se confirme totalement les jours suivants avec la visite du lac de Tebenquiche qui, en s’évaporant en été, laisse apparaître des rives de sel blanc. L’effet miroir du lac est splendide et la balade sur ses rives très agréable.

Depuis 2014 et la confirmation de l’importante présence de stromatolites dans la lagune, l’accès sur le salar est interdit. Cette forme de vie primitive, descendante directe des premiers organismes ayant permis l’apparition de l’oxygène sur terre, est aujourd’hui l’un des points d’intérêt essentiels du site.

Surtout, l’expérience qui nous fera totalement oublier la sensation des premiers jours est la visite des lagunas de Baltinache, également appelées par les locaux lagunas escondidas (les lagunes cachées) . Nous sommes un peu têtus et avons tenté notre chance une nouvelle fois 2 jours après notre première essai. Et cette fois est la bonne ! Après 40 kilomètres de piste ondulée exécrable mais sans boue, secoués comme un marteau-piqueur, tout en croisant les doigts pour ne pas crever un ou deux pneus (des pneus éclatés jonchent le bord de la piste presque tous les 50 mètres…), nous atteignons enfin le site.

Il est composé de 7 petits lacs salés d’un bleu turquoise magnifique et il est même possible de se baigner dans le premier et le dernier. La teneur en sel est tellement forte que l’on y flotte comme dans la mer Morte. La sensation est absolument magique ! Quant au paysage, c’est juste indescriptible !

Avant de reprendre la route cabossée, nous sommes bien contents d’avoir droit à 2 minutes de douche à l’eau douce, car nous sommes littéralement recouverts de sel ! La crème solaire étant interdite pour préserver les lieux, nous avons également pris quelques beaux coups de soleil…

Nous finissons notre séjour par la Valle de la muerte ou de Marte, soit au choix la vallée de la mort ou de Mars. Après la vallée de la Lune, on passe aux reliefs ocres de Mars, autre résultat totalement différent de l’érosion et de l’aridité du désert d’Atacama. D’immenses dunes de sable fin comme au Sahara, que l’on peut dévaler à pieds ou en sandboard, se dressent au milieu de la vallée.

La diversité des paysages du désert le plus aride du monde aura finalement été fascinante.

Prochaine étape : ¡Hasta pronto Chile!

LES BONS PLANS DES 8 PIEDS :

Cabana pour 4 ou 5 personnes, une cabane toute équipée, au calme et à un tarif franchement intéressant (surtout sur plusieurs jours).
Maria José, +56 9 6237 4496

Location de voiture : Les locations se font généralement de Calama, car la flotte est bien plus importante et les tarifs inférieurs à ceux d’Atacama. Par contre, cela signifie une restitution à Calama (pas très pratique pour nous qui poursuivons en Argentine).
Notre logeur à Atacama fait aussi loueur. Nous avions loué un petit 4×4 Suzuki, top pour la région, et à un super prix !
Maria José, +56 9 6237 4496 ou
Nicolas, le frère de Maria José , +56 9 7529 5847

Nos visites :
Vallée de la lune. Un incontournable.
Il n’y a qu’une entrée (malgré les infos sur maps.me) du coté de la ville.
Garder la dune major pour la fin, sinon le reste sera un peu plus fade !
On a croisé des personnes en vélo. Bravo ! Etant donné la chaleur, c’était juste impossible à faire avec les enfants.
Valle de marte, ou vallée de la mort.
Nous l’avons faite le matin et le soir, et bien contrairement à ce que tout le monde dit, on a préféré le matin ! Ne pas hésiter à prendre le chemin qui passe de l’autre coté du point de vue principal. Superbe vue, et permet surtout ensuite de redescendre les dunes à pied !
Les lagunas baltinache escondidas valent vraiment le coup. Mais la route est trèèèès mauvaise avec risque important de crever un pneu. Il existe aussi des excursions pour y aller, qui débarquent en général en fin de journée et ne permettent pas de rester bien longtemps sur place.
Ne pas oublier son maillot de bain !
Laguna Tebenquinche : belle balade autour de la lagune avec des effets miroirs. Quelques flamants roses.
Laguna Cejar : cher et très touristique, nous n’y avons pas été !
Laguna Miscanti. A plus de 4 000m, très beau paysage. Aurait été mieux sans nuages car on ne voyait pas les sommets. Dommage !
Agua calientes : superbe point de vue, mais impossible de se promener.
Laguna Tuyaito : superbe point de vue, mais impossible de se promener.
Pukara de Quitor : très belle mise en bouche et superbe vue sur la vallée de la mort. Nous l’avons fait en fin d’après midi, le premier jour, avec une très belle lumière.
Geiser tatio : nous avons fait le choix de ne pas y aller. Il faut se lever à 4h du matin et la route est très mauvaise (mieux vaut un tour qu’une voiture de loc). Les avis des touristes sont partagés…
On en verra en Bolivie et en Nouvelle Zélande !
Même si l’info n’est fiable qu’à 99% (surtout à 9h du matin, car ils n’ont pas toutes les infos), il est utile de passer à l’office de tourisme pour connaître les sites fermés à cause des conditions climatiques ou de travaux (plusieurs en ce qui nous concerne).

Bus entre Calama et Atacama
Étant arrrivés tard, nous ne savions pas s’il y avait encore des bus. Il existe néanmoins des minibus privés qui pratiquent tous le même tarif. Grace à notre logeuse, nous avons réservé le notre auprès de Vivi Transfer +56 9 6674 5277

Bus entre Atacama et Salta.
Attention, seulement 2 compagnies au départ d’Atacama pour aller à Salta (10h de bus, de jour). Les billets partent vite, réserver un ou deux jours avant…
Le trajet est long, mais qu’est ce qu’il est beau !!!

Observation des étoiles : il parait que c’est génial avec Space Tour.
Nous n’avons pas pu le faire, toutes les soirées de la semaine ont été annulées car trop de nuages…

Boulangerie Franchuteria. miaaaaaaam !

7 réflexions sur “Atacama, désert le plus aride au monde

    • veroetarno dit :

      Ce n’est pas une poule mais un coq gracieusement offert par mon équipe d’ADP. Il y a une série de photos faites avec lui qui n’ont pas encore été publiées…

      J'aime

      • Mrs C. dit :

        Alros là, faut que je vous dis e: je tiens à voir ces photos, et je tiens à voir ce coq fièrement porté ! Et pas un vendredi où il n’y a personne sur le plateau……………

        Aimé par 1 personne

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