Sous la pluie au Parc National Queulat

Notre tour des villages perdus de Patagonie est brièvement interrompu par un arrêt dans la ville de Coyhaique. Un bref retour à la civilisation… On y voit d’ailleurs les traces des tensions sociales actuelles du Chili : vitrines barricadées, banques fermées (difficile de trouver un distributeur accessible…), et slogans sur les murs. Des manifestations ont encore lieu le samedi soir dans le centre-ville (chacun ses gilets jaunes…), même si globalement la ville est calme.

Quoiqu’il en soit, nous n’y restons qu’une nuit pour louer une voiture et partir pour le parc de Queulat situé à un peu plus de 200 kms. En Patagonie, quand on voit un panneau comme ça, on relativise un peu les distances…

La seule voiture que nous parvenons à trouver est un 4×4 de poche dans lequel le défi est de faire rentrer tous nos bagages dans le coffre (la technique est simple : bien tasser et vite refermer la porte !). N’empêche que ce petit 4×4 sera bien pratique pour affronter les portions non bitumées de la carretera australe.

La route nous fait traverser des petits villages de pionniers bien sympathiques. Le plus étonnant est que dans tous ces petits villages, tant au Chili qu’en Argentine, il y a toujours des jeux pour enfants.

Le parc Queulat est réputé pour ses belles forêts natives très denses. On comprend vite pourquoi c’est aussi vert : pluie annoncée pour toute la semaine…

Notre premier arrêt s’effectue dans le minuscule port de Puerto Cisnes. La quête du logement est ultra-rapide : nous nous arrêtons devant une cabaña en plein ménage. Le temps de négocier et nous voilà vite installés devant un petit feu de bois. Le couple de propriétaires est aux petits soins avec nous.

Il reste à trouver les occupations pour les jours à venir compte tenu de la météo. La première est une sortie en bateau dès le lendemain pour aller voir des dauphins et pêcher. Il nous faudra attendre tout de même 8h00 le lendemain matin pour avoir confirmation de la sortie, l’armada chilienne ayant interdit les sorties la veille à cause de la météo.

La pluie nous laisse finalement suffisamment de répit pour nous permettre de passer un très bon moment. Les dauphins australs se montrent assez rapidement et les enfants s’éclatent lors de la partie de pêche. Le capitaine du bateau, Claudio, qui pêche depuis l’âge de 6 ans, est un véritable expert. Il connaît le coin idéal et a une technique imparable pour remonter un poisson en moins d’une minute… Un simple fil de pêche enroulé autour d’une bobine, un morceau spécifique du ventre d’un poisson en guise d’appât, un bon lancer, et le tour est joué ! Enfin, pour lui car sa technique n’est pas aussi efficace pour nous… Nous pêchons avec lui une vingtaine de poissons qu’il débite ensuite en filets directement sur son bateau avec une dextérité impressionnante. Et nous repartons avec notre dîner fraîchement pêché.

La pluie est moins clémente les jours suivants et nous permet tout juste de faire une petite ballade à la sortie de la ville dans la forêt. Le chemin s’avère être un beau petit parcours avec des rondins, des planches et de la bonne boue comme on aime !
Les fins de journée se finissent entre leçons de mathématique et français, coloriages, dessins animés et gouter de crêpes faites maison devant un bon feu de bois. Nous partageons nos crêpes avec nos propriétaires qui nous font découvrir le Manjar, crème traditionnellement préparée en cuisant lentement du lait, du sucre et de la vanille.

Après une nouvelle partie de tétris pour ranger les sacs dans notre micro 4×4, nous quittons Puerto Cisnes pour Puyuhuapi, un autre petit port niché au fond d’un fjord.
(vous avez déjà vu une ville avec autant de voyelles ?!). Pour cela, nous continuons à remonter la Carretera Austral.
Nous débarquons dans ce port sous la pluie, et sans logement (sur booking et AirBnB, rien de dispo à un prix décent). Nous avions donc choisi de prendre le risque avec le porte à porte sur place. Bingo, nous en trouvons une rapidement malgré le fait que le village soit pris d’assaut par les touristes chiliens. Et en dehors de l’eau, plus tiède que chaude, la cabana est super cosy 🙂 De quoi se faire quelques moments bien tranquilles lorsqu’il pleut !

Notre première journée ne se passe pas tout à fait comme prévu : nous avions repéré une randonnée a priori pas trop longue à faire même sous la pluie, mais arrivés au départ nous apprenons qu’elle fait en réalité 6 heures (car 1000 m de dénivelé!), qu’elle est payante et que passé quelques kilomètres nous serons frigorifiés dans la brume. Nous changeons donc nos plans et essayons de trouver des petits sentiers dans le coin. Finalement, nous avons enchaîné les bonnes surprises. D’abord un petit camping juste à côté offre une jolie vue sur le fjord après une petite balade dans la forêt.

Un peu plus loin, nous repérons un hôtel d’où part un sentier (merci maps.me). Le site est très beau et permet d’accéder à un mirador en traversant un étage de forêt. La nature est impressionnante, en particulier la taille des plantes ! En même temps, avec la quantité d’eau qui tombe dans l’année, ce n’est pas trop étonnant.

Sarah se découvre une aversion pour les chenilles du coin. Il faut dire qu’elles ne sont pas spécialement attirantes. Une fois cette chenille découverte, elle aura du mal à passer sous les grandes feuilles où elles se logent !

Mais surtout, l’accueil de l’hôtel nous conseille un autre petit sentier qui longe une rivière. Là, l’excellente surprise, le chemin est absolument magnifique. La forêt qu’il traverse est digne d’un conte pour enfants avec ses arbres recouverts de mousse. Des pontons et des rondins agrémentent le chemin et il faut traverser des zones de boue voire totalement inondées. Ambiance forêt tropicale (sans la chaleur) garantie. Le sentier semble s’enfoncer sans fin dans la forêt et nous finissons par devoir faire demi-tour à contrecœur…

Le lendemain est consacré à la randonnée principale du parc Queulat (mirador Ventisquero Colgante) pour aller voir… un glacier ! Ça nous manquait… Ce sera notre dernier de Patagonie. Le chemin n’est pas difficile et traverse une belle forêt (assez boueuse sinon c’est pas drôle), même si elle n’a pas le même charme inexploré que celle de la veille.

Arrivés en haut, le glacier est totalement dans la brume… On distingue seulement une grande cascade qui semble s’écouler directement des nuages. Le temps de manger notre pique-nique, la brume se dissipe lentement et découvre un glacier suspendu aux reflets bleutés. Quelques minutes après, un bloc de glace se détache et crée une petite avalanche qui stoppe net la cascade pendant une trentaine de secondes. Le spectacle à peine terminé, la brume cache de nouveau le glacier.

Petite récompense après la randonnée, la région est dotée de plusieurs thermes naturelles. (Termas del Ventisquero). Nous nous offrons donc une bonne détente avec vue sur le fjord dans des bains chauffés entre 35 et 40°. Les plus téméraires peuvent se rafraîchir dans l’eau du fjord à 10-12°… seul Thomas n’aura pas osé tenter l’eau rafraichissante du fjord !

Après une dernière soirée où nous retrouvons avec plaisir nos amis les Picaflor qui sont également de passage, nous repartons sur Coyhaique pour rendre la voiture et prendre dans la foulée un bus jusqu’à la ville d’Aysen puis de Puerto Chacabuco. De là, l’objectif est de prendre un bateau pour rejoindre l’île de Chiloé.

Prochaine étape : Lost in translation

Coyyaique :
Pas de recommandation pour les logements à Coyaique, ils n’étaient pas terrible !

Location de voiture : Christian nous a déniché notre micro 4×4 alors que toutes les agences contactées n’avaient plus de dispo +56 9 7155 4302

Puerto Cisnes :
Cabana pour 4: « Portal del Mar« . Propre, prix très abordable, et propriétaires très serviables. Nous sommes tombés dessus par hasard et n’avions pas réservé +56 9 8268 0616

Sortie dauphin et pêche : « Drakkar Turismo« . Une perle que l’on recommande les yeux fermés. Claudio +56 9 8742 8544

Pour un diner local, vraiment pas cher, comme chez maman : « El monchito » dans la rue Aguada de Dolores. Ne pas hésiter à sonner et frapper à la porte car cela ne donne pas forcement l’impression d’être ouvert !

Le sentier « los 2 lagos » est à l’extremité du village , rue « santiago Amengual ». C’est surtout le coté un peu ludique de marcher sur des rondins, planches, (et un peu de boue) qui a plu aux enfants !

Puyuhuapi :
Cabana pour 4 : « Hostal y Cabanas Augusto Grosse« . Probablement la mieux équipé que nous ayons eu jusque là ! Je n’ai pas le whatsapp car nous avons reservé… en frappant à la porte et en négociant le prix. A priori se trouve sur booking.

Pour manger du poisson frais (enfin!) : resto Getzemani (l’exterieur ne paie pas de mine, mais on y mange bien)

Puerto Cisnes, pour la sortie dauphin et peche. On recommande les yeux fermés

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